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3.0 étoiles sur 5
Bien mais un peu trop dans l'air du temps, 26 août 2009
Avant d'être péremptoire sur la notion de "bons sentiments", il conviendrait d'être prudent et de s'interroger sur le lieu d'où l'on regarde l'histoire de l'esclavage (et l'histoire tout court). L'anachronisme n'est pas unilatéral et concerne également des historiens qui savent mieux que d'autres le recouvrir de l'illusion d'une démarche scientifique. L'affirmation selon laquelle le "bon sentiment", un peu niais et bêtement sentimentaliste, consisterait exclusivement à se contenter d'une critique de l'esclavage (ou de la shoah, ou du massacre des arméniens...) sans remise en perspective historique est certes salutaire mais pas du tout originale, bien dans l'air du temps, et peut devenir franchement malsaine quand elle aboutit à la négation du génocide arménien ou à la relativisation des traites négrières par certains universitaires (et pas toujours parmi les plus mauvais, hélas). Tout expliquer par "le contexte", "les circonstances économiques, politiques..." est également réducteur . Ce livre est intelligent et bien documenté; j'en apprécie au moins l'un des deux auteurs, mais il me semble occulter documents et points de vue qu'il aurait pu mieux et/ou plus exploiter. On ne peut pas faire l'impasse sur la question raciale (elle a existé et a été largement évoquée pendant la révolution française, sous le consulat et l'Empire) et absoudre un acte sous prétexte du mercantilisme ambiant, d'autant plus que l'équation économique proposée est un peu facile et loin de faire l'unanimité parmi les chercheurs. Il aurait été intéressant et moins gênant que les auteurs inscrivent leur propos dans les débats actuels. Bref, un ouvrage instructif, assez bien écrit et structuré, documenté, mais qui s'inscrit, sans doute inconsciemment, dans une mouvance à la mode, inaugurée sur un ton polémique il y a une vingtaine d'années et relayée depuis par une certaine catégorie d'historiens plus ou moins volontairement révisionnistes. Un livre à manipuler avec précaution pour en garder le meilleur mais une lecture à compléter par d'autres (par exemple, le livre sur Toussaint Louverture aux éditions Amsterdam, les ouvrages de Pluchon aux mêmes éditions Fayard...)
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4.0 étoiles sur 5
Une mise au point nécessaire, 6 octobre 2006
Voici le livre qui rétabli, sans indulgence aucune, la vérité historique sur ce -il est vrai- peu glorieux épisode de l'épopée. Agrémenté de textes d'époque, il nous permet de saisir la complexité de la situation dans les Antilles à cette époque. Il explique, sans apporter une quelconque justification, les malheureuses décisions prises par le Premier Consul. Cette mise au point nécessaire, suite aux polémiques récentes, a le mérite d'éclairer la faillite finale d'un modèle économique colonial dominant du 16eme au 18eme siècles, à savoir l'exploitation des plantations tropicales au moyen d'une main d'oeuvre servile.
De plus, les auteurs soulignent le grand dessein géopolitique animant cette tragédie : la place de la France aux Amériques. L'échec sanglant de 1802 apparait comme l'ultime tentative de fonder un empire prospère et pérenne au Nouveau Monde. Il fait suite un demi siècle après, à la désastreuse guerre de sept ans conclue avec la perte du Canada. Dès avant Trafalgar et Waterloo, l'Angleterre s'affirme, ainsi, comme la puissance océanique dominante du XIXème Siècle.
Cependant, l'on peut faire un parallèle historique entre Saint Domingue et les échecs subis en Espagne (1808-1814) et en Russie (1812) : méconnaissance de l'environnement, peuples soulevés, conditions climatiques et sanitaires défavorables comme épitaphe des ambitions Impériales.
Enfin, nulle part le projet Napoléonien ne semble animé de motivation à caractère racial. Bien que sensible aux préjugés de son temps, il agit par pur pragmatisme seulement soucieux de maintenir les bases mercantilistes qui fondaient le projet colonial.
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5.0 étoiles sur 5
Esclavage et ses raisons : outil économique !, 1 juillet 2009
M'orientant sur une histoire avec un grand H... voilà un livre indissociable pour comprendre l'esclavage. Cette thématique revient souvent en France et sur la place publique à travers des associations qui opposent souvent et réduit l'esclavage à la simple apparence de couleurs. Manques de cultures, volonté de manipulations, de culpabilisation. Cela est indéniable. D'ailleurs, il ne trouve que des plates excuses des politiques qui, par leur manque de culture et d'hypocrisie, font honte à la France et à l'histoire de nos ancêtres. L'idée, ici, est donc de remettre l'esclavage dans son contexte d'époque car c'est bien Napoléon qui l'a rétablit tout en sachant que ce rétablissement s'inscrit dans un plan de grande envergure. Même si cette décision n'est pas très grandissante aujourd'hui, il faut constater avec intelligence que l'esclavage résulte avant tout d'une seule composante à savoir une main d'œuvre servile à bas cout. On peut également faire un rapprochement d'une main d'œuvre bon marché avec la révolution de 1917 en raison de l'impossibilité des Tsars de réformé l'état de Serf, héritage du Moyen-Age; dont les droits sont à peine plus haut qu'un esclave; Alexandre II : Le printemps de la Russie donnera d'excellente analyse de réflexion à partir d'un portrait rehaussé du Tsar Alexandre II, grand visionnaire mais devant faire face à une Noblesse voulant absolument garder ses privilèges. Cela n'est pas sans rappeler notre Révolution de 1789.
Pénétrez-donc dans la réalité historique de l'esclavage Noir, remise dans son contexte. Donnez-vous de nouveaux éléments de réflexions avec Esclaves chrétiens, maîtres musulmans : L'esclavage blanc en Méditerranée (1500-1800) pour définitivement comprendre l'esclavage non comme un acte d'intolérance ou de racisme mais bien comme un outil économique (hélas). L'histoire montre alors un visage de l'humanité bien plus fraternel que haineux.
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