Commentaires client les plus utiles
|
|
46 internautes sur 49 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Lenvoûtement des livres., 31 juillet 2003
Dans une main, le "1984" de George Orwell. Dans l'autre, le "Fahrenheit 451" de Ray Bradbury. Deux oeuvres magistrales ... lugubres, et visionnaires (?!). Deux classiques ... lugubres, mais combien envoûtants. Deux prédictions (?) ... espérons de tout c½ur, fausses, et archi-fausses. C'est le support phare de notre éducation moderne que l'américain Bradbury met au centre de son évocation apocalyptique de notre futur: le livre. Le livre qui s'enflamme à 451 degrés Fahrenheit et qui est interdit de consommation parce qu'il enflamme les esprits et stimule la réflexion, l'indépendance, l'onirisme, bref la culture ... toutes choses que les politiques de ce demain inventé (?) n'autorisent plus dans leur mégalomanie totalitaire. Justement placé au sommet de la littérature de science-fiction, honoré par François Truffaud, l'ouvrage de Bradbury est un "must". Ecrit dans un style efficace qui saupoudre l'austère intrigue de zestes de poésie et qui utilise de manière marquante la métaphore, il ne nous reste qu'à se laisser guider à travers les méandres de la révolte de Guy Montag, le pompier qui ... Mais, ne vendons pas toutes les ficelles de ce grand récit de science-fiction. Voyez par vous-même ... tant que on nous y autorise l'accès!
Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
Avez-vous trouvé ce commentaire utile ?
|
|
|
|
|
|
20 internautes sur 22 ont trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5
Un chef-d'oeuvre très subtil, 25 septembre 2006
"Fahrenheit 51" est certainement un chef-d'oeuvre de l'anticipation, car Ray Bradbury ne s'est pas contenté de produire une histoire passionnante alimentée par toute une réflexion sur les effets de la télévision ; il s'est aussi livré à un exercice de style des plus remarquables - sur ce point, Jacques Chambom qui en a rédigé la préface a particulièrement raison de souligner toute la poésie de l'auteur et l'immense mérite d'Henri Robillot, le traducteur, qui est parvenu à la restituer en français.
On ne trouvera pas dans "Fahrenheit 451" la description d'un système politique oppresseur comme George Orwell en a donnée dans "1984", et c'est sans doute ce qui rend toute réflexion a posteriori sur l'ouvrage totalement angoissante : quoiqu'on sous-estime généralement la déconcertante facilité avec laquelle un régime totalitaire peut se mettre en place - on lira "L'Etat hitlérien et la société allemande" de Norbert Frei pour se le rappeler, par exemple -, il semble du moins qu'on verrait le problème venir, avec le recul que procure l'expérience. Or, Ray Bradbury n'a rien promis de tout cela. En effet, la situation aberrante dans laquelle le pompier Montag se débat - songez donc que les pompiers BRULENT les livres ! -, cette situation résulte d'une évolution insensible de la société : "Tout ça n'est pas venu d'en haut. Il n'y a pas eu de décret, de déclaration, de censure au départ, non ! La technologie, l'exploitation de la masse, la pression des minorités, et le tour était joué, Dieu merci", explique le capitaine Beatty, signifiant par là que c'est la société qui a opté d'elle-même, en toute bonne conscience - si on veut bien lui en prêter une -, pour la solution lui permettant de se ménager la paix à moindre prix : c'était tout simplement de ne plus permettre aux gens de réfléchir en les privant du temps et du matériau pour cela. Tout ce que le pompier Montag doit subir semble trouver rétrospectivement sa justification dans cet apophtegme du même Beatty : "Si vous ne voulez pas qu'un homme se rende malheureux avec la politique, n'allez pas lui casser la tête en lui proposant deux points de vue ; proposez-lui-en un seul. Mieux encore : ne lui en proposez aucun".
