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43 internautes sur 44 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Brel en 5.1 ! Hommage !, 27 septembre 2004
Si le rock est la musique qui exprime le mieux la révolte et la subversion, le rejet du conformisme, de l'hypocrisie et de la morale bourgeoise, alors Brel (avec Brassens) est notre plus grand chanteur de rock. N'en déplaise à Johnny Halliday - franchement vous imaginez Brel aller chanter pour Bernadette Chirac ? Cet album est le chant du cygne de Brel. Peut-être son plus beau. La présence de chansons drôlatiques (le lion, Les remparts de Varsovie) n'empêche pas que la tonalité générale de l'album est sombre et hanté par la mort approchant (Vieillir, Jojo, les Marquises). Brel y règle une dernière fois ses comptes avec les Flamands au travers d'un pamphlet particulièrement acerbe et enlevé (ce qui lui vaudra un procès d'associations flamandes) sur une musique de Caetono Veloso. L'album s'ouvre sur Jaurès - une de ses chansons les plus engagées politiquement et socialement, qui est comme un testament et une supplique aux générations futures, se terminant par ses mots "demandez-vous belle jeunesse... pourquoi ont-ils tué Jaurès". Question toujours brûlante d'actualité pour notre époque si va-t-en guerre et à la misère galopante... Brel savait sa fin proche en raison du cancer des poumons qui le rongeait. Le disque a été enregistré dans un état d'urgence ; les séances avaient lieu très tôt le matin, car Brel n'était pas en état de chanter après une certaine heure. Pressé par le temps, François Rauber a écrit l'arrangement des Marquises en une nuit, et c'est un de ses plus beaux par sa force d'évocation, son caractère impressionniste et l'alliance parfaite aux mots de Brel. On pourrait mentionner également 'La ville s'endormait", chef d'oeuvre de poésie et de musique, avec son arrangement crépusculaire. J'en profite pour dire un petit mot sur François Rauber, disparu l'hiver dernier. Brel n'aurait pas été Brel sans Rauber, et l'oeuvre de Brel est le résultat d'une alliance et d'une amitié de longue date et doit beaucoup à Rauber - ainsi qu'à son pianiste Gérard Jouannest. Rauber a été l'arrangeur de Brel durant toute sa carrière, et nous lui devons toutes ses orchestrations géniales qui ont magnifiquement mise en valeur la poesie de Brel. Et il faut dire que cette nouvelle remasterisation rend enfin hommage au travail et aux orchestrations de Rauber. Les anciennes éditions de Brel en cd qui ont sévi pendant si longtemps étaient vraiment ignobles : orchestre plat, sans dynamique, sans présence, avec la voix de Brel qui flottait par dessus. Les vinyles étaient bien meilleurs ! Mais alors là, avec cette remasterisation et en plus le mixage en 5.1, on redécouvre un disque mille fois écoutés. L'orchestre est là en chair et en os, merveilleux dans ses moindres détails et dans sa musicalité. La voix de Brel a une présence saisissante, et ce mixage lui restitue toute la richesse de son timbre et de son interprétation. Près de trente ans après sa mort, il était temps qu'une édition en CD témoigne enfin correctement de l'oeuvre de Brel. Toute son oeuvre a été remasterisée et est déjà disponible en cd stéréo "normal". Tant mieux. J'espère qu'elle fera aussi l'objet d'un pressage SACD multichannels tant celui-ci est une réussite et fait saliver pour le reste.
