Déjà en 1768 Emmerich de Vattel écrivait: " Si la justice de chaque Etat doit en général se borner à punir les crimes commis dans son territoire, il faut excepter de la règle les scélérats qui, par la qualité et la fréquence habituelle de leurs crimes, violent toute sûreté publique et se déclarent les ennemis du genre humain. » C'est le propre de la justice pénale internationale que Antoine Garapon décrit avec beaucoup de talent dans ce livre. Même s'il y a des passages de cette étude avec lesquels je ne suis pas tout à fait d'accord. L'idée selon laquelle le crime contre l'humanité, si l'on se place du côté de la victime, n'a rien à voir avec un crime de droit commun, par exemple, n'est pas convaincant dans cet ouvrage. D'ailleurs l'auteur va se référer à plusieurs reprises à l'inceste pour décrire les conséquences du crime contre l'humanité.
En revanche, la partie concernant la justice restorative ou la justice répressive est bien faite à mon goût. Face à des crimes hors du commun, une justice à part est nécessaire. Or de la judiciarisation à outrance, on risque de ne pas parvenir à un des objectifs de cette justice, à savoir la réconciliation entre les parties au conflit. C'est tout cela qui est bien pesé et soupesé dans ce livre que je recommande aux défenseurs comme aux détracteurs de la justice pénale internationale.