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Commentaires client les plus utiles
81 internautes sur 83 ont trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5
"L'homme croit fréquemment que s'il entend des mots...,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'Art d'avoir toujours raison (Poche)
... il doit s'y joindre une sorte de sens."
Après une excellente introduction qui tente de justifier l'affirmation légèrement dérangeante que la dialectique est une escrime intellectuelle visant à avoir toujours raison dans la controverse, sans se préoccuper du côté dans lequel la vérité semble se trouver, Schopenhauer décrit 38 stratagèmes dialectiques, autant d'armes pour faire triompher son point de vue ou la mauvaise foi, suivant le côté dans lequel on se place. Certains sont relativement naturels, comme par exemple l'attaque ad hominem, attaque personnelle plutôt que sur le raisonnement, mais leur analyse permet de les repérer et de les démonter plus facilement ; d'autres sont manifestement malhonnêtes, comme celui qui consiste à faire comme si on avait prouvé notre affirmation en prétendant que la déduction que l'on voulait prouver par une controverse, bien qu'elle n'en résulte aucunement, n'en est pas moins démontrée, et à le proclamer triomphalement, ou bien tout simplement potentiellement contre-productives (affirmer des choses fausses en pariant sur l'ignorance de ses auditeurs). On appréciera le style alerte de Schopenhauer ("Chez la plupart des hommes, la vanité innée est accompagnée d'incontinence de langage et d'une malhonnêteté native.") ; la question à laquelle il faut encore répondre est la suivante : est-on vraiment sûr de vouloir renforcer sa propre mauvaise foi par la lecture de ce traité ? On vous avait prévenu... N'oubliez pas : "La vérité objective d'une proposition et la valeur de celle-ci, telle qu'elle apparaît dans l'approbation des opposants et des auditeurs, sont deux choses différentes." Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
55 internautes sur 57 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Recommandé,
Par RaZ "http://serialogies.free.fr" (Poitiers, France) - Voir tous mes commentaires
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'Art d'avoir toujours raison (Poche)
Ne vous faites pas avoir par les citations grecques et latine parsemées dans le texte, pour moi c'est fait exprès. Schopenhauer délaisse un peu son boulot de philosophe (enfin pas totalement) pour parler de la dialectique. Sa thèse est qu'un être lors d'un débat qui défend une thèse avec des arguments ne cherchera pas un point d'accord, une vérité qui est l'objet du débat avec son concurrent , mais il cherchera simplement à gagner. Schopenhauer, cynique, balance comme ça que l'homme est mauvais par nature et que les stratagèmes qu'il donnera dans son livre ne servent uniquement qu'à faire gagner un débat. Ainsi nous avons le droit à un échantillon de méthode accès su la perversité, l'hypocrisie et le tromperie pour faire passer sa thèse, même si celle-ci se révèle fausse.
On reconnaîra volontiers des stratagèmes dont nous avons été les victimes, mais également d'autre dont nous nous sommes servis. Plaisant, cynique, et même didactique, je le recommande. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
14 internautes sur 14 ont trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5
vaincre sans convainque,
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'Art d'avoir toujours raison (Poche)
Ce petit livre d'Arthur Schopenhauer pourrait s'intituler « L'Art d'avoir raison même quand nous avons tort », car Schopenhauer se préoccupe de la victoire dans un débat et non pas de ce qui est véridique ou juste. Le livre se présente sous une série de 38 stratagèmes, des tactiques proposées par l'auteur pour vaincre notre adversaire et sortir gagnant de la controverse. La plupart des tactiques décrites sont appliquées dans des situations où les thèses (argumenta ad rem) ne suffisent pas pour convaincre ou on croit qu'on sera battu. Certains de ces stratagèmes se révèlent ignobles et grossiers, comme par exemple les Stratagèmes VIII « Fâcher l'adversaire » ou XXXI « Je ne comprends rien de ce que vous me dites» et bien sûr l'Ultime stratagème « Soyez personnel, insultant, malpoli ». D'autres stratagèmes sont moins ignobles mais drôles, frivoles, comme les Stratagèmes XIV « Clamer victoire malgré la défaite » et XXXVI «Déconcerter l'adversaire par des paroles insensées », tandis que d'autres peuvent être souvent efficaces et astucieux, par exemple les Stratagèmes XXVI « Retourner un argument contre l'adversaire », XIX « Généraliser plutôt que de débattre de détails » ou XXXIV «Accentuer la pression ». Dans d'autres stratagèmes (II - L'homonymie, etc.) l'interlocuteur s'appuie sur l'ambiguïté et les nuances du langage. Que les gens aiment la vérité mais qu'ils aiment plus leur propre image et ne voudront pas la voir ternie par la moindre défaite, Schopenhauer s'était aperçu de cette réalité et, sans faire la morale, il a écrit ce traité qui aide plus ou moins le lecteur à se servir de la langue avec ruse et à devenir un interlocuteur plus malin. Toutefois si vous vous préoccupez de la victoire aussi bien que de la vérité ou de la justesse, certains de ses stratagèmes sont susceptibles de vous rebuter.
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