Présentation de l'éditeur
Cette histoire méconnue éclaire le XXe siècle d'une lumière nouvelle. D'une plume alerte, Jean Le Bitoux retrace l'histoire des homosexuels en Europe, il montre le dynamisme des associations dans les années vingt, et analyse les conséquences de la prise de pouvoir d'Hitler.
De 1933 à 1944, les nazis raflent les homosexuels en Allemagne, et dans les territoires annexés d'Autriche et d'Alsace Moselle. Victimes du paragraphe 175 du code pénal allemand qui condamne l'homosexualité masculine, ces hommes sont incarcérés : 15 000 d'entre eux sont incarcérés en camps de concentration où ils portent le triangle rose. 10 000 ne reviennent pas.
Les survivants se taisent à la Libération, car l'homosexualité reste un délit, y compris en France jusqu'en 1982.
L'histoire peut commencer alors à se faire, mais avec difficultés : les survivants homosexuels se taisent, les fédérations de déportés acceptent mal que de jeunes homosexuels viennent déposer des gerbes aux pieds des monuments du souvenir pour rappeler le martyr de leurs aînés, ou l'histoire héroïque de résistants homosexuels au nazisme.
En 2001 pourtant, Lionel Jospin déclare que toutes les victimes du nazisme font partie de la mémoire nationale, homosexuels compris. Jean Le Bitoux participe de la mise au jour de cette histoire de l'homosexualité, un passé qui ne passe pas.
Quatrième de couverture
Le 30 janvier 1933, Hider est élu chancelier du Reich. La haine nazie contre les homosexuels se déchaîne : les Allemands doivent avoir des enfants, de très nombreux enfants, de futurs soldats combattant pour la grandeur de la nation et de la race. Les homosexuels sont donc des adversaires, des ennemis qu'il importe d'identifier et d'éliminer. L'homophobe paragraphe 175 du Code pénal est aggravé par les nazis. 100000 homosexuels sont victimes de délation, fichés, pourchassés par la police et les SS ou condamnés: 10000 d'entre eux sont conduits en camps de concentration. Ces persécutions étendues aux territoires annexés frappent ensuite l'Alsace et la Moselle. À la Libération, victimes, témoins et historiens se taisent, la déportation homosexuelle est écartée de la mémoire nationale. À partir de sources nombreuses et variées, de témoignages, d'entretiens avec Jean-Paul Sartre et avec Michel Foucault, Jean Le Bitoux restitue cette histoire refoulée et nous interroge : pourquoi les homosexuels déportés sont-ils les oubliés de notre mémoire collective?
Jean Le Bitoux est né en 1948 à Bordeaux. Enseignant puis jourmaliste à Libération, il fonde en 1979 le journal homosexuel Gai Pied. Il est président du Mémorial de la Déportation Homosexuelle et co-auteur de Moi, Pierre Seel, déporté homosexuel (Calmann-Lévy, 1994).