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14 internautes sur 16 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Le meilleur roman de Vargas LLosa, 1 juin 2004
Par Un client
Ce n'est certainement pas le roman de Vargas Llosa le plus facile à lire (accrochez-vous!), mais à mon avis, c'est aussi le chef d'oeuvre de cet extraordinaire romancier péruvien. Une histoire compliquée, très dure, mais en même temps très humaine, qui vous marquera. Littérairement, le style se rapproche de la perfection. A lire si vous aimez les défis!
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3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5
Madame du B, 20 décembre 2009
Au collège militaire Leonicio Prado de Lima, quatre "cadets" forment une association, le "Cercle", destiné à s'assurer influence et autorité sur le reste de leur section. Dans un groupe où domine une violence brimée, et donc d'autant plus exacerbée, par la discipline qui règne dans l'armée, le cadet Arana, surnommé "l'Esclave", devient vite le souffre douleur de la bande. Il ne parvient qu'à se faire un seul ami, celui que l'on surnomme le Poète, car il écrit moyennant finance des lettres d'amour pour les petites amies de ses camarades et des récits pornographiques...
En se faisant précisément le postier d'une de ses missives pour l' Esclave, il rencontre Teresa dont il s'éprend, et entreprend une relation secrète avec elle.
Lorsque l'un des membres du Cercle vole des sujets d'examen, et que toute la section est consignée, l' Esclave décide de dénoncer le coupable pour retrouver la liberté de ses week-end. Mais à la suite d'une manoeuvre militaire il se serait accidentellement tué d'une balle dans la tête...
Persuadé de la culpabilité du plus cruel des cadets, le Jaguar, et miné par le sentiment de sa propre trahison, le Poète décide à son tour de dénoncer ce qu'il considère comme un crime.
Sur fond de récit autobiographique, Vargas Llosa, qui s'identifie au fil de pages au Poète, relate une société en microcosme et sclérosé, où chacun occupe un rôle officiel et un autre en revers. Exaspération sexuelle, rigidité des classes sociales, violence admise tacitement et trafics secrets, rien n'est épargné dans ce collège qui semble être un miroir de cette époque. Les autorités, sous leurs allures militaires, ne supportent pas la révélation du Poète, et se refusent à assumer l'échec que constituerait un assassinat dans les rangs de ceux qui sont sous leur autorité. Seul à réaliser la gravité de la situation, le lieutenant Gamboa est muté à l'autre bout du pays, alors que le colonel fait du chantage au Poète pour qu'il retire sa plainte, en le menaçant de le faire enfermer dans un hôpital psychiatrique grâce aux preuves de perversité que constituerait ses récits libertins...
La mort de l' Esclave est celle qui ne constitue finalement pas un véritable crime, puisque son nom même l'y destinait.
Le Jaguar, véritable animal-dieu que vénérait les indiens du Mexique ancien, reste une énigme, ultra violent, mais aussi homme à principe et à amitié, il demeure inaccessible dans l'enceinte du collège.
Le Poète est l'artiste en marge, à la fois scandalisé par sa société mais incapable de ne pas y participer, et le récit le montre dans l'épilogue épousant une jeune fille de sa classe bourgeoise, oubliant Teresa et sa condition difficile.
Et le dernier, le Boa, entre les hommes et les dieux, animal rampant, terrestres, partagé entre sa violence primaire, et l'amour qu'il voue à la chienne de l'école.
La ville et les chiens, c'est le récit d'une société et de sa jeunesse, qui malgré ses râles et sa résistance, ne parvient à s'échapper de sa destinée traditionnelle et aux normes établies.
Récit entremêlé, à la narration fluctuante, relié par une fille, Teresa, et donc malgré tout par l'amour, c'est l'histoire d'un combat perdu d'avance, et du ressentiment qui s'en dégage.
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