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18 internautes sur 19 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Jetez-vous dans le vide !, 28 juillet 2003
Pour moi, cette oeuvre est saisissante de beauté. Une beauté fuyante, qui vous appelle comme une sirène, car lorsque Miles réunit cette clique de musiciens de haut rang (John McLaughlin, chick Corea, Jack de Johnette, Dave Holland, Wayne Shorter, Joe Zawinul, excusez du peu !!), c'est bel et bien pour enregistrer le processus même de découverte : ces talentueux voltigeurs se lancent dans l'inconnu, voguent sur une musique inexplorée, en gestation, une mer bouillonnante, qu'ils ne connaissent pas encore eux-mêmes, une terre vierge qui les surprend, et nous donc ! Elle nous emporte dans sa fougeuse houle ! C'est cette matière fugace, cette essence vaporeuse qu'est la quête, la recherche, l'exploration, que Miles a su saisir (ou plutôt retenir un instant, car quoi de plus insaisissable) et qu'il nous livre ici dans un tonnerre électrique. Preuve du foisonnement en présence : les participants de cette rencontre fondront des groupes aussi novateurs que "The Mahavishnu Orchestra" ou "Weather Report".
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11 internautes sur 12 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
UN GENIE EN FUSION, 12 février 2007
Quand Gérard Bertram (à l'époque-fin des annnées 60- guitarise des "Moving Gelatine Plates", idole de la cour du Lycée Condorcet et grand connaisseur de progressive rock) m'a parlé de "Bitches Brew", je me suis dit que cela valait le coup d'être essayé, même si j'adressais mes prières quotidiennes à St Rock.
Ce fut plus qu'une surprise ! ce fut le sentiment de découvrir une "terra incognita" à l'inspiration quasi extra-terrestre.
Ce tournant, dans la carrière de ce géant qu'était Miles Davis, a donné naissance à un branche entière du jazz (jazz-rock ? fusion ? funck jazz ?). On réecoute Bitches Brew aujourd'hui avec presque 40 ans de recul et c'est aussi puissant que la première fois. Le personnel est invraisemblable de qualité (il faudrait les citer tous. Ils sont dans les "sleeve notes"). La musique est cosmique, intersidérale, galactique. Le son de la formation est parfait, la création est là tout le temps, l'impulsion est permanente. Et puis, et puis, il y a cette musicalité "Davis" couplée à un feeling rock pur jus.
Je l'ai dit pour "Kind of Blue" et "In a Silent Way", ça vous laisse sans voix. Posez le CD sur la platine. Dès l'attaque, la magie s'installe. Bienvenue au Club.
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17 internautes sur 21 ont trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5
Prémices électriques, 15 janvier 2001
Ce somptueux double album enregistré dans la même mouvance - et quasiment les mêmes musiciens - que In A Silent Way sonne pourtant très différemment. Coïncidence ou propos délibéré, le disque A est basé sur la même structure temporelle, à savoir deux longs morceaux de plus de 20 minutes chacun.Pharaoh's Dance démarre sur un tempo très rapide. L'atmosphère semble lourde, chargée en électricité. Le climat sonore est plus tourmenté. Tout ici est électrique, trépidant. On évolue dans un semblant de chaos, parfaitement maîtrisé, à l'image d'une civilisation en pleine mutation. Les dissonances, les changements de rythmes illustrent parfaitement les bouleversements sociaux qui sont en train de se produire. Fin des grandes utopies politiques et sociales de l'époque. Les désillusions approchent. Pourtant la musique de Miles Davis n'est pas nihiliste. Loin s'en faut. A ce titre, l'intro (magnifique) de Bitches Brew est révélatrice. La trompette de Miles Davis n'a jamais eu un tel éclat, même si elle semble noyée dans une sorte de désert. Cette trompette, fil conducteur de tout le morceau - à l'image d'un célèbre joueur de flûte - semble servir de phare à tous les musiciens. Spanisk Key inaugure le disque B sur un grondement rythmique omniprésent. Encore une fois, la trompette de Mile Davis déchire ce voile bientôt rejoint par John McLaughlin. Le style de celui-ci préfigure déjà nettement, avec son jeu de guitare flamboyant, ce qui sera l'empreinte sonore du Mahavishnu Orchestra (tendance Bird of Fire) qu'il fondera au début des années 70. En écoutant Miles Runs the Voodoo Down, les bases de tout un courant musical à venir sont jetées. Santuary vient à point refroidir ce bouillonnement intense, cette fusion incandescente avec en ouverture, toujours cette trompette et son feulement magique. Au fait vous ais-je dis que j'adorais ce disque ?
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