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19 internautes sur 21 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Adieu l'artiste, 27 septembre 2003
Cela faisait bien longtemps que l'ami Brel n'avait pas fait parlé de lui... Depuis la comédie musicale « L'homme de la Mancha » et l'album « J'arrive », le chanteur belge avait décidé, après s'être brièvement consacré au cinéma, de vivre plus librement, de se complaire dans une existence plus calme. C'est pour cette raison qu'il élut domicile sur les Îles Marquises, au bout du monde et loin de tout, jouissant pleinement de ses nouvelles acquisitions : un voilier et un petit avion personnel... Mais son goût de l'écriture ne disparu jamais, et c'est en 1977 qu'il rentre à Paris pour enregistrer de nouvelles chansons : ce sera « Les Marquises », album testament, sombre et merveilleux, comprenant douze compostions toutes aussi géniales les unes que les autres (à l'exception des « Flamingants », qui contraste un peu avec la perfection générale). Brel a perdu un poumon, Brel souffre mais son chant est plus beau et plus vibrant que jamais, et ses textes atteignent des sommets : chansons semi-engagées (« Jaurès », « les Flamingants », chansons d'amour (l'inoubliable « Orly » et « Jojo », l'adieu à un ami), compositions poétiques et complexes (« La ville s'endormait », « Les Marquises ») et même humoristiques (« Les remparts de Varsovie », « Le lion »)... Mais la mort plane également au-dessus de cet album noir avec « Vieillir » bien sûr, « Voir un ami pleurer » et dans une certaine mesure « Le bon Dieu »... Les arrangements sont variés : de la simple guitare sèche au saxophone, du piano à la batterie en passant par l'accordéon, « Les Marquises » s'avère un album moderne et qui, aujourd'hui encore, n'a pas pris une ride, à l'inverse des tout premiers disques de Brel. Que vous dire de plus : achetez ce chef-d'œuvre et appréciez vous-même, car les mots ne suffisent pas pour décrire tout ce qu'il peut dégager... C'est le dernier, mais peut-être bien le meilleur Brel. (Et préférez cette édition originale-là, rien que pour la beauté de la pochette !)
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5 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Sa nouvelle adresse., 30 août 2009
Brel ne tourne déjà plus que sur un seul cylindre quand il entame cet enregistrement. A-t-il conscience de graver son testament? Pas sûr et bien que la couleur générale de l'album soit assez sombre,les nombreuses pitreries qui émaillent le disque infirmeraient plutôt ce constat( Le Lion,Les Remparts de Varsovie,Knokke-le-zoute Tango).
Dés le départ,"Jaurés" surprend par son engagement inhabituel,sur fond d'accordéon plaintif(merci Marcel!)
"La ville s'endormait",un des plus beau texte de Brel,à la limite de l'impressionnisme ou de Turner plutôt ("sur le fleuve en amont un coin de ciel brûlait"). Musique sublime, arrangements grandioses,merci Gérard.
"Le Bon Dieu",très beau texte,jolie mélodie un peu gâchée par l'orchestration à la Francis Lai(ou Charly Oleg?)
"Orly" théatrale et dramatique,c'est l'acteur qui chante!Peut-être parce qu'il en parle,on trouve une similitude de diction avec Bécaud (Nathalie). Le chant de la déchirure,comme du Lelouch réussi (je sais ça s'appelle du Truffaut).
"Jojo".Sur un arpège de guitare d'une simplicité éblouissante(la mineur,mi majeur,do majeur) Brel rend hommage à son vieux pote disparu.
Quand il pose le premier"jojo!" sur la guitare,tout est dit,il pourrait s'arrêter là,tant il y a de force et de conviction dans ce "jojo" là!
"Les Marquises", chef-d'oeuvre de minimalisme orchestral,les pizzicati des cordes commes des gouttes de pluies, Brel entre définitivement dans le Panthéon des poètes (les décors sont de Paul Gauguin).
Quand j'écoute les marquises, je pense hélas aussi à ce cher "antoine",qui a vendu la maladie de Brel aux médias,histoire de le remercier pour son invitation sur l'"Askoy". Puisse-t-il croupir à jamais,mangé de honte derrière sa barbe vermineuse, au fond de son atoll.
Heureusement Pierre Perret rendra au grand Jacques un poignant hommage dans "Ma Nouvelle Adresse".
Il ne fait pas bon vieillir ou voir un ami pleurer.
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