Quatrième de couverture
Dans les forêts d'Afrique, des chimpanzés utilisent des outils comparables à ceux des hommes, en fabriquent même. Les variations observées entre les outillages de différentes communautés de primates s'analysent désormais en termes de tradition ou de culture. Cette approche - qui aurait été incongrue il y a vingt ans - a bousculé, grâce aux études de terrain, la conception d'un monde animal opposé à celui de l'homme : aujourd'hui, les artefacts et les comportements des premiers humains s'interprètent plus volontiers dans un cadre écologique que dans celui de l'économie ou de la culture.
La culture définie comme "propre de l'homme" est aujourd'hui remise en question. L'évolution de disciplines diverses, ethnologie, préhistoire, éthologie, anthropologie biologique, sociobiologie, histoire de sciences, apporte des éléments nouveaux au vieux débat "nature contre culture". Devant cette situation nouvelle, les disciplines travaillent encore isolément : les sciences naturelles d'un côté, les humanités de l'autre, "la nature face à la culture". Or, ce livre réunit des chercheurs soucieux de dépasser les barrières disciplinaires pour comprendre le phénomène culturel, en décrivant la constitution de cette notion dans le passé, ses apports dans différents secteurs du savoir et en exposant les données récentes de l'éthologie et de la préhistoire. Le lecteur rencontrera les réflexions qui abordent les fondements naturels de la culture, ses différentes formes et ses dimensions historiques et épistémologiques pour éclairer l'interrogation paradoxale : "la culture est-elle naturelle ? ".