Comme dans "Le meilleur des mondes" d'Aldous Huxley ou dans "Un bonheur insoutenable" d'Ira Levin - je conseille plutôt le second -, c'est donc la volonté d'assurer le bonheur des individus qui fait leur malheur. Oh ! On peut vivre heureux dans l'univers du pompier Montag, mais c'est à condition d'accepter de passer ses journées dans un salon-écran à laisser sa raison se faire déborder par un flux de sensations qu'elle n'a pas la capacité de traiter. J'espère que tous ceux qui travaillent à la télévision en se prêtant pour mission d'édifier le bon peuple ont lu ce livre, mais j'en doute. De toute manière, y'en a-t-il qui y croient encore ?
Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
Avez-vous trouvé ce commentaire utile ?
|
|
|
|
|
|
10 internautes sur 12 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Une excellente idée., 6 juillet 2007
Pourquoi comparer ce roman à « 1984 » ou « Le meilleur des mondes », comme beaucoup des commentateurs l'ont fait, en portant un jugement sur les qualités de l'un par rapport à l'autre, en vue d'attribuer dans certains cas une bonne ou une mauvaise note ?
S'il fait, effectivement partie de la même « catégorie » de livres et se prête, à ce titre, à des analyses littéraires opportunes, dans le cadre par exemple d'un cours de français, je prendrai le partie de le considérer par rapport à lui-même. En effet, l'auteur a imaginé son aeuvre en toute liberté, sans chercher à tenir une quelconque comparaison avec d'autres créations qui lui seraient inférieures ou supérieures. En ce sens, je rends donc pleinement hommage à ce roman, qui ne peut laisser insensibles les amoureux des livres, pour lesquels l'acte de détruire ce fruit de la création ne peut que susciter de la peine (même si certains livres peuvent être parfois très dangereux).
Le livre est un symbole de liberté. Liberté de penser, liberté de rêver, d`imaginer, de créer, de s'informer ou s'instruire. C'est d'ailleurs là ce dont le personnage principal du roman s'aperçoit et éprouve profondément dans son for intérieur.
Au-delà, le livre dans son aspect pluriel (l'ensemble de la création littéraire, historique, philosophique ou autre) est un témoignage, un passage de relais d'une génération à une autre, le fil conducteur d'une civilisation. S'attaquer à cette aeuvre humaine, c'est détruire la mémoire, ne retenir aucune leçon du passé et risquer la dérive du monde tel qu'il est décrit dans cette histoire. Et, à ce titre, la conclusion de ce roman est belle. Je la laisse découvrir à ceux qui ne l'ont pas encore lu ou n'ont pas vu le film de François Truffaut qui s'en inspire.
Pour terminer, j'aimerais réagir à l'un des commentaires, dont l'auteur semble croire qu'un tel scénario est peu crédible et que l'idée de brûler des livres de manière systématique semble improbable, voire saugrenue.
Qu'il étudie un peu l'Histoire et suive un minimum l'actualité. Il n'est pas besoin de chercher bien loin pour voir que la « bataille » des idées peut aller jusque ces extrémités. Croit-il que l'aeuvre créatrice était libre en URSS ou dans l'Allemagne Nazie (entre autres) ? Peut-on aujourd'hui tout écrire sans risquer des formes de censure, voire craindre pour sa vie ? Les destructions systématiques de livres n'ont-elles jamais existé, même si on en créait d'autres, à caractère officiel (on peut parfaitement imaginer que l'on bannirait, dans une société, les livres pour être mieux assuré de contrôler pleinement les idées). Rien que de parfaitement crédible et avéré, donc, bien au contraire. Et c'est pour cela que ce roman est beau, que la résistance existera toujours et que l'entreprise de destruction est vaine.
Un roman, je le confirme, qui se lit très vite et très facilement, tant il est captivant. Parfois, le contenu vaut plus que l'emballage (le style, pour ceux qui disent en être déçus). Un bel hymne à le liberté.
Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
Avez-vous trouvé ce commentaire utile ?
|
|
|
|
|
|
Commentaires client les plus récents
|