Les thèmes présentés à travers l'histoire, - la rencontre d'un biologiste ( Paul Meurisse) avec une jeune femme lors de déjeuners pique-nique en Provence ( magnifique, précisément dans la propriété ayant appartenu au peintre Pierre-Auguste Renoir, père de l'auteur ) sont très en avance en cette fin des années 50.
La rencontre étant provoquée par un berger accompagné d'un bouc, jouant de la flute : pas de vision elfique mais Renoir rend hommage aux forces de la nature ou filmant la force des troncs d'arbres.
Il est juste de parler de testament de Jean Renoir si grand cinéaste de « Boudu sauvé des eaux » au « Caporal épinglé ».
Luxe, calme, volupté en songeant au tableau du genre divisionniste-pointilliste de Matisse, outre le père de l'auteur, la référence est ici du célèbre « Déjeuner sur l'herbe » de Manet puis la version de Monet.
Et la musique de Jean Kosma flutée, fluide aux tonalités debussystes si adéquates notamment lors d'un des plus beaux passages du film.
Le biologiste séduit par une jeune campagnarde l'entraine parmi les fougères, et là, rien n'est montré sinon des herbes agitées par le vent, colorées comme par Van Gogh, ruissellements et cascades, enchanteur!.
Oui c'est outre une célébration de la nature et de la vie.