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La diplomatie des droits de l'homme:Entre éthique et volonté de puissance
 
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La diplomatie des droits de l'homme:Entre éthique et volonté de puissance [Format Kindle]

Bertrand Badie

Prix éditeur - format imprimé : EUR 20,30
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Descriptions du produit

Futuribles

« En ces temps d’après-guerre froide, on joue beaucoup avec les droits de l’homme » écrit Bertrand Badie, professeur de science politique, spécialiste des relations internationales à l’Institut d’études politiques de Paris et qui, dans cet ouvrage, s’attache à examiner l’hypothèse d’une improbable alchimie, « d’une pratique nouvelle et déconcertante de la vie internationale » qui combine les jeux classiques de la puissance et les droits de l’humanité.
Droits de l’homme et diplomatie relèvent en effet de répertoires qui ne se ressemblent pas et qui distinguent clairement « posture et action » (Hubert Védrine, ancien ministre français des Affaires étrangères), la première relevant du « moralisme affiché » et la seconde de « la justesse des résultats obtenus ». Mais pour B. Badie, cette mésentente entre l’international et les droits de l’homme n’est pas une fatalité. Si la « diplomatie des droits de l’homme » est « le rendez-vous de toutes les ambiguïtés de la vie internationale, vrai laboratoire de cynisme, d’hypocrisie et de manipulations », elle est aussi, écrit l’auteur, « le début d’une histoire nouvelle : en semant la graine de la mauvaise conscience et en préparant des étapes ultérieures autrement plus décisives ».
L’ouvrage analyse donc cette émergence d’un « humanisme international entre illusions et réalités ». Il ne s’agit pas de proclamer la fin d’un ordre international dominé par le principe de souveraineté des États et les jeux réalistes de la puissance mais d’adopter un regard sociologique attentif aux mutations affectant la politique internationale et qui révèlent un nouvel « univers de référence » et de « nouveaux acteurs ».
Nouvel « univers de référence » car dans l’interdépendance qui caractérise le système international contemporain, la puissance est moins efficace alors que le transnational se banalise et que la sécurité nationale perd « sa valeur emblématique et souveraine », « s’efface peu à peu devant une sécurité humaine qui ne connaît plus de frontières ». De là, un humanisme international qui devient dorénavant « le substrat banal de toute politique internationale » et d’où découle peu à peu la conviction « qu’à un univers mondialisé correspond une exigence d’ordre social qui passe par une intégration internationale minimale ».
Une multitude d’acteurs (organisation non gouvernementales, médias, villes, intellectuels, acteurs religieux, réseaux associatifs…) s’est de surcroît saisie des questions internationales qui ne ressortissent plus du monopole d’État mais « d’un monde qui fait de l’international un objet d’informations et de débats publics ». Dans le système qui émerge, l’équilibre est forcément instable entre le monde des États et l’espace public international, mais c’est désormais « des modalités même de leur articulation que dépend l’évolution des grands enjeux internationaux ». Selon l’auteur c’est finalement à partir d’un calcul très réaliste et utilitaire des États « des façons d’être, de faire et d’assurer sa propre sécurité » que devrait se renforcer la dimension responsable et morale de l’action internationale et se créer « les bases solides d’un indispensable universalisme. » --Yann Vinh

Présentation de l'éditeur

Il est aujourd'hui courant de brandir les droits de l'homme dans les relations internationales : certains Etats se prévalent d'une « diplomatie des droits de l'homme » dont la constance et l'efficacité sont pourtant sujettes à caution ; les ONG humanitaires se multiplient et croissent sans convaincre toujours ; la promotion des grandes causes justifie interventions, ingérences, actions violentes. Le remède ne serait-il pas pire que le mal ? Les droits de l'homme ne cachent-ils pas d'autres visées franchement politiques ?
Les Etats sont-ils bien armés pour défendre les droits de l'homme face aux résistances du réalisme, aux impératifs économiques, aux défauts de puissance, aux coûts de l'intervention, à un droit resté résolument souverain, aux interdépendances entre gouvernants ?
Progrès réel mais invention combien fragile, la judiciarisation progressive de la scène internationale, de La Haye à Arusha, de Pinochet à Habré, révèle, au-delà, un déplacement du sujet, source de toutes les incertitudes : du peuple souverain au nom duquel on rendait la justice à une « humanité » méta-souveraine au nom de laquelle on ne sait pas encore le faire. Mais peut-être la démocratie va-t-elle prendre sa revanche là où on ne l'attendait pas : dans le calcul réaliste de ceux qui découvrent que les dictatures étaient hier utiles et qu'elles sont coûteuses et encombrantes aujourd'hui alors que triomphent les besoins d'intégration.
Les Etats sont plus que jamais sous surveillance : celle de conventions qui ne sont pas seulement ou pas toujours formelles, celle de leurs semblables dont ils dépendent de plus en plus ; celle d'un espace international sujet à bien des manipulations mais qui débat, agit, proteste et se mobilise. En cela, la demande des droits de l'homme est symptomatique des données nouvelles de la vie de la planète, de ses impasses et de ses promesses. En analyste incisif des Etats dans le monde contemporain, Bertrand Badie nous fait voir, entre éthique et volonté de puissance, les relations internationales sous un jour inédit.

Professeur de science politique à l'Institut d'études politiques de Paris, spécialiste des relations internationales, Bertrand Badie est l'auteur de plusieurs ouvrages pour la plupart publiés chez Fayard, dont L'Etat importé (1992), La Fin des territoires (1995), Un monde sans souveraineté (1999).


Détails sur le produit

  • Format : Format Kindle
  • Taille du fichier : 497 KB
  • Nombre de pages de l'édition imprimée : 380 pages
  • Editeur : Fayard (16 octobre 2002)
  • Vendu par : Amazon Media EU S.à r.l.
  • Langue : Français
  • ASIN: B005OOJJ40
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