Extrait
L'enfant et son père
Le 28 septembre 2000, Ariel Sharon, le chef du Likoud, entouré de policiers, se rend sur l'esplanade des Saintes Mosquées dans la vieille ville de Jérusalem. Officiellement, il vient s'assurer de la conformité des travaux effectués par le Waqf en ce lieu qui est aussi le mont du Temple du judaïsme. Mais les Palestiniens reçoivent sa présence comme une provocation.
Quelques dizaines de jeunes gens ont répondu à l'appel à la manifestation lancé par Marwan Barghouti, le secrétaire général du Fatah en Cisjordanie. Un bref accrochage se produit devant la mosquée Al-Aqsa, puis la journée s'achève dans le calme. Les chefs de la police considèrent que l'affaire est close.
Le lendemain, vendredi, tout le monde en Israël prépare la fête de Rosh Ha-Shana, le nouvel an juif. L'équipe israélienne de France 2 se trouve à Tel-Aviv. Talal Abou Rahmeh, notre correspondant à Gaza, visite des proches à Jérusalem et à Ramallah en compagnie de Hassan, son fils. Détenteur d'une carte magnétique de l'administration militaire, il est autorisé à se rendre en Israël. Pour ma part, en compagnie de mes enfants, j'effectue des achats rue Emek Refaïm. De retour à ma voiture, j'ai la mauvaise surprise de découvrir qu'elle a été cambriolée. Le poste radio a disparu. Des fils électriques ont été arrachés. Mon portable sonne. Khaled Abou Aker, notre assistant palestinien, m'annonce que de très durs accrochages se déroulent sur l'esplanade des Mosquées. Il y aurait des morts. L'équipe doit remonter depuis Tel-Aviv. Notre société de location me livre une nouvelle voiture et, en moins d'une heure, nous arrivons sur place et filmons des scènes de chaos. Des officiers hurlent : «Cessez le feu ! Cessez le feu !» Des blessés sont évacués. J'aperçois des colonnes de fumée qui s'élèvent depuis le mont des Oliviers. Nous nous dirigeons vers elles. Une ambulance israélienne a été incendiée par de jeunes Palestiniens en colère. Des pneus brûlent un peu partout.
Mes correspondants à Bethléem et à Hébron m'appellent. À l'annonce des événements de Jérusalem, là-bas également, des lanceurs de pierres ont attaqué des positions de l'armée israélienne. Dans le passé, chaque fois qu'il y a eu mort d'homme sur l'esplanade des Mosquées, ce lieu saint de l'islam, la région s'est embrasée. Le scénario semble toujours d'actualité. En fin de journée, six Palestiniens ont été tués et plusieurs dizaines blessés. Talal est rentré d'urgence à Gaza.
Que s'est-il passé ? Selon mes contacts, les responsables de la sécurité ne s'attendaient pas à de nouveaux incidents et aucune mesure n'avait été prise pour limiter aux fidèles âgés de plus de cinquante ans l'accès aux mosquées. Le commandant national de la police avait même quitté Jérusalem. Après la prière, quelques jeunes Palestiniens ont commencé à lancer des pierres en direction des fidèles sur l'esplanade du mur des Lamentations, en contrebas. Des policiers casqués et équipés de boucliers se sont déployés à l'entrée de la porte des Maghrébins. Touché à la tête par une pierre, le chef de la police de Jérusalem a été évacué vers un hôpital.
--Ce texte fait référence à l'édition
Broché
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Revue de presse
Il est des livres que l'on écrit pour se défendre contre la diffamation, tenter de rétablir sa vérité et laver son honneur. Tel est l'objet d'Un enfant est mort. C'est peu dire que Charles Enderlin, correspondant permanent de France 2 à Jérusalem depuis 1981, a été meurtri par la campagne de dénigrement qui le poursuit depuis dix ans à propos de l'affaire du petit Mohammed Al-Dura...
Le livre de Charles Enderlin n'est pas un règlement de comptes, mais une démonstration : il décrit minutieusement, faits et citations à l'appui, la trame et la progression d'une campagne de calomnies. Si Un enfant est mort est d'abord le récit de l'acharnement contre un journaliste, c'est aussi un livre sur le conflit israélo-palestinien, en ce sens qu'il illustre l'intensité des haines dont celui-ci se nourrit. (Laurent Zecchini - Le Monde du 23 septembre 2010 )
--Ce texte fait référence à l'édition
Broché
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