La politique est comme le sphinx de la fable: elle dévore...
Rivarol
Avec l'écriture claire et courte de la bonne journaliste,Raphaelle Bacqué nous conte la destinée tragique d'un faux aristocrate mais vrai bourgeois qui se crut un égal alors qu'il ne fut qu'un majordome.
Francois de Grossouvre,avant d'avoir son bureau à l'Elysée,aprés la victoire de Mitterrand fut d'abord le mécène des campagnes dudit.C'est même lui,Grossouvre, qui fut l'artisan de la pompe à finances du parti socialiste connue sous le nom d'URBA.
Arrivé au siège du pouvoir et se prenant pour l'incoutournable représentant du président,notre grand bourgeois,autoritaire,exigeant,imbu de son prétendu rôle,se légitimant par une certaine confiance-indifférence du monarque,se serait mis à sévir dans différents domaines surtout les services secrets dont il aurait révé d'etre le grand maitre.
Malheureusement,le caractère excessif ,maladroit,arrogant et finalement brouillon du personnage lui ont valu le retrait de la confiance du président alors que ce dernier lui maintenait tous les signes d'amitié ,notamment les fameuses promenades sur les quais..(on ne gouverne que dans l'ambiguité)
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Nonobstant ,Grossouvre fut et resta l'homme de la famille cachée du président et -si l'on peut dire-le serviteur zélé de la situation.
Il finira président du comité des chasses présidentielles,ce qui allait bien à ce dilettante grand fusil bon cavalier dont les tenues de chasse faisaient l'admiration.L'auteur nous raconte une chasse présidentielle dont,sinon le luxe du moins le cérémonial d'un autre âge laisse ébahi.Francois Mitterrand qui n'y participait pas, n'aimait pas cette activité mais il n'est pas allé au bout de sa détestation puisque l'excellent Alain Bombard lui ayant proposé de transformer lesdites chasses en parcs pour les promeneurs cela ne s'est pas fait car comme toujours et partout les "structures"concernées sont montées au créneau pour que rien ne bouge.
Trop orgueilleux pour accepter de n'être plus rien,se livrant à la fin à une vindicte assortie de graves accusations...,incapable d'assumer le rôle souvent ingrat de serviteur d'un pouvoir régalien,Grossouvre disparaitra comme on sait tragiquement.
Avec ce coup de projecteur sur le petit monde de l'Elysée et du "quai Branly" ce livre est un éclairage certes incomplet mais néanmoins instructif de "la cour"de cette époque.