Commentaires client les plus utiles
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8 internautes sur 8 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Le versant tragico-burlesque des 120 Journées de Sodome, 4 juin 2007
Enfin édité en DVD, voici un des films cultes des années 1970. Très controversé, méprisé ou incompris, ce film est un bijou délectable, entre anarchie, édonisme, poésie et pessimisme. Un grand banquet du corps et de l'esprit, véritabel suicide collectif doublé d'une réflexion sur la société de consommation, la perte des idéaux et la difficile adéquation entre nos aspirations et notre incarnation. Un film jouissif aussi, notamment en raison du malaise qu'il suscite chez un certain public ... Le tout servi par un casting de rêve : Piccoli, Noiret, Mastroianni, Tognazzi et Féréol, superbe. L'édition est très réussie, par ailleurs.
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6 internautes sur 8 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
un film enorme, 1 octobre 2003
A ne pas mettre entre toutes les mains, ce film est le point d'orgue de l'humour noir, décalé, qui prend la société complètement à contrepieds dans un huis clos gastronomique des plus perturbants. On ne peut pas ne pas réagir face à ce film. Des acteurs fantastiques tirent de mains de maitres les ficèles et les ressorts d'un scénario simple, mais efficace!
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3 internautes sur 13 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Evangile selon Saint Marco et Saint Philippe, 8 juin 2007
1973. Ce film a fait au moins autant de bruit, mais beaucoup plus de spectateurs probablement que les films de Warhol qui sortent des studios (1968-1971). Trente cinq ans plus tard il a vieilli, c'est vrai, mais si peu en définitive. C'est l'absolu contraire du futur film de Pasolini, Salo (1975). C'est en fait Pasolini qui va faire le film totalement opposé à celui-ci. Qu'est-ce qui donne à ce film la dimension impérissable qu'il porte encore ? Certainement pas les quatre acteurs eux-mêmes. Ils ont peut-être assuré le succès à l'époque. Mais ils ne peuvent plus faire cela aujourd'hui, même si leur art consommé donne au film un feeling adhésif comme le ruban éponyme. Ce qui le rend incontournable, c'est son caractère visionnaire. Il voit et imagine l'avenir de ce qui vient d'ébranler le monde capitaliste, 1968. Soudain le monde des travailleurs est sorti vainqueur d'une bataille qui leur a enfin donné le droit de parler et de recevoir la part juste de la valeur ajoutée que leur travail a produit. Les travailleurs sont sortis à jamais du statut de prolétariat et même de celui de classe ouvrière. L'ensemble des travailleurs, tous ceux qui produisent ou participent à la production de la valeur ajoutée, c'est-à-dire pratiquement tous les travailleurs, ne sont plus une classe au vieux sens du mot, mais une classe dans un sens nouveau : la classe des travailleurs, la classe des consommateurs, la classe des boulimiques de la vie qui vont se précipiter sur les voitures, le chauffage et la grande bouffe. Marco Ferreri vient de voir sortir des barricades de pavés le monde de la consommation de masse et de ce que cela va produire au niveau de la société toute entière. Et c'est ce dont nous héritons aujourd'hui et que nous devons réformer car c'est devenu un frein à la croissance, simplement à l'assurance de la pérennité sociale. On quitte alors en ces années la lutte des classes pour entrer dans les contradictions idéologiques en tant que telles et non déguisées en conflits du monde du travail. Contradiction du sexe qui veut assurer le plaisir sans la procréation et libérer en même temps les femmes qui deviennent maîtresse de leur corps. Contradiction culturelle profonde entre ceux qui ont une vision cognitive s'appuyant sur le mot, et en particulier le mot écrit, contre ceux qui appuient leur vision cognitive sur les sentiments, les sensations d'un autre ordre, et à l'intérieur de cette contradiction la contradiction du visuel qui mène au virtuel contre le sémantique qui mène au spéculatif. Ces contradictions font qu'alors un volant important de gens ne se reconnaissent plus dans la société qui sort de terre et refusent d'y entrer. Ils se marginalisent et la société les aides à le faire pour les conserver en volant d'inactifs pour faire pression sur les actifs, mais contradiction à nouveau qui voit se développer les égoïsmes des groupes qui ont des avantages acquis qui les mettent au dessus des autres, des privilèges en un mot, contre les ,égoïsmes des gens du milieu de la route, des travailleurs sans avantages acquis ou privilèges et qui n'ont que leur travail pour améliorer leur régime alimentaire et contre les égoïsmes des assistés qui ne veulent plus être un volant de réserve contre les travailleurs mais veulent à jamais garder leur assistanat et donc ne jamais travailler. C'est tout cela qui se profile derrière cet enfermement dans la consommation débridée. Et les assistés sont sur la pelouse ou dans la cuisine, ce sont les chiens dont le nombre augmente de séquence en séquence. Les chiens qui attendent que l'homo consommatrix relâche son attention pour sauter sur la table et s'approprier le festin. 1968 nous a donc donner tout autre chose que simplement de substantielles augmentations de salaire. Ce n'était pas tant comme Georges Séguy l'a dit à l'époque la première lutte contre la capitalisme monopoliste mais la dernière lutte du monde prolétarien des luttes de classes pour passer à un autre monde, celui de la consommation de masse, de l'éducation de masse, de la production de masse, des marchés de masse. La première lutte d'un monde qui ne craint plus de dire son nom et d'assumer la contradiction nouvelle : comment travailler le moins possible alors même que seul le travail produit de la valeur ajoutée sans laquelle le monde actuel ne peut même pas imaginer vivre encore moins survivre ? Tous ceux qui rêvent de grève générale insurrectionnelle pour imposer la révolution sociale n'ont rien compris. Marco Ferreri sentait parfaitement ce changement et ses acteurs l'ont compris de bout en bout.
Dr Jacques COULARDEAU, University Paris Dauphine & University Paris 1 Pantheon Sorbonne
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