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15 internautes sur 15 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Chabon, ch'est du très bon..., 9 février 2009
Cela faisait longtemps que je n'avais pas éclaté de rire en lisant un polar... Le résumé ci-dessus est extrêmement fidèle à l'ouvrage. J'ai lu le livre en anglais et je ne sais donc pas si le traducteur aura été capable de restituer le vocabulaire savoureux: notre anti-héros appelle son téléphone portable son shofar et son vieux Smith & Wesson son sholem, autrement-dit son 'outil de paix'...
Le livre débute dans un hôtel bien glauque à la Chandler dans un Alaska frileux et grisâtre qui n'est pas sans rappeler Blade Runner. Chabon mêle habilement le traditionnel et le moderne et construit une excellente intrigue. Il y a quelques délires mais ceux-ci collent parfaitement aux personnages. Hautement recommandé, même si vous n'avez pas la moindre trace de culture Yiddish.
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7 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5
L'Alaska, c'est complètement "loup phoque"...!!, 8 mars 2009
D'APRES L'AUTEUR, l'anglo-américain est presque une langue étrangère à Sitka (Alaska). Dans cette enclave juive, les flingues qui pendent dans les holsters s'appellent donc des "Sholem", les téléphones portables sont des "Shoyfer", les indics sont des "Shtinker".
On ne s'étonnera pas alors que les "Shammès"(inspecteurs de police) traquent parfois des "Shtarker"(gangsters) avec des chapeaux noirs de religieux. Cette traque étant réversible...
Pas d'inquiétude, c'est très lisible et un petit glossaire de Yiddish local se trouve à la fin du livre.
A Sitka, on peut vous menacer de mort mais ponctuer cet avertissement en vous souhaitant un fraternel "bon shabbat !", parce que tout de même un vendredi soir, il y a des principes à respecter...
Les personnages principaux du roman ont des personnalités originales et attachantes; l'inspecteur franc-tireur Landsman et son collègue juif-indien (hé oui), la rigoureuse Bina "et ses seins, ses jambes, ses fesses, ses yeux" (Landsman traverse une période d'abstinence propice à la déconcentration...). Les autres protagonistes, les seconds rôles, sont formidables aussi, à leur façon.
La solennité, la rigidité des divers rituels et usages juifs (même quand ils sont festifs) ou des codes en cours dans la population de Sitka, donnent à la moindre anicroche l'occasion d'une scène burlesque et inattendue. Or l'inspecteur Landsman est une transgression permanente!
Un petit coup d'½il dans une encyclopédie à l'article Alaska peut s'avérer profitable à la compréhension de ce livre. Personnellement, j'ai apprécié entreprendre cette simple et rapide démarche (mes lacunes étaient abyssales), parallèlement à la lecture du roman de Chabon. L'Alaska est un territoire étonnant, fascinant, parfois surréaliste; je le considère presque comme un des "personnages" du roman.
Ceci permet aussi de discerner la part de réalité de ce roman. L'éditeur nous dit que "le district de Sitka, en Alaska, est le nouvel Israël. Y vivent deux millions de Juifs...". En réalité, l'Alaska, en 2007, comptait moins de 700 000 habitants, et Sitka, qui est la 5ème plus grande ville comptait...moins de 9 000 habitants! A moins que les loutres autochtones ne se soient massivement converties au judaïsme, le compte n'y est pas du tout.
Les descriptions de Sitka délivrées par la plume de Chabon évoquent une grosse ville-refuge dense et surpeuplée (sans l'ombre d'un goy), un ghetto communautaire souhaité par ses habitants. Pour l'urbanisme aussi, une vue aérienne sur l'Internet suffit à constater à quel point cette ½uvre littéraire est UNE FICTION.
Ceci étant mis au point et admis, c'est un livre hilarant, loufoque. Les "bons", les "méchants", et les autres, trouvent avec leurs religions, coutumes ou principes, des accommodements assez tordus et tordants. Mais c'est aussi un bon polar remarquablement écrit.
Je concède toutefois que le dernier quart du livre a de quoi décontenancer ou refroidir l'enthousiasme. L'intrigue prend une tournure dans laquelle j'ai moi-même eu du mal à me laisser engager (ce qui explique ma notation).
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4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5
EXCELLENT HOMMAGE AU GENRE, ERUDIT ET HILARANT, 21 juillet 2009
Voilà un excellent polar, qui fleure bon la Série Noire d'antan. Les ingrédients sont réunis : une enquête tortueuse, des non-dits à la pelle, un flic dont l'équilibre mental ne tient plus qu'à un fil, et bien sûr, un style, un vrai, un talent. Mais il y a mieux encore : le décor original et l'humour.
L'action se déroule donc en Alaska, dans la ville de Sitka. Dans l'hôtel miteux qu'habite l'inspecteur Landsman, on retrouve le cadavre d'un clodo junkie, visiblement refroidi par un professionnel. Landsman et son co-équipier Berko, colosse indien d'origine, commencent leur enquête...
Cette enquête va mener les deux policiers dans l'univers fermé des verbovers, sorte de mafia juive orthodoxe, dévouée à la cause de leur chef, le Rebbé, et en attente du Messie. Et bien sûr, plus Landsman se fera taper sur les doigts, tirer dessus, assommer, kidnapper, et même lorsqu'il n'aura ni plaque, ni dossier, ni enquête sous son autorité, plus il s'évertuera à chercher, fouiller provoquer, parce que dans son hôtel, un brave type est mort, et qu'il faut que son meurtrier soit jugé. C'est en cela que le personnage rappelle Philip Marlowe, le détective créé par Raymond Chandler. Un type usé, cynique, insolent, voire inconscient, à l'intérieur duquel scintille encore une petite flamme : le désir de justice. Chez Landsman, pas de zone de non-droit. Il défie l'autorité et le danger, pour comprendre, et aller au bout.
Le style même de l'écriture évoque aussi Chandler, cette écriture imagée, ou un coup de crosse sur la tempe ressemble à un convoi de chemin de fer percutant de plein fouet sa victime, ou lorsque l'atmosphère se refroidit tellement entre deux personnages, que des stalactites leurs tombent du nez ! Les dialogues sont drôles, certaines scènes hilarantes (les fameuses vaches rousses à taches blanches, ou blanches à taches rousses... ou l'apparition de Wilfred Dick), et les péripéties s'enchainent, entrainant Landsman dans un flot incontrôlable, comme une coulée de boue, de pièges, de mal chance, qui confine au grand art.
Qu'importe que l'intrigue soit complexe, et qu'on perde le fil parfois, qu'on s'y paume entre tous ces "chapeaux noirs". D'autant que le texte est parsemé de jargon et argot yiddish (un lexique est fourni à la fin !). Ce qui compte c'est l'atmosphère particulière, cette communauté, cette intrigue en gigogne, et le plaisir jouissif de lire un texte merveilleusement composé, drôle, fin, atypique.
Je lis dans la présentation Amazon (qui en raconte beaucoup trop sur l'intrigue...) que les frères Coen devraient adapter ce bouquin. C'est du taillé sur mesure pour eux, dans la lignée d'un « Big Lebowski ».
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