Amazon.fr
Même s'il est crédité au trio Fredericks/Goldman/Jones,
Rouge reste bien évidemment, et avant tout, un album de Jean-Jacques Goldman. Dont on comprend bien le souci de filtrer une image immensément populaire au profit d'une approche plus attentive et respectueuse de ses compositions et de leur propos. Ici, à un emballage métallique et pesant correspond un contenu, dense, solide, et finement sculpté. Goldman y atteint une très grande maturité stylistique : l'émotion immense dégagée par les moments de tendresse ("Serre-moi", "Que disent les chansons du monde ?", "Ne lui dis pas") n'a d'égal que la rage insufflée aux rocks les plus saignants. Propos indignés et colères exorcisées sont surlignés avec conviction par les guitares électriques de Michael Jones, Patrice Tison et Goldman lui-même. Le batteur Chris Whitten (qui a joué également avec McCartney) n'est pas en reste pour soutenir avec hargne les rythmiques tendues ("Des Vôtres", "On n'a pas changé"). Le partage des vocaux entre Jones, Carole Fredericks et Goldman n'altère en rien la grande cohésion de l'affaire, bien au contraire, tout comme la participation des choeurs de l'Armée Rouge, singulière et étonnante sur un disque de cette nature. Même si cet album ne regorge pas des énormes tubes auxquels Goldman est abonné, il n'en reste pas moins l'une de ses oeuvres majeures, les plus profondes et les plus éclatantes, couleur d'espoir, de vie et de feu.
--Sylvie Devilette
Platine - Février / mars 1994
Un nouvel album de Goldman est toujours un événement. Y compris dans les hits. Si le titre locomotive, "Rouge" sorti en simple, nous a séduits, c'est malgré une construction musicale des plus hasardeuses. Mais, grâce aux choeurs de l'Armée rouge, la chanson se positionne en challenger de l'"Internationale". Le reste de l'album ? Du JJG classique - très années 80 ("Juste après", "Des vies", "Ne lui dis pas", "Fermer les yeux") - superbe, comparé au FGJ faussement novateur - très années 70 ("On n'a pas changé", "Elle avait 17 ans") - indigeste.