Dans un film de 1990, Flatliners (l'expérience interdite), on voit des jeunes étudiants être briffés à leur arrivée à l'université. Je ne me souviens pas des termes exacts, mais l'idée était : « Je vais distribuer autant de A, autant de B, de C, etc.. Ici, ça va se passer comme toujours dans la vie, vous ne serez pas jugés sur vos capacités mais par comparaison au groupe». Cette tirade sur la gaussienne utilisée dans l'enseignement m'avait profondément impressionné (je me souviens encore de l'idée 20 ans après). J'en avais tiré comme conclusion que les pédagogues anglo-saxons étaient conscient du problème à un point tel que ce genre de remarque puisse se retrouver dans un film comme une simple réplique fun.
Je ne doutais pas que nos pédagogues européens aient écrits à ce sujet, mais ensuite j'ai appris que ce phénomène a été décrit en partie par un français en ... 2003. Pas de surprise si on sait que l'estimation de l'avance des ricains sur la vieille Europe varie entre 15 et 30 suivant les domaines concernés (mais ils n'y connaissent toujours rien en bière et selon le fils d'une copine qui est allé étudier là-bas, cela leur ferait pourtant le plus grand bien).
Il est vrai que j'ai souvent vu des instructeurs expliquer qu'ils adaptent leur cotation en fonction de la moyenne des réponses fournies par leurs élèves (ils arrivent ainsi à coter de façon stupide ET intelligente, ce qui illustre bien la réflexion souvent entendue : « puisque nous ne pouvons pas être fiers de ce que nous faisons, nous essayons d'être fier de la façon dont nous le faisons»)
Donc, je lis Antibi et découvre qu'il s'indigne du fait qu'il se sente obligé de faire échouer certains pour être pris au sérieux. Je félicite ce professeur tellement efficace qu'il arrive à former tous ses élèves et regrette qu'il ait à vivre dans une société où il doive cacher son efficacité. Cependant, pourquoi n'envisage-t-il pas la situation de ces professeurs qui n'arrivent pas à former leurs élèves (je n'ose pas écrire « atteindre leurs objectifs », il paraît que c'est devenu déplacé) mais qui arrivent à dissimuler leur insuccès grâce à la constante macabre (elle fonctionne aussi dans l'autre sens, on doit faire réussir 1/3 de ses élèves même s'ils ne le méritent pas: il faut en faire réussir certains pour être pris au sérieux). Maintenant, j'admets qu'il est plus facile de tenir le dialogue gagnant-gagnant que celui de la remise en question, Antibi vend son livre à des enseignants et le client est Roi.
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