Présentation de l'éditeur
La contre-culture aux États-Unis dépasse largement, dans les années 60, le phénomène de mode, car elle ébranle les fondements mêmes de la société américaine à peine remise de sa "chasse aux sorcières". Par "peace symbols" ou cheveux longs interposés, les hippies et les contestataires traduisent l'exaspération de la génération privilégiée des "baby-boomers" face à une société "bourgeoise" qui, à leurs yeux, s'enlise dans ses contradictions. Mais quelles conditions ont légitimé et provoqué cette impulsion créative : la fin de la ségrégation, la prise de conscience collective de la pauvreté, la guerre du Vietnam...? Est-ce suffisant pour analyser un éphémère aussi foisonnant ? Sans toit ni loi, cette révolution (contre-)culturelle revendique l'utopie et la fête. À San Francisco, Haight-Ashbury est consacré quartier de rêve : parades exubérantes, carnavals hauts en couleur défilent sur fond de musique et de sexe. Certes, la contraception révolutionne les murs ! Certes le féminisme et l'homosexualité bénéficient d'un essor sans précédent ! Certes, la drogue ouvre toutes grandes les "Portes de la Perception" d'Huxley et explore l'inconscient psychédélique de Leary, Watts ou Ginsberg. Mais, alors, comment expliquer que les jeunes désertent les "crash-pads" surpeuplés pour fonder de nouvelles tribus dans les communes rurales ? L'irresistible appel de Kérouac ? Peut-être, plus simplement, un besoin de spiritualité que leur culture semble incapable de satisfaire... Aujourd'hui, à l'heure du désenchantement du monde, que reste-t-il de cette "révolution" des années 60 dans nos murs ou dans nos rêves ?