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16 internautes sur 16 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
ce disque peut changer votre vie (enfin presque), 18 septembre 2006
Que dire pour décrire un disque aussi incroyable? C'est le chef-d'oeuvre d'un groupe qui ne ressemble à aucun autre. Can télescope rock (tendance dure et sombre à la Velvet, avec une pointe de blues-rock acide façon San Francisco parfois), jazz contemporain, musiques électroacoustiques et électroniques d'avant-garde, funk et musiques bientôt dites "du monde", avec un flair et un sens de l'anticipation inégalables. C'est du rock expérimental qui - souvent - fait danser; un groupe de rock expérimental cité en référence par quasiment tous les acteurs majeurs de la pop des 25 dernières années, de Sonic Youth à l'électro en passant par Radiohead ou Primal Scream ; un groupe "progressif" tellement cool et radical que Johnny Rotten, sortant des Sex Pistols, s'était proposé pour être leur chanteur!
Can est sans doute le meilleur de tous ces groupes allemands qui révolutionnèrent le rock au début des années 70 par une conception novatrice de la répétition et l'accent mis sur le travail des timbres, sur le son lui-même. Le groupe se distingue, au-delà de ça, par une section rythmique absolument hors normes (écoutez, et après vous serez obsédé par un type qui s'appelle Jaki Liebezeit), et plus généralement par sa capacité phénoménale à improviser collectivement - sans solos ostentatoires - comme un seul organisme d'une immense vitalité. "Tago Mago" est une sorte de work in progress de tous les instants, auquel chacun contribue de façon équilibrée - à ceci près que cet album, enregistré sur 2 pistes (!), est aussi le fruit d'un formidable travail de montage, réalisé par le bassiste Holger Czukay à partir des jams dans le studio. Cette formule n'est peut-être nulle part aussi parfaite que dans le double album que voici, qui est aussi l'un des plus sombres et hypnotiques qu'ils aient réalisés (voir "Future Days" pour un opus tout aussi envoûtant mais plus "léger").
Les quatres premiers morceaux sont donc à la fois des chansons (servies par la voix immatérielle et troublante du Japonais Damo Suzuki, un des personnages les plus hauts en couleur de l'histoire du rock), des jams, et des compositions sonores hautement structurées. Signalons sur la première face de magnifiques dialogues survoltés entre les guitares de Michael Karoli et les claviers d'Irmin Schmidt ("Paperhouse", "Oh Yeah"), ainsi que le petit chef-d'oeuvre de minimalisme ténébreux qu'est "Mushroom", qui regarde du côté de Joy Division et au-delà. Ca se complique encore avec "Halleluhwah", groove cyclopéen de dix-huit minutes construit sur une cellule rythmique implacable, sur laquelle viennent se greffer le proto-rap de Suzuki, toutes sortes d'effets d'écho et de guitares dissonantes, de micro-riffs funky et de phrasés blues acides, avant de plonger dans un grand tourbillon de claviers d'avant-garde qui sont au rock ce que "2001" est au cinéma. Après - oui, après ça se corse, parce qu'on en a pour une demi-heure d'expérimentalisme pur et dur avant de retrouver les guitares de "Bring Me Coffee and Tea", un morceau final qui annonce directement Radiohead, en plus aérien). Mais ces deux morceaux d'avant-garde, s'ils sont d'accès difficile, sont néanmoins incroyables. On est en pleine apesanteur, entre silence et hurlements, dans un vaste bain d'échos traversé de sons électroniquement triturés, de percussions orientalisantes, de solos de batterie africanisants, de cyberfunk et de free-jazz. C'est la formule du reste de l'album, poussée à l'extrême: une musique radicale, sans concessions et terriblement aventureuse, mais mue par une pulsation cosmique irrésistible qui la met définitivement à part des groupes d'"avant-garde" anglo-saxons. Toutes les autres tentatives de ce genre font pâle figure en comparaison. Certainement un des 10 meilleurs albums de rock de tous es temps, quels que soient les autres.
