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7 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5
3) HOUSE, 16 novembre 2009
C'est dans les clubs "underground", au milieu des années 80, que la house va naturellement prendre le relais du funk et du disco finissants, devenant ainsi le style de prédilection des boites de nuit. Pour Farley "Jackmaster" Funk, il n'y a pas de grande différence entre house et disco ("On entend mieux la grosse caisse, c'est tout"). On peut toutefois dire que si la house reprend certains ingrédients du disco (les rythmes répétitifs, les sons électroniques, décuplés par l'utilisation des nouvelles technologies), elle en rejette les aspects plus commerciaux, en particulier le côté aseptisé et superficiel. La house se différencie des autres formes de dance music par l'accent mis sur le chant et les claviers, au détriment de la section rythmique. Il est communément admis que le premier disque de house music est "On & On" de Jesse Saunders, publié en 1983. Mais il faut revenir sur le rôle primordial joué par deux DJ, les premiers grands DJ de l'histoire.
Frankie Knuckles, DJ résident du club gay de Chicago le "Warehouse" (le nom de la house vient de là) de 1977 à 1983, posera les bases de ce nouveau style musical. Grand amateur de Philly Sound, mais prêtant aussi une oreille attentive à l'italo-disco, à la synth-pop européenne et à l'électro d'Afrika Bambaataa et de Kraftwerk, il a l'idée d'enrichir ses mixes d'une boite à rythmes, durcissant ainsi le son. Ses talents de DJ et ses techniques de mix inédites et virtuoses feront le reste.
Parallèlement, Larry Levan, DJ résident au "Garage" de New York (mais aussi Tony Humphries au "Zanzibar Club", New Jersey) continuera tout au long des années 80 à mettre le disco à l'honneur et proposera une programmation musicale plus "authentique" et "humaine" que la house, un style bientôt baptisé "garage". L'instrumentation se veut plus organique et les influences jazz, soul, et gospel plus marquées. Levan meurt du Sida en 1992 mais Blaze (Basic Blaze), Masters At Work et des labels comme Strictly Rhythm, Nu Groove ou Slip N'Side reprendront le flambeau du garage.
A partir de là, de nombreux jeunes compositeurs chicagoans vont produire leurs démos chez eux, investissant leurs économies dans l'achat de machines pour assouvir leur passion. Ils écriront les plus belles pages de cette musique, composant les classiques du genre dont les plus marquants sont judicieusement compilés par The Sound Of Chicago House (1985-2006) ou Trax Records (parmi des dizaines et des dizaines de compilations). Il faut savoir que ces producteurs furent floués par les deux grands labels, Trax Records et DJ International, formés sur le tard. La plupart émigreront vers New York pour profiter de leur gloire naissante à Londres, Paris ou Berlin. Car paradoxalement, cette musique de minorités (afro-américaine et gay), cantonnée dans les quartiers pauvres de Chicago, de Detroit (avec entre autres Moodymann - Silentintroduction et Theo Parrish) ou dans quelques clubs de New York, rencontrera moins de succès dans son pays d'origine qu'en Europe, où elle va littéralement exploser. D'abord en Angleterre en 1987-1988 (Summer Of Love), en grande partie grâce à l'Haçienda, club de Manchester détenu par Factory et le groupe New Order (où mixait l'alors inconnu Laurent Garnier sous le pseudo DJ Pedro) puis dans le reste du Vieux Continent. La Grande-Bretagne (S-Xpress, M/A/R/S/S, 808 State, Basement Jaxx, Herbert) et la France (Daft Punk - Homework, Cassius, Etienne de Crécy - Pansoul et Superdiscount) développeront alors leur propre scène house.
Comme tout grand courant musical, la house va se diversifier en de multiples sous-branches, dont certaines très caractéristiques. La deep house (Fingers Inc., Lil' Louis - From The Mind Of Lil' Louis), chaleureuse, très teintée de soul et qui met en avant la voix (chanteurs/euses formé(e)s à l'école du gospel ou du disco) et un message humaniste, favorise un sentiment d'euphorie à l'écoute. L'acid house quand à elle est due à l'utilisation d'une machine particulière : la TB 303 de Roland, générant un son reconnaissable entre mille. D'autres sous-familles, assez commerciales et principalement britanniques apparaîtront aussi. Ainsi, la progressive house (Underworld, Fluke, Leftfield) est caractérisée par l'influence du dub, des colorations psychédéliques et un grand foisonnement de percussions tandis que l'UK Garage (MJ Cole, Ms Dynamite) célèbre la rencontre entre la house et les rythmiques jungle. Quand à la tech-house (The Shamen, Inner City - Paradise), comme son nom l'indique, elle marie séquences programmées de la techno et rythmes légers de la house. On pourrait aussi citer la micro-house (minimale), la jazz-house, etc....
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