Commentaires client les plus utiles
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24 internautes sur 26 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Le chef d'oeuvre maudit, 16 septembre 2003
Déclinant en 10 chansons inoubliables les amours lamentables de deux personnages à la dérive dans un Berlin blafard, ce disque dresse un constat glaçant des relations humaines dans un monde sans espoir. Album suicidaire aux textes extraordinairement laconiques et violents, jouant de la litote meurtrière comme nulle part ailleurs, Berlin n'a jamais connu le succès qu'il méritait. La beauté maladive de ses orchestrations, la débacle de son chant, l'ambiance paroxystique baignant enfin les dernières plages en font une des expériences auditives les plus fortes et les plus durablement fascinantes que le rock'n roll ait jamais pu engendrer. Jusqu'à ce jour, le plus beau disque de son auteur.
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23 internautes sur 26 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
La sombre romance de Jim et Caroline, 8 septembre 2003
Bien sûr, on n'a jamais confondu Lou Reed avec la Compagnie Créole. Que le new yorkais est plus porté sur le désespoir, la rue, la poudre, le sexe hard et le nihilisme est de notoriété publique. Et tout ça est vrai. Mais ça n'a jamais été aussi frappant que sur Berlin. Avec l'aide de Bob Ezrin et d'une bande de requins de studios, Lou Reed nous raconte l'amour tragique de deux amants damnés. Un petit résumé? Ca démarre par des souvenirs amères de Jim se rememorant un moment heureux avec Caroline (Berlin, piano-bar d'une tristesse abyssale). Puis la déscription de Caroline en femme discrète qui explose lorsqu'elle se met à chanter (Lady Day, une orgue biblique). Après un constat d'une indiffèrence glacée sur les opposés sociaux (Men Of Good Fortune, accords de guitares tantôt aériens, puis secs et froids), Jim se fait humilié par Caroline, mais reste profondement amoureux (Caroline Says p.I, rythme sautillant et gai) puis subit une déprime oppiacée sevère (How Do You Think It Feels, rythme lent et nonchalant, basse omniprésente). C'est alors que Caroline couvre Jim de sarcasmes une fois de trop (Oh Jim, à la limite du funk-rock). Puis une scène poignante : Caroline est psychologiquement vidée par les raclées de Jim, qui ne se gène pas pour la battre (Caroline Says pII, arpèges de guitare boulversantes). Les choses s'assombrissent encore plus lorsque les services sociaux retirent la garde de ses enfants à Caroline, alors que Jim s'en réjouis plutôt (The Kids, guitare et basse parfaites, puis les cris déchirants des gosses). Caroline ne supportais plus le choc, elle s'est taillé les veines mais Jim ne semble pas boulversé pas sa mort (The Bed, guitare hanté, un des plus beaux morceaux du disque). Tout cela se termine par un constat chocant de froideur et d'amèrtume de Jim (Sad Song, orchestration somptueuse). Et voilà. Lou Reed avait déjà composé des chansons désésperantes dans le passé et en composerais d'autres dans le future. Mais Berlin restera pour toujours son oeuvre la plus amère, déprimante et désenchantée. Surtout, c'est encore en 2003 son disque le plus beau, poignant et accompli.
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16 internautes sur 18 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Berlin en flammes, 13 septembre 2004
C'est en 73 que Lou Reed sort ce qui deviendra son "monstre" : Berlin, 3eme album solo, ultime excroisance d'une année glam à la décadence affichée (Raw Power,Alladin Sane...), véritable péplum sonore à la gloire de la haine et du dégout.les thèmes abordés sont d'une gaietés confondante : suicide,drogue,desastre amoureux et haine froide.Pour illustrer ce charmant tableau, le producteur Bob Ezrin(qui plus tard produira The Wall) est convié, emmenant avec lui les musiciens/vandales d'Alice Cooper, comme par l'odeur de souffre alléchés.Tout ce petit monde s'applique durant des mois en studio pour créer un son immense, écrasant du fond duquel surgit la voix blasée et fétide du grand méchant Lou.Un lou qui ressemblait plus à un raton-laveur à l'époque à cause de son maquillage gothique... Mais rien de tout cela dans ce disque.à vrai dire il se doit d'être écouté sans tenir compte de la pochette(différente de celle souhaitée par Reed),ni des courants musicaux(pas de glam ici).Il faut se retrouver seul face à cette production inimitable(appelée "cinema mental" par Ezrin),cette vision de la vie cauchemardeque(à un tel point qu'on frôle le burlesque quelquefois),et surtout cette histoire terrible : la déchéance de Jim et Caroline,deux junkies en perdition,dans un Berlin baroque et cruel.Non,reed ne s'est pas inspiré de Ziggy Stardust pour son histoire.Et pour une fois,le caméléon rouquin a préféré ne pas suivre Lou Reed dans une entreprise aussi périlleuse...Il faut dire que si l'album est une réussite(si tant est que le but voulu par ses créteurs était de nous dégouter de la vie),Reed et Ezrin en sortiront épuisés mentalement,seront incompris par la presse et par le public,et ne pourront pas présenter l'album dans sa version double lp,ce qui les forcera à réduire les chansons.Un disque en forme de descente aux enfers,qu'on peut rapprocher d'oeuvres terminales comme Mellon Collie des Smashing ou justement The Wall.Un disque qui a bien failli s'ajouter au tableau des chef-d'oeuvres perdus du rock tels "Smile".
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