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Où est passé l'avenir ? Broché – 10 avril 2008


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Cahiers de vacances pour toutes les classes de la maternelle au lycée Cahiers de vacances pour toutes les classes de la maternelle au lycée


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Extrait

LES CULTURES DE L'IMMANENCE

L'expression «culture de l'immanence» doit être comprise comme faisant référence d'une part à une théorie de l'événe­ment qui a pour objet et pour conséquence d'en dénier l'exis­tence ou d'en réfuter le caractère contingent, d'autre part à un ensemble de représentations de la personne, de la société, de l'hérédité et de l'héritage qui, ne laissant place à aucun dualisme, sont particulièrement aptes à mettre en oeuvre ce déni.
Les sociétés polythéistes, qui ont été l'objet d'étude privilégié de la première ethnologie, sont étrangères à toute idée de transcendance et de salut individuel. L'individu humain y est conçu comme la réunion provisoire (le temps d'une vie) d'un certain nombre d'éléments que la mort libère : certains disparaissent, d'autres entrent dans de nouvelles combinaisons, les unes arbitraires, les autres déterminées par les règles de la filiation. En Afrique, chez les Amérindiens ou en Océanie, les formules peuvent varier à l'infini mais, dans chaque groupement humain, l'idée des composantes de la personne est présente, liée de façon plus ou moins lâche à celles de l'hérédité et de la filiation. Ces composantes ne sont ni matérielles ni spirituelles, ou plutôt elles sont indifféremment et simultanément «matérielles» et «spirituelles», si nous entendons en rendre compte dans les langues occidentales marquées par le dualisme métaphysique.
Ces composantes sont aussi bien des marques identitaires que des principes d'action, des vecteurs d'énergie. Les unes sont strictement individuelles, d'autres s'héritent. Les unes sont relationnelles et susceptibles d'entrer en contact, éventuellement de façon agressive, avec les composantes d'autres individus ; les autres sont plus attachées au corps propre et éventuellement vulnérables à l'agression des composantes d'autres individus. Toutes ces possibilités d'attaque et de défense, auxquelles on a parfois fait référence en les englobant sous l'intitulé «croyances à la sorcellerie», sont autant d'expressions de ce que l'on appelle «structure sociale». La structure sociale, c'est l'ensemble du réseau des relations possibles et pensables entre les individus appartenant à cet ensemble. La plupart des événements, notamment biologiques (la maladie, la mort), sont interprétés comme le résultat de ce jeu de relations - relations qui sont à la fois des relations de force et des relations structurales, des relations de sens social.
Prenons un exemple. Dans les sociétés apparentées au groupe akan en Afrique de l'Ouest, des deux côtés de la fron­tière entre Côte d'Ivoire et Ghana, la filiation est matrilinéaire, mais la relation entre le fils et son père (ou son héritier, un parent maternel du père) a ses propres exigences. Le double jeu des relations avec le matrilignage d'Ego et le matrilignage de son père se met en place dans le temps. Chez les Alladian, où j'ai travaillé dans les années 1960 et 1970, le statut d'un individu était très largement fonction de son âge. Il s'affranchissait progressivement de la tutelle de son père pour s'intégrer de façon plus marquée à son propre matrilignage et acquérir une relative indépendance économique. Les différentes étapes de ce processus se traduisaient par des changements dans la résidence et dans la redistribution des produits de son travail. Un «bon fils» obtenait normalement de son père, avec l'autorisation de se marier, le droit de construire une case dans la cour paternelle et de faire un champ de manioc sur une terre du matrilignage de son père.

Biographie de l'auteur

Marc Augé, ancien président de l'École des hautes études en sciences sociales, est l'un des grands anthropologues contemporains. Après des travaux consacrés aux prophétismes africains (Togo, Côte d'Ivoire) et des ouvrages d'analyse théorique, il s'est tourné vers une approche anthropologique de notre quotidien - La Traversée du Luxembourg (Hachette, 1985), Un ethnologue dans le métro (Hachette, 1986) - et vers une réflexion sur le destin du monde contemporain.


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