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Il s'appelle Birahima, il a dix ou douze ans et, comme beaucoup d'enfants, il joue au petit soldat avec une mitraillette. "C'est facile. On appuie et ça fait tralala." Sauf qu'ici, l'arme est bien réelle et les morts ne se comptent plus. Birahima fait partie de ces orphelins qui ont tout perdu et n'ont d'autre recours, malgré leur jeune âge, que de devenir des sortes de mercenaires dans les guerres tribales qui déchirent des pays comme le Liberia ou la Sierra Leone, les fameux enfants-soldats. Le tableau est atroce : c'est le règne du grand banditisme sous couvert d'activités soi-disant révolutionnaires, des massacres de populations civiles, les pires horreurs. "Mais Allah n'est pas obligé d'être juste avec toutes les choses qu'il a créées ici-bas." Tout est vrai, hélas, dans le livre d'Ahmadou Kourouma, qui n'est cependant pas un document mais bien un roman. Ce qui rend encore plus percutante l'horreur racontée par un enfant, avec un humour terrible, qui renvoie chacun à ses responsabilités et à sa mauvaise conscience.
--Gérard Meudal
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Balade sordide mais drôle au Liberia et en Sierra Leone, pays en guerre, ce roman nous fait cheminer sur la trace de Birahima, un enfant qui ne ressemble pas vraiment à notre progéniture occidentale. C'est l'un de ces jeunes déshérités qui errent dans le pays, d'un camp politique à un autre. Un "small soldier sans peur et sans reproche" comme il aime à se faire appeler. Perdu dans une guerre absurde, il ne se sépare jamais de sa kalachnikov, fidèle compagne d'infortune qui lui procure sa ration quotidienne et sa dose de hasch. Aux côtés du grigriman Yacouba, qui ne croit pas lui-même à la force de ses talismans, il rencontre les plus grand-guignolesques dictateurs et côtoie la mort.
Adoptant le point de vue à la fois naïf et cruel de l'enfant, Ahmadou Kourouma nous fait vivre de l'intérieur l'horreur des guerres qui secouent l'Afrique de l'Ouest. Son langage même est à l'image de l'absurdité du propos. Ainsi, le récit est-il ponctué d'expressions choisies du pidgin (la langue libérienne) qu'il traduit à l'aide de définitions issues d'un "inventaire des particularités" et de deux dictionnaires.
Malgré l'originalité de la narration et du style, le roman n'arrive pas à convaincre. On rit à certains passages, bien sûr, mais l'on aurait voulu être plus séduit par l'aspect tragi-comique d'
Allah n'est pas obligé. Kourouma tente de faire de l'humour une arme contre la violence. Une arme sans doute un peu trop médiatique
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Chloé S.--
--Ce texte fait référence à une édition épuisée ou non disponible de ce titre.