Commentaires client les plus utiles
|
|
32 internautes sur 34 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
L'Homme Qui Se Vendit Au Monde., 8 mars 2004
« The Man Who Sold The World »* est la deuxième collaboration avec le producteur Tony Visconti (qui produit également Tyrannosaurus Rex**) ; le travail de Visconti s'avèrera considérable sur ce troisième opus de David Bowie : en plus de ses fonctions de production, il y contribuera d'une part en tant que bassiste (son instrument de prédilection), d'autre part en tant qu'arrangeur en compagnie de Mick Ronson*** à partir des mélodies et grilles d'accords fournis par David qui ne se rend aux studios que par intermittence (en partie pour des raisons personnelles dont une d'importance : son récent mariage avec Angie). Mais si David travaille « à l'arrache » sur l'album, dont il écrit les paroles assis dans un coin du local (à l'inspiration du moment comme il le fera souvent) et enregistre les parties vocales en une seule journée, cela ne s'en ressent nullement sur la qualité générale des différents titres.Pour ce qui est des textes, dont nombres sont parmi les plus inspirés de David, Bowie puise tout autant dans sa vie privée dans ce qu'elle a de plus tourmentée (père décédé, mère sévère, frère interné****, séparation d'avec son ancien manager Ken Pitt, abus de haschisch,...) que dans ses diverses lectures (« Le Prophète » de Khalil Gibran, « Also Spratch Zarathustra de Nietzsche, divers écrivains de Science-Fiction dont peut-être Robert Heinlein auteur de « The Man Who Sold The Moon » et Murray Leinster auteur de la nouvelle « A Logic Named Joe »). David nous fait ainsi évoluer dans un monde angoissé et violent : voyage intérieur et rencontre avec « un monstre qui n'est autre que moi-même » dans « The Width Of A Circle », internement dans « une maison froide et grise » dans « All The Madmen », l'insaisissable et optimiste ( ?) « Black Country Rock » au son très Bolan ne semble pas vraiment à sa place sur cet album, thème existentialiste désabusé avec « After All », histoire d'un soldat victime du « Running Gun Blues » qui revient de la guerre (du Vietnam ?) et qui a l'intention de faire un carton sur tout ce qui bouge car on « lui a laissé sa carabine », « Saviour Machine » nous parle du rêve de President Joe sur une machine à la panacée universelle qui en donnant le bonheur total à l'humanité transformerait cette dernière en troupeau asservi et méprisable, dans « She Shook Me Cold » Bowie nous parle d'une entité féminine qui l'a subjugué et annihilé sa volonté (une/sa femme, la drogue ?), le grand classique « The Man Who Sold The World » nous permet de rencontrer le solitaire « homme qui vendît le Monde », l'album se terminant avec la chanson « The Supermen »***** qui narre la vie triste et éternelle de créatures supérieures ne rêvant que d'une seule et unique chose : la mortalité. Quant au son, hormis « After All » et «The Man Who Sold The World » (singles potentiels), la production de Tony Visconti est très marquée « heavy » (style musical datant fin 60 début 70 popularisé par des groupes tels que Black Sabbath, Blue Cheer, Hawkwind et Uriah Heep, pour ne citer qu'eux), Mick Ronson ayant demandé à Visconti « d'emprunter » le jeu de basse de Jack Bruce du groupe Cream (guitariste : Eric Clapton, batteur : Ginger Baker), pendant anglais du « son » Hendrix. L'ajout de l'étrangeté du synthétiseur, très rare à l'époque, et d'un maniérisme volontiers grandiloquent et « wagnérien » donneront une touche progressive et futuriste à l'ensemble qui fait de « The Man Who Sold The World » l'un des albums les plus S-F de David Bowie et de toute l'histoire de la Rock Music. Poussé par son nouveau management très ambitieux (peut-être plus que leur poulain) qui organise un « plan communication » surtout tourné vers les U.S.A., Bowie se rend donc principalement en Amérique à sa plus grande joie car il est fasciné par ce pays et certains de ses artistes (Dylan, Kazan, Kerouac, Sinatra, Stooges, Velvet Underground, Warhol...). Voilà les diverses influences d'un David Bowie qui commence à goûter au plaisir du succès et dont on retrouvera la quintessence sur l'album suivant intitulé « Hunky Dory », expression signifiant « tout va bien », en somme. Le Coin du Collector : *L'édition originale chez Mercury existe en 3 pochettes : la célèbre « drag cover » pour l'Angleterre où l'on voit Bowie habillé en femme nonchalamment allongé sur un canapé, la pochette US est un dessin style B.D. sur lequel figure le personnage de la chanson « Running Gun Blues » se tenant devant « Cane Hill » (lieu de séjour psychiatrique de son frère Terry ) et pour l'Allemagne de l'Ouest ce fut aussi un dessin S-F avec une pochette ronde qui s'ouvre pour faire un poster. RCA rééditera l'album en 1972 avec une pochette en noir et blanc époque « Ziggy ». **groupe avec Marc Bolan, ami et « concurrent » de Bowie, qui deviendra par la suite T-Rex toujours produit par Visconti. ***futur « Spider From Mars », membre fondateur de « The rats », qui entrera dans la légende comme guitariste de « Ziggy Stardust » et arrangeur émérite de Bowie sur la période « glam ». ****Terry Jones, frère aîné de David, qui se donnera la mort en se jetant sous les roues d'un train. Terry a fait découvrir la lecture et la musique venant d'Amérique a son petit frère qui lui consacrera au moins trois chansons : « All The Madmen », "The Bewlay Brothers », « Jump (They Say) ». *****une version alternative de « The Supermen » a été enregistrée pour l'album commémoratif du festival de Glastonbury de 1971. « Memory Of A Free Festival » (de l'album « David Bowie », 1969) est réenregistrée avec Ronson dans une version « heavy » et sortira deux parties sur un single paru en 1970.
