A travers un bilan de l'historiographie des guerres de Vendée, Reynald Secher révèle au lecteur abasourdi l'ampleur du complot dont l'historien fut et est encore victime. Page après page, il révèle les méthodes qu'utilisèrent certains universitaires pour l'abbatre, lui dont les travaux rendaient les leurs obsolètes.
La corporation des historiens défile sous la plume de l'auteur. Jean-Clément Martin, membre du Comité scientifique des études robespierristes, ouvre la marche.C'est en effet lui qui,en 1987,lança l'affaire quand il affirma que les références de Secher étaient des faux, dont la fameuse lettre en date du 24 janvier 1794 dans laquelle Turreau parle des plans d'anéantissement et d'extermination des Vendéens. Il fallut attendre le mois d'avril 2009 pour que Jean-Clément Martin soit confondu, et cela à la suite de la publication des documents originaux. Il est aujourd'hui professeur émérite de l'université Paris-I Panthéon-Sorbonne...
Après les cuistres jaloux, Pierre Vidal-Naquet ouvre le bal politique. Ce fut ce membre éminent du CNU (Conseil National des universités), organisme gérant les recrutements et les carrières des universitaires qui lança l'interdit sur Secher.
Comme l'écrit ce dernier, le fond du problème était en effet que, pour certains, "parler du génocide vendéen, c'est non seulement relativiser le génocide juif mais le nier"; d'où le délire du journaliste Philippe Bouglé, dans la tribune du 15 mai 1986,qui à l'occasion de la soutenance de sa thèse, dénonça Reynald Secher dans un article ayant pour titre: "Une affaire Faurisson à Nantes".
Pierre Vidal-Naquet l'ayant décrété d'accusation,Secher perdit alors, et cela du jour au lendemain, l'appui de ses nombreux soutiens au CNU.Ceux qui, quelques mois auparavant, étaient les plus fermes partisans de Secher, considéraient, après une seconde lecture, que sa thèse présentait des "faiblesses méthodologiques" incompatibles avec un recrutement à l'université.Pierre Chaunu lui-même s'engagea dans un "pas de deux". Alors qu'il avait siégé dans le jury de thèse de Secher et fait, dans Le Figaro,une promotion appuyée de ses travaux.Qui osait alors braver les oukases de Vidal-Naquet?
Si le CNU a retoqué Secher, il a en revanche, recruté l'ancien commissaire politique du camp numéro 1: Le sinistre Boudarel.
Ce livre est à lire si l'on veut comprendre le naufrage de l'université française.