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5.0 étoiles sur 5
L'écriture réconciliatrice, 18 janvier 2005
De père Irlandais et de mère Allemande, comment un enfant peut-il s'y retrouver ? Ou encore, comment deux cultures peuvent-elles se rencontrer, se mélanger, dans un pays,(l'Irlande),qui est lui-même divisé (conflit politique et religieux entre Anglais et Irlandais)et où l'Irlandais tente de s'affirmer? Ce livre ne manque ni de réalisme ni de poésie. Réalisme politique, réalisme familial où un père se montre intransigeant pour lui-même et sa famille. Poésie, lorsque l'auteur évoque l'émerveillement des premières chutes de neige : il va «chercher du rêve» dans les jardins voisins, ramasser cette neige magique, toute blanche, toute vierge. Vierge comme l'enfance, dont le père de Hugo Hamilton dit, qu'elle est comme une page non encore écrite. L'enfant a tout à y inscrire. Langage simple, bêtises d'enfants excusées la mère. Cette mère allemande qui résout les conflits par des "histoires" ou encore, qui tente d'éviter les punitions en emplissant la maison de « grosse musique allemande ». La mère, malgré les cicatrices encore vives de la Seconde Guerre Mondiale qu'elle garde en elle, donnera de l'Allemagne une image maternelle. L'Allemagne est tranfigurée, elle devient poésie, elle est un « chez soi » ; le "non" silencieux s'oppose à la violence, il est un rappel de l'humanité de l'homme. Ce livre est autant un hommage à la mère qu'une biographie touchante.D'un conflit culturel émerge une merveilleuse unité littéraire.
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5.0 étoiles sur 5
l'excellence irlandaise, 21 février 2005
Le regard tendre et curieux d'un enfant sur la vie en Irlande dans les années 50-60, quand on a pour parents une mère allemande et un père irlandais nationaliste. Une mère débordante d'amour qui essaie de ne pas plier sous le poids de lourds traumatismes liés à l'Allemagne nazie. Un père fantasque qui n'hésite pas à frapper ses enfants dès que ces derniers osent prononcer un mot d'anglais sous son toit. Dès lors, comment grandir, comment apprendre à vivre entre les bons gâteaux préparés par maman et les coups de baguette de papa ? Hugo Hamilton dépeint avec une justesse inégalable tous les sentiments de cet enfant turbulent qui, conscient de ses origines multiples et insolites, tente malgré tout de trouver une place à l'abri des brumes et des bourrasques. Pour couronner le tout, l'histoire est menée d'une main de maître : l'écriture est rythmée et chaque mot sonne juste. Un récit poignant, entre rires et larmes.
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5.0 étoiles sur 5
puits noir de l'enfance, 26 janvier 2009
Un jeune irlandais et sa fratrie grandissent à Dublin dans la pauvreté. Le père, un traditionaliste pur et dur, has-been velléitaire dans tout ce qu'il entreprend, interdisant l'anglais dans le foyer, la mère, une allemande ayant fui le régime hitlérien qui rédige sur une vieille machine à écrire ses atroces révélations. Quand Hamilton joue avec le rire et les larmes, le magnifique et le misérable, l'insouciance et la brutalité, l'on se régale de cet ouvrage sur les confessions de la vie d'un môme nageant dans la plus grande confusion. Un enfant tiraillé entre la cruauté d'un père délirant et la douceur d'une mère toujours là pour arrondir les angles, un enfant qui se dépêtre dans les secrets et les non-dits, naviguant entre l'hostilité et la tendresse.
Ce récit est rythmé (parfois l'on croirait lire un story board), corrosif, sans complaisance, mais toujours dans la souffrance et dans l'épreuve. Une violence à chaque coin de rue mais aussi dans le foyer pour ces gosses tentant de survivre et de grandir dans une famille (im)pitoyable. Emotions et cruauté savent rendre à ce roman autobiographique une émotion rare. Une lecture réjouissante, gaie, tendre, amère, féroce. On ne peut s'empêcher de penser à la claque de « Bandini », ou encore aux « Mémoires d'un vieux dégueulasse ». Au vu de ces deux énormes références, on joue ici dans la cour des grands, des très grands.
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