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13 internautes sur 14 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
le chef d'oeuvre du rock choucroute, 3 août 2006
Can, le groupe monument du Krautrock nous livre ici sa plus belle merveille.
Après le départ du chanteur Malcom Mooney, l'on pouvait à l'époque se demander si le groupe ne perdrait pas de sa superbe. Cet album est la preuve que le succès du groupe était dû à un collectif de musiciens compositeurs hors pairs (Karoli, Czukay, Liebezeit, Schmidt et le nouveau chanteur Suzuki) qui signe ensemble chaque morceaux de cette merveille à la structure parfaite.
Les trois premiers morceaux (Paperhouse, Mushroom, Oh Yeah) occupent les vingt premières minutes de l'album. Le rythme monte peu à peu en intensité avec la rythmique tribale caractéristique basse-batterie saupoudré de claviers et de guitares aux sons distordus et lancinants. Damo Suzuki laisse exprimer sa voix torturé entre complainte et éclat sauvage.
Ensuite vient le morceau "Halleluwah" (le plus long de l'album avec ses 18 minutes30)qui reprend les caractéristiques des premières plages de l'album. Cependant la rythmique monumentale, le chant et les envolées de la guitare et du claviers sont poussés à leur paroxysme. "Halleluwah" se transforme bien vite en véritable hymne incantatoire nous ouvrant les portes sur un monde auditif jusque là inconnu.
Pas de repos pour les sens, les 2 plages suivantes nous plonge encore plus loin dans ce monde qui vient de s'ouvrir. "Aumgn" (17min 20) se révèle également un morceau incantatoire entre Tibet et LSD; tandis que les effets psychédéliques de "Peking 0" (11 minutes 35) sonnent comme l'aboutissement des recheches musicales du groupe sur cet album.
Pourtant Can, ne nous laisse pas plonger dans les méandres du psychédélisme. "Bring Me Coffee or Tea" nous ramène à la surface par sa douceur et sa sérénité.
Tago-Mago est certainement l'album le plus aboutit de l'ère psychédélique. Tandis que Pink Floyd s'enferme dans le rock planant easy-listening, les membres de Can nous offre un album inclassable, à posséder (et qui nous possède) dans toutes grandes discothèques du rock.
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5 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Mon disque de chevet, carrément, 7 février 2007
Aumgn", "Peking O", "Mushroom" ("One eyed soul, mushroom head, I was born, and I was dead") et "Halleluwah", que des grands morceaux du répertoire canien. Un double album absolument vital, un des disques les plus beaux et les plus importants du rock, et du krautrock (rock allemand).
"Aumgn" et "Peking O" sont absolument déjantées, "Peking O", surtout, avec ces délires vocaux absolument incroyables et impossibles à expliquer...Le morceau qui marque le plus ? "Aumgn", très sobre et morne, 17,30 minutes glaçantes. Le plus réussi ? "Halleluwah", 18,30 minutes (situé juste avant "Aumgn" et les 11,30 minutes de "Peking O" !!) de rock expérimental absolument fantastique, et, pour le coup, plus chaleureux que le reste du skeud ("Paperhouse", le morceau d'ouverture, excepté).
Ce disque est un mètre-étalon de la musique moderne, les amateurs de 'Easy listening' risquent fort d'être abasourdis et rebutés (du moins, au début) pour finir par être sous le charme. Pour ma part, mon disque de chevet, carrément, un de ces (très très rares) albums qui ont toujours quelque chose à révèler, jamais totalement explorés...
Une splendeur.
Une véritable splendeur.
Que dire d'autre après avoir entendu ça ? 73,30 minutes de musique aussi hors normes et 'addictive' que le "Kind of blue" de Miles Davis et le "Hot rats" de Frank Zappa.
Seul reproche, qui n'a rien à voir avec la musique : on trouve difficilement ce disque, après de longues recherches. Et la réédition SACD de 2004 n'est pas lisible sur tous les lecteurs (exceptés les lecteurs d'ordinateurs, et ceux qui prennent le SACD).
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