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19 internautes sur 21 ont trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5
indispensable, 7 avril 2006
Par Un client
Nécessaire de lire ce livre, comme tous les précédents de l'auteur, d'abord pour juger sur pièce et non au travers des nombreuses critiques. Ensuite parce que Houellebecq n'écrit comme nul autre. L'histoire ? comme d'habitude désespoir social, misère sexuelle, utopies, fantasmes, solitude, rêves inachevés, influences. Houellebecq regarde tout ça de haut, avec un cynisme qui surprend, qui dérange fort et quand ce cynisme commence à agacer, le voilà tendre, attendrissant, très profondément humain. Il est clair que Houellebecq est indispensable, sa musique est fascinante, les thèmes qu'il aborde sont incontournables. Oui il est narcissique, mégalomane, incontrôlable, inclassable, attendrissant, provocant, différent, provocateur. C'est vraiment heureux que cet auteur existe. Jetez vous sur ce livre, (mais aussi sur les autres), vous serez allergiques ou contaminés, enfin un auteur qui ne laisse pas indifférent !
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19 internautes sur 23 ont trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5
Le desespoir absolu, 31 janvier 2006
En fait, ce livre contient deux recits. Le recit de Daniel 1 est une satire mordante de la mediocrite de nos societes occidentales modernes (partouzes desincarnees, impossibilite de nouer des relations viables avec autrui, opportunisme, etc...). On a également accusé Houellebecq de sympathie pour certaines sectes(pas de nom...). La partie de la retraite de Daniel chez les Elohim est au contraire emprunte d'une grande lucidité quant a la folie de ce type de mouvements. Le recit de Daniel 25 evoque le film Alphaville de Jean-Luc Godard dans lequel des androides eprouvaient de la nostalgie pour l'ancienne humanité. La fin du livre est un petit morceau d'anthologie de litterature apocalyptique... Ne vous fiez pas a la reputation de l'auteur, lisez plutot son TEXTE!
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30 internautes sur 41 ont trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5
Loin d'être le meilleur Houellebecq, 10 septembre 2005
Après trois romans-essais égocentrés et très déprimants, Michel Houellebecq n'a toujours pas trouvé le courage de se suicider, alors il a voulu faire disparaître le monde. Manière pour lui de se retrouver enfin AILLEURS - on l'écrirait en italique pour le singer -, là où l'homme est seul puisque, décidemment, l'humanité est immonde. L'histoire qu'il nous narre est donc encore une fois la sienne; il s'y dépeint sous les traits d'un comique ayant bâti sa carrière sur "cette attirance absurde de l'Occident pour le cynisme et pour le mal" et qui, vivant sa vieillesse comme une destitution, rejoint une secte à la Raël qui promet à ses membres la vie éternelle par le clonage génétique. Ainsi l'auteur alterne-t-il des chapitres écrits de nos jours - quand les autres sont encore là, signe que c'est l'enfer - et d'autres quelques siècles plus tard - quand de rares élus misanthropes dominent un monde où les autres sont redevenus des bêtes, comme dans "Zardoz", ce film très kitch que tout lecteur de "La possibilité d'une île" se doit de voir absolument. J'avais particulièrement apprécié "Extension du domaine de la lutte", "Les particules élémentaires" et "Plateforme". Une prose de qualité au service d'un regard cynique jeté sur la société, tout cela était très français et je m'y étais bien reconnu. Mais bon, Houellebecq a vieilli et ses préoccupations actuelles ne sont plus vraiment les miennes aujourd'hui. Pour tout dire, je crois que le lecteur qui n'a pas encore atteint un demi-siècle d'existence aura du mal à se projeter sur Daniel, le héros de cette autobiographie romancée. D'autant plus qu'il est assez singulier de noter combien Houellebecq en vieillissant se met à en vouloir aux jeunes, pour la simple raison qu'ils profitent de la vie. Le presque baby boomer voudrait leur déclarer la guerre qu'il ne s'y prendrait pas autrement, en prétendant au détour d'une page que les jeunes ont détruits l'amour alors qu'il est sans doute mort sous les pavés de mai 68. Je ne m'attendais pas vraiment à celle-là : Houellebecq devenant le porte-parole d'une génération d'hédonistes qui toute leur vie n'auront cessé de reprocher aux autres de ne pas les avoir assez servis, à leurs parents d'abord et à leurs enfants ensuite. Pauvre Michel, le monde est moche, mais c'est toi qui l'a fait ainsi, et pour aussi percutante qu'elle puisse paraître grâce à ton style lapidaire, ta vision de la société est tout de même extraordinairement simpliste - abandonne un instant les philosophes, et lit un peu d'anthropologie. Enfin... Si "La possibilité d'une île" ne m'a pas toujours séduit, en particulier parce que l'action y devient trop prétexte à l'exposition d'idées personnelles si bien que le livre s'apparente plus à un essai qu'à un roman, il n'en demeure pas moins qu'il est fort bien écrit. C'est peu, mais c'est déjà ça. Depuis que Gide est mort, on ne fait plus les difficiles.
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