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Découvert par 3D de la maison Massive Attack, Day One est la dernière sensation de Melankolik, label des célèbres bristoliens. Avec un tel parrainage, la chance ne pouvait que sourire aux deux surdoués sans complexe, Dany Hardwidge et Phelim Byrne. Le duo élabore une pop postmoderne zébrée de folk, de groove et de hip hop, matériel qu'il peaufine des mois entiers dans le cocoon d'un studio, encouragé par les conseils avisés de Mario Caldato Jr, compagnon de jeux habituel de la galaxie Beastie Boys. Les mélodies de
Ordinary Man ainsi longuement malaxées sortent sublimées par des arrangements originaux. Sur ce tapis moelleux, Dany Hardwidge et Phelim Byrne content des histoires de chômage, de mythomanie, d'amour et d'amitié. Douze chansons pour douze destins ordinaires décrits par des artisans placés volontaires sous la tutelle imaginaire d'aînés illustres tels A tribe Called Quest ou De La Soul. "I'm on my Way and Doin' Fine", disent-ils. Sûr, ils ne pouvaient pas mieux faire.
--Sabrina Silamo
Compact
New Pop - C'est l'une des grosses sensations du moment et, dans un sens, quand on entend de belles ritournelles répétitives comme «I'm In Your Life», on comprend l'excitation de nos amis anglais (entre autres). Ce qui rend plus perplexe, c'est la pauvreté toute relative de l'ensemble des titres déclamés (la majorité de l'album, en réalité), tous construits sur un même moule : une rythmique réduite à sa plus simple expression, souvent une basse bien ronde et grasse, la voix qui raconte son histoire (les textes sont plutôt bien torchés) et quelques bruitages pour mettre en volume le tout (samples de films porno, sonnerie de téléphone, etc.). Et bien sûr, n'exagérons pas, une orchestration suffisamment variée (orgue, violon, etc.) pour que jamais nous ne soyons gagnés par la lassitude. Il est toutefois dommage que Day One tombe si régulièrement dans le ronronnant redondant et joue à cache-cache avec sa machine à créer des mélodies car, quand il ajoute ne serait-ce qu'un brin d'harmonie à son univers rectiligne, tout s'éclaire comme par miracle et les chansons prennent une dimension quasi-intergalactique.