Très bon film, servi par une belle brochette d'acteurs connus (Laurenn Bacall, Rock Hudson, Robert Stack et Dorothy Malone), parfaits dans leur rôle respectif.
Une histoire d'amitié forte entre deux hommes, entre lesquels va venir s'interposer l'amour pour une femme.
Kyle Hadley, fils d'un magnat du pétrole, alcoolique invétéré depuis déjà ses quatorze ans, tout comme sa soeur Marylee (tous deux sont restés nostalgiques et prisonniers de leur enfance, qu'ils n'ont jamais su tout à fait quitter) vient radicalement à bout des maux qui le taraudent aussitôt qu'il fait connaissance avec la belle Lucy, que Mitch, son ami d'enfance, regretterait presque de lui avoir présenté, lui qui venait secrètement d'en tomber amoureux aussitôt qu'il la vit.
Mitch, toujours aussi fiable et fidèle en amitié, lui qui a constamment porté à bout de bras, durant toutes ces années, les trois membres de cette famille très riche totalement désoeuvrée, respecte cet amour sans s'y interposer, quoi qu'il lui en coûte et quelles que soient ses souffrances intérieures, ravi de voir que son ami Kyle en sort grandi.
Mais c'était sans compter une mauvaise nouvelle, qui va contrarier Kyle au plus fort et le faire replonger dans ses tourments, sans qu'il en parle à qui que ce soit : son médecin lui annonce qu'il est potentiellement stérile ; tout au moins que la probabilité en est très élevée.
Au-delà du désir d'enfant et du comblement de ses aspirations les plus élevées, Kyle va surtout s'accabler lui-même, s'incriminer, exacerber son sentiment permanent de culpabilité, se trouvant confronté à un nouvel échec dans sa vie, qu'il ne se sent pas la force de surmonter, au vu de sa fragilité.
Si l'on y ajoute des ingrédients compliqués, comme l'amour profond mais contrarié de Marylee pour Mitch qui, lui, la considère plutôt comme une soeur, on tient là tout ce qu'il faut pour arriver à une situation complexe où le drame familial se joue devant nos yeux, telle une tragédie grecque dont on pressent l'issue (la première scène du film nous y prépare).
L'enchaînement est subtil, et en même temps presque inexorable. Seule la parole pourrait dissiper tout malentendu.
Mais les événements et surtout la psychologie des personnages en décideront peut-être autrement...
Un superbe film, à voir par ceux qui aiment les grands classiques du cinéma des années 1960 (un seul regret : la bande son (en français), qui n'est pas toujours très bonne, rend par moments difficile la compréhension des paroles).