Quatrième de couverture
L'ouvrage situe le cadre général, historique et social, dans lequel s'est déroulée l'aventure malgache d'une "minorité étrangère". Il sera en effet question, dans ce livre, d'une communauté musulmane Sunnite de Madagascar (minoritaire face aux Khodja chiites), communauté créolophone de quelque six cents personnes établies depuis plus de cent ans à Tamatave, premier port du pays, capitale de la province betsimisaraka, sur la côte est . Ces Indiens du Gujerat, province située au nord-ouest de lInde, originaires le plus souvent de la ville de Surat (ils se disent sourd de Surat) sont des commerçants et des artisans qui ont quitté lInde pour lîle Maurice qui fut, dans leur exil, la première étape, étape décisive pour lavenir du groupe puisque c'est là que se mit en marche le processus de métissage et de perte de la langue d'origine qui fera d'eux, rapidement, des Indiens culturellement créolisés et des usagers du créole mauricien.
Que le lecteur à qui le titre de ce livre paraîtrait exagérément (ou inutilement) provocateur, veuille bien considérer qu'il ne manque pas de fondement, puisqu'il évoque une communauté humaine biologiquement et culturellement métissée dont ladhésion à lIslam constitue, à n'en pas douter, le noyau dur de identification socioculturelle; dans la communauté sourd quelque peu livrée à elle-même sur un sol étranger, ballottée au gré d'événements historiques qu'elle ne contrôle pas, le jihad l effort sur soi pour atteindre la foi a manifestement pris le relais d'un projet identitaire qu'on a vu s'essouffler dès avant laccession de Madagascar à lindépendance et le départ massif des Créoles de Madagascar vers lEurope et les Mascareignes.
Que le lecteur à qui le titre de ce livre paraîtrait exagérément (ou inutilement) provocateur, veuille bien considérer qu'il ne manque pas de fondement, puisqu'il évoque une communauté humaine biologiquement et culturellement métissée dont ladhésion à lIslam constitue, à n'en pas douter, le noyau dur de identification socioculturelle; dans la communauté sourd quelque peu livrée à elle-même sur un sol étranger, ballottée au gré d'événements historiques qu'elle ne contrôle pas, le jihad l effort sur soi pour atteindre la foi a manifestement pris le relais d'un projet identitaire qu'on a vu s'essouffler dès avant laccession de Madagascar à lindépendance et le départ massif des Créoles de Madagascar vers lEurope et les Mascareignes.
L'auteur vu par l'éditeur
Claudine Bavoux, 40 ans, enseignante française en coopération d'abord dans divers pays arabes, est conseiller pédagogique à Tamatave (Madagascar) depuis 1984. Elle entra en contact avec les "créolophones tamataviens" en leur enseignant larabe; les chemins des sciences humaines sont imprévisibles! DEA à luniversité de Provence en 1989.E11e prépare actuellement une thèse de doctorat sur "Créole et français à Madagascar".