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18 internautes sur 18 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Le fondement d'une bonne compréhension de l'oeuvre de Camus, 19 avril 2009
L'Homme révolté fut publié en 1951, autrement dit bien après son cycle de l'absurde (L'Etranger, Le mythe de Sisyphe, Caligula) et après le début de son cycle de la révolte (La peste). Cet essai, documenté, riche, propose une réflexion sur les manifestations de la révolte dans le monde occidental depuis le XVIIIème siècle : ne perdant jamais de vue une ligne directrice, Camus se propose - à partir d'exemples précis - de démontrer à la fois la dimension métaphysique, historique et artistique de la révolte. Cet essai à fait polémique en son temps, pour diverses raisons (Sartre s'insurgeait contre une nature humaine qui serait la base de la révolte), mais il reste un fondement, non seulement pour comprendre l'oeuvre d'Albert Camus, mais encore plus pour poser un regard toujours d'actualité sur notre monde.
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15 internautes sur 15 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Un phare de la litterature francaise, 14 octobre 2009
Albert Camus confirme si besoin etait par cet ouvrage qu'il est a tout jamais inscrit dans le pantheon de la litterature et des penseurs francais. Livre phare sur la question de la revolte, et pourquoi elle est essentielle et inherente a la nature humaine.
En ce debut de XXIeme siecle, la portee de la pensee de Camus est incroyablement d'actualite.
Son analyse a travers la dimension metaphysique, puis historique et enfin artistique de la revolte humaine est cliniquement juste. La revolte n'y est pas vue comme une fatalite, mais comme une necessite, une catharsis de notre humanite meme.
Personnellement je conseille sa lecture aux personnes ayant deja une solide connaissance des questions universelles metaphysiques et historiques, car Camus passe en revue une tres grande partie de la pensee occidentale et offre un angle certainement original voire ultime quant a l'approche des grands penseurs et des grandes doctrines de notre culture.
Personne ne sort indemne de la lecture de "L'Homme Revolte", c'est un ouvrage qui agit sur la conscience toute une vie durant.
Albert Camus etait certainement un des plus grands ecrivains francais de l'Histoire, son oeuvre comme celle de Voltaire est universelle et incontournable. Les etudes d'Albert Camus, des essais aux romans en passant par les pieces de theatre se doivent d'etre redecouvertes, etudiees et appreciees a leur jusre valeur.
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6 internautes sur 11 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
De la monstruosité des Révolutions, 13 janvier 2010
Le destin, qui lui faucha brutalement la vie à moins de cinquante ans, a sans doute empêché Albert Camus de livrer sa pensée dans toute sa plénitude. Pressé par le temps, hanté par l'absurdité de l'existence, il jeta pêle-mêle une foule d'idées dans le brûlant chaudron idéologique du XXè siècle, et son oeuvre prolixe paraît quelque peu déconcertante et désespérée.
Pourtant, si son cheminement intellectuel est ardu, il ne manque pas de cohérence et associe une grande clairvoyance à une profonde honnêteté, qui lui évita les engagements bornés de tant de ses contemporains.
Et si les illusions déçues, et les désastres humains qui ensanglantèrent le monde lui inspirèrent une certaine propension au nihilisme, il parvint à en tirer sagesse et humilité, plutôt qu'arrogance et certitudes.
L'homme révolté, qui date de 1951 illustre cette attitude courageuse. Il s'agit d'une douloureuse mise au point sur les révolutions, les révoltes et autres folies humaines engendrées par la soif d'absolu. Camus y montre le caractère inhumain de cette exigence, qui oscille entre idéalisme et nihilisme, « tel un pendule déréglé qui court aux amplitudes les plus folles», et finit par mener aux enfers, en s'abîmant dans le terrorisme, la dictature et d'une manière générale dans l'horreur.
Il s'agit en somme de dire toute la perversité de l'assujettissement aveugle à une cause trop définitive et universelle. Pour préciser sa pensée, le philosophe évoque notamment la soumission totale des individus qu'exige le communisme, et cite Bakounine réclamant dans les statuts de la Fraternité Internationale, « la subordination absolue de l'individu au Comité Central, pendant le temps de l'action » ou ien Netchaiev qui va encore plus loin lorsqu'il déclare « qu'on peut faire chanter ou terroriser les hésitants et qu'on peut tromper les confiants. » allant jusqu'à proposer « de supprimer tous les Russes de moins de vingt-cinq ans, comme incapables d'accepter les idées nouvelles. », ou encore Feuerbach qui consacre abruptement le règne du Centralisme Bureaucratique en affirmant que « le vrai dieu humain sera l'Etat. ».
Bien qu'il ne se réclame pas du libéralisme, Camus au terme de son éprouvante et longue enquête, parvient à un point d'équilibre, fait d'humilité et de pragmatisme. Au vertige mortel des grandes idées il oppose, en citant Lazare Bickel, les grandeurs relatives : « l'intelligence est notre faculté de ne pas pousser jusqu'au bout ce que nous pensons afin que nous puissions croire à la réalité. »
Et il tire une magnifique conclusion des vraies données de la science moderne : « les quanta, la relativité jusqu'à présent, les relations d'incertitude, définissent un monde qui n'a de réalité définissable qu'à l'échelle des grandeurs moyennes qui sont les nôtres. »
Camus vient du nihilisme et de l'agnosticisme. Il est épris de justice et de progrès, mais après mûre réflexion, il refuse de les assujettir au Moloch sanguinaire de la révolte. "Entre ma mère et la justice, dit-il, je préfèrerai toujours ma mère". En un mot, il est humain...
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