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26 internautes sur 26 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Rougeoiment, 27 avril 2008
Méridien de Sang est un plongeon , un enfouissement dans l'horreur brute, à la prose à la fois somptueuse, lyrique, précise, elliptique. Pas d'identification possible de la part du lecteur, l'humanisme, même s'il s'effondre dans l'absurde, de The Road, n'a pas sa place ici...Le « héros », enfant fugueur , « fils de l'homme » ( référence atrocement ironique à Wordsworth), descend le fleuve jusqu'à la Nouvelle Orléans pour finir par arpenter le Texas et le Nouveau Mexique auprès de chasseurs de scalps...à leur tête Granton, le Juge, pour qui guerre et violence sont les seules réalités absolues, les seules dignes de conférer du sens à notre passage ici bas, et encore...lui dit qu'il ne mourra jamais.
L'action, la parabole philosophique, se situe dans les années 1850. On a parlé de Melville, de Bosch...et de Faulkner. Le Mal que traque Achab se trouve endossé par Granton, mieux, assumé, illustré, voir théorisé. Les corps meurtris apparaissent comme ils le font quand le sang ne suffit pas, quand il doit servir d'exemple...Faulkner pour le souffle, l'enracinement en un territoire, un sol, qui semble devoir survivre aux affres des agissements humains. Pour le mot juste. Le dialogue lapidaire suivi d'une mystique du paysage, de l'espace, de l'aveuglement, celui de la nuit noire au désert ou de la blancheur brûlante du soleil sur la roche, la poussière, le moindre végétal, épineux, nommé comme il se doit. Le sous-titre du roman « ou le rougeoiment du soir dans l'Ouest », rappelle le rôle central de la terre, cette terre ocre brûlé du sud-ouest, qui offre un décor d'apocalypse à la folie. Elle demeure néanmoins première, ne serait ce qu'en recouvrant toujours, inéluctablement, de sa couleur gris/ocre le sang rouge puis marron/noir maculant les oripeaux des bounty killers...Ce roman est peut-être le plus stupéfiant, presque au sens propre, de Cormac Mc Carthy.
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5 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5
Cavaliers des ténèbres, 10 août 2009
Les tribulations d'une bande de mercenaires tueurs d'indiens aux confins du Mexique et des Etats-Unis, au milieu du 19ème siècle. Riche de différentes personnalités, tels le Gamin ( pas 20 ans, orphelin illettré), Glanton (chef charismatique et dur), le Juge (puits de science au physique monstrueux), un point fédère cette troupe : un potentiel de violence aveugle sans limites.
C'est pourquoi cette bande, après s'être mise au service d'un gouverneur mexicain, sombre dans un parcours meurtrier où indiens, paysans mexicains, cavaliers en tout genre, hommes femmes et enfants sont massacrés pour de l'argent, de la nourriture, pour le plaisir ou par habitude.
Tout cela se déroule dans un contexte de western à la Sergio Leone avec des paysages sauvages et grandioses. Mac Carthy y développe une oeuvre d'un noir intense, sorte de parcours initiatique et mystique dans l'ultra violence et le mal, qui n'est pas sans rappeler « Au coeur des ténèbres » de Conrad, ou "Apocalypse now".
L'écriture est riche, belle et agréable.
Cependant cette description brutale d'une violence sans bornes peut surprendre et choquer. Pas préparé à affronter ce roman, j'en ai d'abord lu 30 pages puis je l'ai refermé pour 6 mois...
Etes-vous prêts à plonger dans cet enfer inhumain où la vie et la mort se côtoient avec lyrisme ?
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1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5
L'anti-western !, 30 janvier 2010
Quel récit !
Noir, lyrique, violent. Un style inimitable***. Une immersion totale dans une époque tellement magnifiée par de nombreux films qualifiés de western. Ce roman qui s'inspire de faits réels remet les pendules à l'heure, rétablit la vérité sur cette époque de légende. Elle n'est pas belle à voir, croyez moi !
Il n'y a pas de complaisance dans ce récit, il n'y a pas de bons ou de mauvais. Il n'y a que des hommes qui tentent de survivre, à tout prix dans des contrées où les conditions de vie donnent un avant goût de l'enfer. Je suis secoué, hypnotisé par cette lecture comme je l'ai rarement été.
C'est un plaisir pur...
*** Autant les dialogues sont brefs, souvent écourtés, autant les descriptions de lieux, la narration d'évènements usent de phrases complexes, parfois à la limite du texte alambiqué. Il est vrai que les auteurs anglophones en abusent souvent. Leur avarice dans l'usage de la virgule n'arrange rien.
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