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21 internautes sur 22 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
parole de contrebassiste ...., 14 août 2002
La contrebasse est un livre passionnant, qui se lit d'une traite (et pour cause) Outre la compréhension intime de la psychologie et de la sociologie du contrebassiste, Suskind parvient à construire un pont magnifique entre l'ancedotique et le sublime ... En plus, ce texte a été super bien joué par Villeret pendant des années.
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4.0 étoiles sur 5
Intéressante mise en situation de la solitude d'un homme, 7 février 2010
J'ai découvert Patrick Süskind il y a quelques mois en lisant son célèbre "Parfum", lequel mettait en scène un étrange personnage qui, d'un bout à l'autre du livre, mène une quête solitaire. Ici encore, il met en scène (c'est une pièce de théâtre respectant les trois règles de l'unité - unité de temps, de lieu, d'action) un tuttiste contrebassiste d'orchestre qui se fait interviewer. Le musicien de presque trente-cinq ans commence alors un éloge de son instrument, en considérant celui-ci comme L'instrument essentiel de l'orchestre, lequel permet de porter les autres, d'assurer leur assise dans l'orchestre, de les valoriser, de créer les atmosphères les plus sensationnelles. Puis, progressivement, son éloge sans ombre se nuance et vire à l'invective de sa pauvre contrebasse, qu'il juge malsonnante, encombrante tant physiquement (pour le transport et pour la pratique, qu'il assimile à un exercice de musculature) que moralement (omniprésence dans son appartement et sa vie privée). On apprend par la suite que sa jeunesse n'a pas été des plus épanouies, en raison du manque dintérêt que ses parents avaient pour lui, et que le choix de cet imposant compagnon de vie na été dicté que par son désir de se démarquer de sa famille, de se distinguer, dexister. Sensuivront quatre années de Conservatoire (où il na même pas appris à faire chanter son instrument), son intégration au sein de l'Orchestre National, et un interminable psittacisme des notes, accords et techniques acquis au cours de son apprentissage sans que jamais il ne trouve moyen de s'épanouir. Il fait d'ailleurs une subtile analogie avec la société, tout en reconnaissant qu'en société, il est possible de monter en grade, de sortir de son rang originel, alors que lui restera au rang de faire-valoir ad vitam aeternam. Par ce fait, il insiste sur l'immuable banalité de son quotidien, qu'il essaye de pallier en approfondissant ses connaissances musicales, en recherchant quelques « perles » dans le répertoire si limité de la contrebasse (partitions qu'il trouve « à mourir de rire ») comme pour se convaincre que l'instrument n'est pas si ingrat que cela. Malheureusement, l'absence d'exaltation à laquelle son existence est en proie le fait rapidement basculer dans la solitude la plus profonde, qu'il comble par la bière (qu'il boit en telle quantité qu'elle doit en perdre son goût) et les disques qu'il se passe en boucle pour meubler le silence oppressant de ses insipides journées.
Finalement, la seule saveur de sa vie reste Sarah, soprano dont s'est entiché le musicien et avec laquelle il s'imagine couler des jours heureux sans que le stade du pur fantasme ne soit franchi. Par sa voix, elle le rend euphorique, exalté. Il passe alors ses nuits à en rêver. Mais, l'univers de la jeune chanteuse est différent du sien et intérieurement, il sait mieux que quiconque qu'il ne parviendra jamais à la séduire. Cela le fait souffrir, lui fait perdre la tête, et à la fin de la pièce, il se décide à hurler au cours de la représentation du soir pour qu'elle sache à jamais qu'il existe. Le fera-t-il ?
La pièce de Süskind est conçue comme un long monologue du musicien. Néanmoins, rien dans la pièce ne laisse suggérer qu'une autre personne soit dans la pièce. Alors, on pourrait y voir encore une preuve de la profonde solitude du contrebassiste qui s'invente des interlocuteurs pour meubler le vide de son appartement. Avec les propos que l'auteur lui fait tenir, cela semble plausible. Par ailleurs, Süskind réussit magnifiquement à concilier humour et émotion, en rendant touchant un personnage d'allure vaniteuse, tant sa vie se heurte à la monotonie. Ses envolées en deviennent même presque pathétiques tant elles apparaissent comme un cri de douleur, une marque d'autoflagellation intense à l'encontre de sa vie miteuse. La progression de la tirade est habilement élaborée.
Pour le reste, le livre est entièrement rédigé dans un style parlé, avec un certain nombre de répétitions et de familiarités de langage. Mais l'ensemble est bien mené, avec talent et savoir-faire et le fond est intéressant. Par ailleurs, l'auteur est très bien documenté sur le sujet et émaille régulièrement son livre de références et citations tout à fait à-propos. Finalement, voici une pièce instructive qui se lit avec plaisir.
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Aucun internaute (sur 1) n'a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5
confessions tragi-comiques, 1 mai 2007
C'est remarquable, au début tout du moins. Un musicien médiocre qui souffre car il restera toujours un quasi figurant avec son énorme instrument.
Tout d'abord on sourit mais Suskind insiste beaucoup, avec démesure. Et finalement on est très mal à l'aise à la lecture de ces terribles confessions.
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