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6 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5
Une étude sérieuse sur la guerre à l'Est.,
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Les crimes de la Wehrmacht (Broché)
Très bien documenté (trop),une étude psycho-sociologique sur les exterminations dans
les pays conquis par les Nazis à l'Est du Reich.Malheureusement pas assez fouillé dans le détail,mais quand même instructif. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5
La fin de la "Wehrmacht aux mains propres",
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Les crimes de la Wehrmacht (Broché)
La Wehrmacht, l'armée créée par Hitler pour remplacer la Reichswehr du traité de Versailles, s'est longtemps drapée, pour les hommes ayant survécu à la Seconde Guerre mondiale, dans une image de respectabilité. En somme, ce serait les SS, les nervis du régime nazi, qui auraient commis tous les crimes imputables au IIIème Reich. Une vision transmise par les mémoires des grands généraux allemands, mais aussi par le cinéma : dans combien de films hollywoodiens les officiers allemands s'affrontent-ils ou se dressent-ils contre les SS ? C'est presque devenu un lieu commun du genre, dans les films des années 60 en particulier. La Wehrmacht, un ensemble d'hommes héroïques, luttant pour leur patrie, en particulier contre le péril soviétique à l'est ? On sent bien évidemment l'influence du contexte de guerre froide....
L'historien allemand Wolfram Wette est l'un des grands spécialistes de la question dans son pays. La traduction de son ouvrage (qui remonte à 2002 : la bibliographie demanderait à être actualisée), pas parfaite en français d'ailleurs, permet de faire le point sur ce sujet. L'idée principale est que les officiers allemands, dès la République de Weimar, n'ont guère eu besoin de l'aide des nazis pour adhérer aux grandes lignes du message : l'armée allemande est en effet travaillée par la défaite de 1918, mais aussi par un puissant antisémitisme doublée d'une haine du slave et du bolchevik. Hantée par un rêve de puissance et une fascination pour la guerre, la Wehrmacht a payé de sa personne dans les crimes de guerre, en particulier dans les morts massives de prisonniers soviétiques au sein de la première année de la guerre à l'est. Wette ne s'intéresse d'ailleurs qu'au seul front de l'est, à l'image d'Omer Bartov, auteur d'un livre sur le même sujet. L'ampleur de l'implication de l'armée allemande dans la Solution Finale reste encore à évaluer d'après l'historien (en 2002), mais son principe est une certitude. Les officiers en particulier ont suivi aveuglément, pour la plupart, l'escalade de la surenchère nazie ; la troupe, bridée par une discipline de fer, s'est de plus en plus "lâchée" dans les exactions à l'est, où tout a pour ainsi dire été autorisé. Wette revient pourtant sur les quelques cas de désertion (pas considérée, d'ailleurs, comme un acte de résistance) et sur le complot du 20 juillet 1944 (dont les membres, longtemps soutiens d'Hitler, ont été mal vus pendant plusieurs décennies). La question centrale reste, au final, pourquoi une telle légende, celle de la Wehrmacht blanchie, a été rendue possible ? En fait, l'affrontement naissant entre Américains et Soviétiques a joué à plein, les premiers cherchant à capitaliser au maximum l'expérience de la Wehrmacht contre son futur adversaire, les seconds. Les Etats-Unis ont sciemment laissé les généraux allemands organiser leur défense lors des procès, leur donnant même accès aux pièces utiles, tout en éliminant les plus embarrassantes. L'oubli collectif en RFA et en RDA a fait le reste. Les Allemands coupés en deux par la guerre froide ne souhaitaient guère remettre en cause l'un des piliers de leur société (20 millions d'hommes ont servi dans la Wehrmacht pendant la guerre)... qui continue, dans la Bundeswehr de la guerre froide, à fonctionner avec l'apport des anciens cadres de la Wehrmacht. Lesquels se servent de celle-là comme une référence, malgré les textes officiels édictés par la RFA. Wette réussit donc à montrer que la guerre a continué, pour la Wehrmacht, bien après le 8 mai 1945 : la bataille de la mémoire a été remportée, sans être remise en question, jusqu'à récemment. Bien heureusement, les historiens allemands ont déjà bien déblayé la construction mise en place après 1945 et accréditant la thèse de la "Wehrmacht aux mains propres". La fin de la guerre froide a évidemment constitué un tournant, la "menace" soviétique ayant disparu. Il a fallu attendre 2000, d'ailleurs, pour que le nom d'un sous-officiers fusillé pour avoir secouru des Juifs en Pologne soit donné à une caserne de la Bundeswehr : tout un symbole. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5
Au delà du tabou,
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Les crimes de la Wehrmacht (Broché)
Excellente thèse qui lève à nouveau le voile entourant le mythe d'une "Wehrmacht propre" (cf. travaux du brillant Jonah Goldhagen, 1996) et dont l'hommage discret de sont auteur à Anton Schmidt rappelle la culpabilité des 18 millions de soldats allemands qui, sciemment, ou par une passivité coupable, ont laissé se dérouler, devant leurs yeux, le plus terrible génocide de l'Histoire.
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