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6 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Karajan érige un monument de spiritualité, d'une ferveur émouvante, 21 avril 2007
Arthur Honegger composa ces deux symphonies respectivement pendant et au sortir de la Seconde Guerre mondiale ; leur langage comme leur thématique reflètent ce lourd contexte historique.
Ecrite pour cordes seules, la Deuxième manifeste un climat très dramatique par sa touffeur polyphonique, ses modulations tonales, ses rythmes drus.
Dans le finale, une trompette chante un lumineux choral qui laisse planer une lueur d'espoir sur les sombres inquiétudes développées auparavant.
La Troisième, dénommée « Liturgique », déploie un programme encore plus explicite où le compositeur suisse a dit vouloir « symboliser la réaction de l'homme moderne contre la montée de la barbarie, de stupidité, de souffrance, de machinisme, de bureaucratie qui nous assiègent ».
Le "Dies Irae" introductif déchaîne des forces aveugles, scandées par un rythme motoriste qui n'est pas sans rappeler le Marcato de la Seconde symphonie de Prokofiev.
Le "De Profundis Clamavi" amène un moment de prière où l'individu s'en remet à la spiritualité en guise d'espoir. Cette étreignante imploration est sans doute le chef d'oeuvre orchestral de Honegger.
Le finale, "Dona Nobis Pacem", est une lutte dialectique qui oppose la « marche des robots contre l'homme civilisé ». La pesante procession va progressivement se libérer de l'aliénation par la révolte, qui s'apaise dans la vocalise sereine et consolatrice de la flûte.
Nonobstant les remarquables contributions discographiques de Charles Munch, Evgueni Mravinsky ou Serge Baudo, Herbert Von Karajan a livré dans ces enregistrements de 1969 une version insurpassable de ces deux opus, qu'il empreint d'une émouvante ferveur : ce témoignage du maestro autrichien s'érige comme un monument de spiritualité dont le message humaniste se veut d'une intemporelle actualité.
La densité et la noirceur des cordes berlinoises, la sombre rumeur des cuivres, l'extrême concentration de tous les pupitres atteignent une puissance expressive incomparable.
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6 internautes sur 8 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Symphonies nos 2 & 3 d'Honegger par Karajan et l'Orchestre Philharmonique de Berlin, 21 avril 2006
En spécilaciste d'Arthur Honegger, je recommande vivement cette version pour les deux plus belles symphonies du compositeur, qui sont aussi parmis les plus importantes de la musique moderne.
Ecrite en 1942 sous l'occupation allemande en France, la Symphonie n°2 a pour sujet la mort, le deuil puis la libération. Dans cette symphonie pour cordres et trompette ad libitum (pour le final) il retrouve son instrument favori, le violon. Il montre une grande maturité avec cette partition qui est l'apogée de son écriture pour cordes mais aussi une de ses oeuvres les plus profondes. Les deux premiers mouvements (la mort puis le deuil) reflètent un grand pessimisme, ils sont très sombres et sans espoir. Mais le troisième mouvement ce veut très combatif, très énergique, et finit par une mélodie rappelant un choral de Bach, soutenue par la trompette doublée à l'unisson par une ligne de violons, une mélodie presque naïve appelant à la libération.
Le son des cordes de l'Orchestre Philharmonique de Berlin est parfait pour cette symphonie, certains passages sont vraiment uniques en comparaison avec n'importe-quelle autre version.
La n°3, la liturgique, créée en 1946, est sûrement le sommet de l'oeuvre d'Arthur Honegger, du moins celui de ses partitions symphoniques.
Au lendemain d'une guerre absurde, Honegger a pris conscience que la condition humaine l'était aussi. C'est d'ailleur à cette époque qu'il collaborera avec Albert Camus. Les titres donnés aux trois mouvements font presque penser à un Requiem : Dies Irae, De profundis clamavi et Dona nobis pacem tiré de l'Agnus dei. Cette symphonie est d'inspiration très germanique, les harmonies sont parfois presque atonales. En particulier dans les tensions du premier mouvement qui représente le déséspoir de l'Homme face a la violence du monde dans lequel il vit, ce monde qui ne comprends pas l'Homme et qui le nie. Ce premier mouvement, un Allegro Marcato, comme son nom l'indique, à la fois vif, marqué et pesant, est l'une des partitions les plus durs et amer du compositeur.
Le seconde mouvement est, sans contestation, le plus bel Adagio qu'il ait composé. Certes toute la liturgique sera prise comme un modèle d'orchestrations, mais l'adagio surpasse toute son oeuvre en la matière. Il y a des orchestrations très recherchées, aux colories très personels et surtout, sans artifices. Le thème principale, a la tonalité ambigüe, est d'une grande authenticité. C'est aussi en continuant d'utiliser la tonalité qu'il prouve son originalité, car il est capable de réinventer les choses que l'on connaît pourtant déjà si bien. De plus il fait preuve d'une grande maturité au niveau du dévellopement, à mon sens, son plus grand talent. Il donne une solidité parfaite à l'oeuvre, ce qui lui permet d'être précis sur le sujet philosophique dont il veut parlé. Si il sagit d'une liturgie, il admet aussi qu'il avait surtout des intentions philosophiques, même si avec modéstie il hésite sur ce mot, et cette oeuvre s'ouvre aussi aux agnostiques ou aux athées. L'Homme se replie sur lui-même et par déséspoir en appel à quelquechose de supérieur à lui. Mais les réponses qu'Honegger apportent sont ambigües. En effet, protestant renforcé, il cessera par moment d'avoir foi en Dieu, le premier mouvement montre que le Dieu en qui il a foi a peut-être un bien vilain visage.
Le troisième mouvement, un Andante, n'est pas le plus interessant. Il s'agit d'un dona nobis pacem (donne nous la paix), tiré donc du Agnus Dei. Le début commence comme une sorte de marche maccabre, Honegger met sa foi en Dieu en jeu. Puis, après un cri épouventable, se glisse un espoir de paix, il reprend alors des motifs et des coloris du second mouvement. Cet espoir de paix reste pour moi, encore une fois, assez ambigüe.
A mon sens la version de Karajan et de Berlin est la plus réussie, les orchestrations du compositeur sont parfaitement misent en valeur. Le tempo est un peu plus lent que ce qui est demandé, mais c'est parfait ainsi, on profite mieux de l'Adagio en particulier.
En revanche, le concerto en ré pour orchestre à cordes d'Igor Stravinsky n'est pas une oeuvre majeure ni très intéressante de ce dernier. Mais ce CD est a acheter pour Arthur Honegger.
L'enregistrement date de 1976 et provient d'un vynil. Il est de bonne qualité, malgrès un souffle percéptible mais pas génant.
Ce CD mérite largement ses 5 étoiles, tant pour la qualité des oeuvres d'Honegger, qui sont à découvrir absolument, que pour l'interprétation magnifique.
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3 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
à emporter sur une île déserte !, 29 août 2008
Je place ce disque en tête de la discographie (gigantesque) de Karajan !
Juste derrière, la nuit transfigurée de Schoenberg et Pelléas de Debussy ! Enregistré en 1969(2° à St Moritz, 3° à Berlin),
prise de son hallucinante de vérité , engagement total des musiciens au service d'une interprétation géniale . Que dire de plus !
si ce n'est pour rappeler à quel point Karajan a servi la musique du XX° siècle , bien davantage que ses collègues de la même génération !
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