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5.0 étoiles sur 5
FERMEZ LA PORTE EN SORTANT, MERCI..., 2 septembre 2009
The Doors. Ce nom résonne dans les esprits, sans doute davantage que les Stones, ou les Beatles, ou même Led Zep, tant il évoque la grande époque de la musique psychédélique, l'année 67, les capsules d'acide, la fusion du blues, du rock, du jazz, et les performances scéniques en roue libre... Un groupe apprécié des moins jeunes (visez la litote !) comme de la dernière génération, qui a découvert avec ce quatuor californien de quoi illustrer la fameuse devise : sexe & drugs & rock'n'roll, et se donner des frissons pas chers, la nuit au Père Lachaise. Un groupe qui a marqué son temps, et les collègues de l'époque(MC5, Iggy Pop, voir Please Kill Me : L'histoire non censurée du punk racontée par ses acteurs) et à venir, par la liberté et la violence de leurs shows.
Celui qui fit beaucoup pour cette réputation, est le chanteur leader charismatique Jim Morrison, qui partage avec le révolutionnaire Marat le fait d'être mort dans une baignoire. Question sex-appeal, le Roi Lézard se posait là, entre déhanchements lascifs à la Presley, gueule d'amour, provoc' faciles (Iggy, lui, la sort vraiment !), et textes sans ambiguïté. Et qu'importe si très rapidement, perdu dans ses vapeurs éthyliques, le beau Jim n'avait plus trop conscience de ce qu'il chantait, et massacrait ses standards à tour de bras. Ce mec avait un voix, une vraie, magnifique, une présence animale, et avait des trucs à dire. Pas toujours très subtils, mais en tout cas, ce que le public voulait entendre... Mais revenons à l'essentiel. The Doors est un groupe de rock, qui dit groupe, dit musiciens, qui dit rock, dit musique.
Derrière Morrison au chant, Ray Manzarek à l'orgue, Robby Krieger à la guitare et John Densmore, perché haut sur son tabouret de batterie. Individuellement, pas de Keith Moon, de Jimmy Page, ou de Jon Lord... Et pourtant, ça fonctionne. Un vrai son, une cohérence. Et le bassiste ? Y'en a pas. Pas sur scène, en tout cas. D'où ce son, reconnaissable entre mille, Manzarek jouant la basse de la main gauche sur un mini clavier Rhodes, et les lignes d'orgue de la main droite sur son Vox. A l'origine, The Doors jouent un rock un peu garage, un peu psyché, des reprises de blues, le tout mâtiné d'une touche latino, hispanisante, la frontière mexicaine n'est pas loin, le désert, les indiens... On croise aussi des influences européennes, de la poésie déclamée, de la fanfare sur certains titres. Mais toujours, le blues, tapi dans l'ombre qui ne demande qu'à chialer...
Tout ça pour en arriver (enfin...) à LA WOMAN, le plus bluezy des disques des Doors, le dernier aussi, avec un Morrisson christique de 120 kilos, la voix plus profonde que jamais, un son beaucoup plus lourd, une production moins brute (une seconde guitare, un piano, basse). En fait, un disque très loin du son d'origine, et qui pourtant s'inscrit parfaitement dans l'évolution du groupe. On retrouve les morceaux courts (« Hyacinth House »), ou longs (« LA Woman»), les changements de tempos (« L'America »), les ballades jazzy (« Riders ») et des blues impeccables (« Been down so long » , « Cars hiss by my window »)... On sait que peu de titres seront joué sur scène (« Been down so long » sur Live in Boston '70. The complete concerts dans une version rugeuse, à deux guitares) Morrison ayant choisi de s'exiler à Paris, avant même la fin du mixage, rêvant de Rimbaud, de Quartier Latin, de méditations au bras de Liza Blackwell ou d'Agnès Varda.
LA WOMAN reste le dernier des six albums des Doors, dont il serait vain d'essayer de classer du meilleur au moins bon, pour la bonne raison qu'il n'y a pas de moins bon. Il y a les premiers, juvéniles, sauvages, nouveaux, géniaux, et les derniers, maîtrisés, élaborés, superbes, sombres. Et celui-ci ne fait pas exception à une règle : The Doors savaient écrire de superbes chansons. Tous leurs disques regorgent de petits chefs d'oeuvres. Le dépouillement des arrangements rendent ces chansons intemporelles. Elles ne vieilliront pas. Comme leur auteur... C'est là le seul avantage de mourir jeune.
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