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4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Est-ce ainsi que les hommes vivent?, 7 mars 2009
C'est la question que l'on peut se poser à la vision de Gomorra. Bien sûr, c'est une question passe-partout si l'on veut, que l'on pourrait se poser devant bien des films. Mais on ne peut s'empêcher de voir Gomorra comme une oeuvre plus lestée de réel que d'autres. On sait ce qui menace l'écrivain Roberto Saviano, auteur de l'enquête d'anthologie éponyme (qui a participé à l'élaboration d'un scénario qui ne retient que quelques histoires de son gros ouvrage et les entrelace tout au long du film). On sait également que le film a été tourné non loin du coeur de la gangrène maffieuse, plus ou moins avec la bénédiction des "autorités" du cru, les populations locales donnant leur avis sur la véracité de ce qu'ils voyaient représenté, les acteurs professionnels se mêlant aux habitants de la cité. Le résultat est souvent criant de vérité. Pour autant, Gomorra est pleinement une oeuvre scénarisée (de façon très serrée, d'ailleurs), extrêmement tendue. Distinction de moins en moins opérante dans un cinéma contemporain de plus en plus hybride, la vieille dichotomie entre cinéma documentaire et cinéma de fiction ne peut ici avoir cours. Le film est évidemment documenté, montre un certain nombre de phénomènes et d'événements qui sont parfaitement connus ou qui ont été révélés par Saviano. Mais les scénaristes et le réalisateur ont donné une forme cinématographique à cette matière documentée qui se veut au plus près du réel, ce dont attestent aussi bien la façon de filmer que de travailler le son, qui vont de l'effet de réel (typiquement, la caméra à l'épaule) au très élaboré (par exemple, le jeu sur le son à plusieurs reprises). Autrement dit, Gomorra choisit, très intelligemment, de ne pas choisir entre le réel et la fiction, tout simplement parce qu'il ne cherche pas simplement à montrer le réel - ce qui est de toute façon impossible, voire vain - mais à lui donner une forme, qui n'oublie pas d'être spectaculaire, au meilleur sens du terme. On a beaucoup dit que Gomorra contribuait à aller contre la vision romantique de la maffia, qu'il était un anti-Parrain. C'est évidemment vrai - on s'intéresse aux petits et aux intermédiaires, et l'on montre les ravages du système et de ce qu'il produit sur les uns et les autres, ainsi que le milieu pathogène qu'il a contribué à créer ou à entretenir. On lui a en revanche reproché de ne pas montrer les gros poissons, les parrains et les politiques avec qui ils sont de mèche. Etait-ce vraiment la peine? C'est ce que le cinéma a montré déjà tant et plus, jusqu'au cliché, et Gomorra se distingue par cette attention qu'il porte aux rouages d'un système que personne ne semble contrôler mais qui semble susceptible de broyer tout le monde. C'est sans doute ce qu'il fallait démontrer, que la machine se nourrit toute seul et menace de dévorer tous ceux qui l'alimentent. Les seuls qui s'en sortent (mais à quel prix, on ne le sait pas ou peu dans le cadre du film) sont ceux qui s'en vont, par dégoût, avant que de voir leur humanité détruite. Est-ce ainsi que les hommes vivent? Est-ce la réalité de notre monde? On ne peut s'empêcher de se poser ces questions à l'issue de ce film, choc mais intelligent, poignant et tapageur mais pas putassier. Et dont la vision est de ce fait d'autant plus terrible.
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3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
le crime pour seul horizon, 3 août 2009
Oubliez "Le Parrain", "Les Affranchis" et "Les Soprano"! Ici, on est au plus près de la réalité mafieuse, ou plutôt camorriste, dans les barres HLM et les rues de Naples, là où la vie ne tient qu'à un fil, et encore pas bien solide. "Gomorra", c'est l'histoire d'une ville gangrenée par le monstre qu'elle a engendré, un monstre qui n'épargne personne, même pas les femmes ou les enfants. Un monstre sans visage, sans scrupules, sans limites, qui ne connaît qu'un langage, celui de l'argent, et qu'une loi, celle des kalashnikovs. Plusieurs histoires s'entremêlent ici, et chacune développe sa petit musique, un peu comme les thèmes d'une symphonie se croisent et se recroisent, mais toutes dégagent la même impression de désespoir et de nihilisme. Un vrai coup de poing dans l'estomac!
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6 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
l'anti-parrain. Description d'un système TOTAL de corruption , 6 avril 2009
Il aura fallu 30 ans pour que l'anti-parrain voit le jour au cinéma.
Ce film décrit le fonctionnement d'un système de corruption et de terreur est remarquable et loin de l'image médiatique des maffieux bien que le côté terreur rappelle certains personnages de Scorcese (Goodfellas,mais sans le glamour hollywoodien). Si Françis Ford Coppola associait la famille maffieuse à l'Histoire de de la famille américaine, le cinéaste montre avec un aspect naturaliste et documentaire cette machine à broyer que constitue le système maffieux sur les familles et les individus. Le système met en place des rôles (chef local, entrepreneur véreux, collecteur et distributeur de fond, petites frappes)avec au bout de l'histoire des faits-tragiques que l'on peut lire dans la presse (mort, destin brisé, corruption, ..)
Nous suivons des trajectoires individuelles et nous découvrons les liens qu'elles peuvent entretenir avec les maffias, car ce que montre le film c'est bien le côté pluriel de cette machine à broyer.
Trajectoire 1: 2 jeunes en marge du système. braqueurs et voleurs d'armes qui appartiennent à la maffia locale. Malgré leurs esprits rebelles, la maffia essaie de les canaliser. Sans succès : sentence mort.
Trajectoire 2: un entrepreneur maffieux à la conquête du marché de recyclage des dossiers toxiques. son avantage vis à vis de ces concurrents: ne respecte pas l'environnement ni ses employés.dégat, pollution à la clé.
Trajectoire 3: un tailleur au service d'un entrepreneur maffieux. fait des journées supplémentaires chez un concurrent chinois. Sentence : mort du concurrent chinois mais le tailleur au vu de sa compétence peut re-intégrer les rangs. il quitte son job et devient camionneur
Je ne vais pas décrire toutes les histoires du film mais je ne peux que encore une fois que le recommander.
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