L'angle d'attaque de ce livre est intéressant. Il nous invite à suivre le quotidien des hommes et des femmes des campagnes, loin de la fureur habituelle faite de combats, de croisades et de clergé tout puissant.
Ici, ce sont les « petits » paysans, plus ou moins fortunés, qui sont étudiés à travers les travaux des champs relatifs à chaque mois de l'année. Sont également étudiées les enluminures nombreuses qui relatent à elles seules ces difficiles taches journalières, retranscrivant de manière imagée le quotidien fait d'un travail harassant, mais aussi de journée joyeuse à faire la fête, célébrant tout ce qui marque le rythme des saisons.
Les images sont magnifiques, les textes de Perrine Mane extrêmement riches, clairs et bien documentés, nous faisant rentrer de pleins pieds dans ce monde finalement pas si lointain ou, à tort, la croyance populaire l'affuble de tous les maux barbares, alors que leurs vies, pas si éloignées de celle de nos grands-parents, semblaient aller droit à l'essentiel, soulignées par une communion avec la nature peu commune.
[ H.S] Quant à leurs fameuses « servitudes », ainsi que les impôts « mirobolants » dont ils ne pouvaient se soustraire, il est prouvé que nous en payions bien plus aujourd'hui, sans avoir le gage de sécurité qu'un seigneur puisse, en cas de besoin, assurer notre protection et nous placer un toit au-dessus de la tête...
A ce demander quel est le siècle le plus barbare...