|
|
|
10 internautes sur 12 ont trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5
Bientôt la maturité..., 10 novembre 2002
Cet album de David Bowie n'est pas très connu. Sa petite popularité vient plus de sa pochette censurée que de sa musique, pourtant d'un bon niveau général. En effet, il n'est pas facile de succéder à un album comme "Space oddity" avec son tube ultra-planétaire, si j'ose dire... Dans ce "Man who sold the world", David Bowie devient lpus rock n' roll, un peu plus lourd et moins folk, les arrivées de Mick Ronson et de Mick Woodmansey n'y sont pas pour rien dans ces changements. Les atmosphères propres à Bowie sont présentes, tout comme savoix toute pleine de naïveté. L'album comporte quand même des titres assez dispensables à mon avis ("After all" et "Saviour machine" principalement) sans aucune comparaison possible avec les joyaux que sont "The width of a circle", "All the madmen", "The supermen" ou encore "The man who sold the world" qui donne son titre à l'album et qui a été popularisé il y a de cela une petite dizaine d'années déjà grâce à Nirvana. L'ascension de Bowie ne fait que commencer, et cet album prépare le futur chef d'oeuvre que sera l'année suivante l'exceptionnel "Hunky dory".
|
|
|
2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5
FAROUCHE, 12 septembre 2008
Troisième volet des aventures d'un David Bowie qui se cherche encore, The Man Who Sold The World est un album qui s'avère souvent plus connu pour sa pochette que pour les divers courants qui en font un objet tendu vers le futur. Sans aucun doute plus homogène que ses prédécesseurs, affirmant de réels traits de caractère, ce disque n'est pas à prendre à la légère car il contient déjà les recettes et fruits défendus qui feront le Ziggy de demain. Orientés heavy pour coller à la tendance du moment, si la plupart des morceaux s'emploient à fouiller dans la vie personnelle de leur créateur, les diverses formules utilisées ici affirment, sans nulle doute, les prétentions à venir d'un glam rock à multiples paillettes.
Allongé, look de drag queen hypothétique nous proposant l'incarnation parfaite d'un rock en plein trouble, si Bowie semble avoir les cartes en main de son avenir androgyne, au niveau musical comme de l'interprétation, ses intentions aussi deviennent plus claires : avant tout, surprendre, se jouer de l'envers du décor, faire de l'étrangeté sa particularité. Si pour cela, toutes les inflexions électriques ou vocales qui habillent cette performance semblent d'un à propos, d'un intérêt discographique non négligeable, c'est principalement à l'écoute de trois titres d'une audace plus colorée - The Width of a Circle - The Man Who Sold The World - All The Madmen - que se précise le destin du prochain leader des araignées de mars.
A l'époque, Bowie est amoureux et les séquences studio sont vite expédiées, ce qui laisse une large plage de créativité au duo Tony Visconti et Mick Ronson. Tandis que sous la responsabilité du premier, production, basse, ainsi que piano en dessinent le relief, pour le second, qui restera avec notre visionnaire excentrique jusqu'à l'album Pin Ups, c'est sous une fièvre de guitares flamboyantes que doit s'inscrire ce disque. Une fièvre, mais pas n'importe laquelle. Plutôt une température choisie, influencée par les accords trempés d'urgence d'un certain dirigeable en pleine ascension. Réalisée sous l'emprise d'un tel cahier des charges, la performance n'en est que plus arrogante de créativité et s'impose, en premier lieu, par sa dimension historique.
Antichambre d'une épopée glam qui connaîtra son apogée lors de l'arrivée sur terre d'un singulier alien, David Bowie profile son image, mais ne séduit pas encore les foules. Malgré plusieurs textes à fleur de peau mélangeant science-fiction, crise existentielle ou folie curieuse, ce disque ne recueillera musicalement qu'un succès d'estime, alors que le scandale du à son visuel en fera une sorte d'icône. Néanmoins, quelques détails survivent encore largement à celui-ci. Comme cette façon de chanter, cette voix affectée que l'on retrouvera en d'autres occasions.
|
|
|
Commentaires client les plus récents
|