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15 internautes sur 15 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Apprivoiser le bonheur !, 1 mars 2003
Le "loup des steppes" est la pierre de touche d'une révélation, le perilleux trajet de la découverte de l'autre, des autres... en clair, de soi-même ! Alors, comment passer à côté ? Les amateurs de Kafka, du "terrier" par exemple, y retrouveront les péripéties d'un être qui tente de se comprendre en ressaisissant sa sphère d'intervention, les lecteurs de Ionesco, de "l'impromptu de l'alma", retrouveront un auteur qui n'hésite pas à se découper, se contredire, s'affronter par le texte pour en faire ressortir une unité inavouée, laissée libre d'interprétation... Mais la richesse du loup des steppes ne s'arrête pas là, il y a une issue, une solution des plus philosophiques en fin de compte : pourquoi donc s'évertuer à s'interroger sur le sens de la vie puisque la question à laquelle on tente de répondre est celle de savoir pourquoi on accepte de vivre... Aussi, je ne peux que vous conseiller de souffir avec ce vieux loup l'apprentissage de la vie et peut-être d'en retirer l'envie de vous replonger en vous-même pour vérifier si vous n'y avez pas oublié quelqu'un !
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3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Que ce livre est beau!, 26 septembre 2008
"C'est parmi les hommes de
cette espèce qu'est née l'idée horrible et dangereuse
que la vie humaine tout entière n'est peut-être qu'une
méchante erreur, qu'une fausse-couche violente et
malheureuse de la Mère des générations, qu'une
tentative sauvage et lugubrement avortée de la Nature.
Mais c'est aussi parmi eux qu'est née cette autre idée,
que l'homme n'est peut-être pas uniquement une bête
à moitié raisonnable, mais un enfant des dieux destiné
à l'immortalité."
"Même le suicide, pauvre Loup des steppes, ne te
servirait à rien; tu devras malgré tout suivre le chemin
le plus long, plus pénible et plus difficile du devenir humain;
tu devras souvent encore multiplier ta dualité, compliquer
ta complexité. Au lieu de réduire ton espace, de simplifier
ton âme, tu deviendras de plus en plus le monde, tu devras
finalement faire entrer l'univers entier dans ta poitrine
douloureusement élargie, pour parvenir peut-être un jour
au repos, à la fin."
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9 internautes sur 11 ont trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5
La solitude de la liberté, 17 mars 2006
Quel message se cache-t-il dans ce roman et son théâtre magique, "réservé aux insensés" ? Pas évident. Harry, le loup des steppes. Harry, l'homme qui n'a pas vécu. Harry, l'homme qui cherche un destin tragique. Harry, l'intellectuel sérieux : "A l'instar de tous les êtres humains, Harry croit savoir ce qu'est l'homme". Autant de figures qui trouvent un écho dans une certaine partie de nous.Récit d'une quête désespérée d'un bonheur triste et froid, romantique, le Loup des steppes n'est pas une oeuvre très facile à comprendre complètement. A partir d'un diagnostic lucide sur le vide de la liberté (c'est la partie la plus intéressante et la plus facilement accessible à mon avis) : "Ainsi le loup des steppes fut-il détruit par sa liberté. Il atteignit son objectif, s'affranchissant progressivement de toute contrainte. Personne ne pouvait lui donner d'ordre ; il n'avait pas à se conformer à la volonté de quelqu'un ; il décidait de sa conduite de façon libre et indépendante [...]. Cependant, lorsqu'il se fut installé dans cette liberté, Harry s'aperçut tout à coup que celle-ci représentait une mort. Il était seul. Le monde le laissait étrangement tranquille et, de son côté, il ne se souciait plus des gens, ni même de sa propre personne, s'asphyxiant lentement dans cette existence solitaire, sans attaches, où l'air se raréfiait.", Harry va voir sa vie bouleversée par sa rencontre avec Hermine, qui va peu à peu lui faire découvrir le côté sensible ou sensuel de la vie qu'il a toujours méprisé, mais à une seule condition : qu'il obéisse à tous ses ordres puis qu'il la tue au moment où il en tombera amoureux. Etonnant, donc, et pas franchement positif, on attend un message d'espoir qui ne vient pas : "Au commencement, il n'y avait ni innocence ni ingénuité." Certaines phrases claquent comme des coups de revolver, dans un style très percutant, très direct et teinté d'un certain pessimisme, chose assez inattendue chez Hesse. Une sorte de pillule contre le romantisme, en quelque sorte.
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