Présentation de l'éditeur
Une auto-plaidoirie. Tel est l'objet de ce monologue haletant qui emporte un lecteur pris de vertige dans une tentative démesurée de justification, où un mélange de mauvaise foi, de syndrome de persécution, de naïveté, et pour tout dire de démence, s'agglutinent pour former ces " merveilleuses " aventures où le fantasme ne se distingue plus très bien de la réalité. Ferdinand Bienvenue, le narrateur, c'est l'ingénuité personnifiée, l'adolescence un peu gauche et mal dégrossie arrachée au cocon protecteur d'une paisible et insouciante existence rurale pour être livré sans mode d'emploi à la jungle urbaine et aux meutes prédatrices. Mais l'agneau innocent, le bouseux pataud qui débarque un jour à Lyon afin d'y poursuivre des études en hypokhâgne chez les frères maristes, va très vite s'affranchir des us et coutumes de son nouvel environnement... D'une austère hypokhâgne d'où il est exclu dans des circonstances peu reluisantes, aux bancs de la sac de Lettres fréquentés avec une assiduité très vite décroissante, ce roman plante le décor et dévoile l'entrée de Ferdinand dans le petit monde de la forfaiture. Pour survivre à cet environnement hostile, il a fallu que notre antihéros s'adapte : il a fourbi son arme, la seule qu'il eut en sa possession, celle du langage et de la " tatche " effrénée, celle qui lui permet de rebondir en permanence et qu'il enveloppe d'un masque de candeur, celle qui lui permet d'embellir la réalité pour s'abuser lui-même autant que les autres. Et les autres, c'est l'irrésistible galerie de portraits qui composent le petit monde de Ferdinand et campent des personnages aussi attachants et drôles que la figure autour de laquelle ils gravitent.
Le style original d'Hubert Guillaud mélange subtilement le langage parlé des faubourgs, les métaphores et les jeux de mots avec des expressions ou des images d'une brûlante modernité, qui déclenchent à chaque page l'hilarité.
Quatrième de couverture
« N'empêche, moi, j'la voyais bien la vie. J'l'imaginais normale. J'vous assure, j'aspire qu'à des trucs simples. J'ai des espoirs et des rêves très conventionnels. Pire conservateurs même ! Mais la vie elle m'a pris à bras raccourcis, et hop, elle me tire j'sais pas où, elle m'emmène, m'emporte, m'balade. Depuis l'début elle m'entraîne. Mais j'tiens bien à dire que j'ai pas voulu tout ça, non, vraiment pas. Mais j'peux pas m'en empêcher ! C'est pas ma faute ! Moi, on m'emmène quelque part qui m'plaît pas par exemple, et bah plutôt que faire la gueule, c'est vrai, j'y vais complètement, j'me plonge dans l'ambiance. »