Commentaires client les plus utiles
|
|
60 internautes sur 66 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Une légende du cinéma, 27 février 2004
Quand je dis "cinéma américain", j'entends par là celui de Capra, de Mankiewitz, de Coppola, de John Huston ... et non celui de Jerry Bruckheimer. Je parle de l'art du cadrage, de l'utilisation du plan séquence, de la déconstruction narrative, de l'usage mesuré des effets spéciaux (Citizen Kane est l'un des premiers films à avoir fait d'une maison, en l'occurence le palais de Xanadu, un personnage à part entière, nécessitant par conséquent de filmer une maquette et de faire des plans époustoufflants - ah, le plan séquence traversant la véranda ...)... Bref, on parle ici de cinéma et d'un jeune trublion mégalomane de 25 ans qui pensait faire le meilleur film du monde et qui n'était peut-être pas loin d'avoir raison.Quelque soit l'âge ou le moment où vous verrez CK, vous vous en souviendrez longtemps. Moi, j'avais 19 ans, c'était au Champollion, salle mythique de Paris avec son plafond façon ciel étoilé, sa vieille ouvreuse polonaise machonnant une cigarette et bougonneuse. Je connaissais pas grand chose au cinéma, je ne comprenais pas bien ce que "mise en scène" voulait dire et ne voyait pas pourquoi il fallait s'extasier sur des mouvements de caméra. En sortant, j'avais appris deux ou trois trucs sur le cinéma et avais surtout appris à reconnaître les grands films. Merci Mr Welles!
Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
Avez-vous trouvé ce commentaire utile ?
|
|
|
|
|
|
19 internautes sur 21 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
LE Chef d'Oeuvre, 16 décembre 2006
Un milliardaire américain, Charles Foster Kane, empereur de la presse du pays, meurs en prononçant ce mot énigmatique : Rosebud (Bouton de Rose). Des journalistes chargés de faire sa biographie sur pellicule s'interroge sur la signification de ce mot, l'un d'entre eux décide donc de mener son enquête, interrogeant les différentes personnes ayant fait parti de la vie de Kane.
Si ce film a acquis une telle renommée, c'est qu'il a révolutionné le cinéma, rien qu'une des premières séquences, un long pastiche d'une hagiographie journalistique imitée à la perfection, plans courts et percutants, enchaînement de scènes avec fondu, rythme rapide, dès le début Orson Welles en met plein la vue.
La structure du film est également une première, elle est constituée de flashbacks déclenché par les témoignages ou les mémoires de divers personnes, maintenant ce procédé est utilisé partout, mais ce film date de 1941.
Quant à la photographie et le montage, ils sont exceptionnels, une quantité incroyable de plan est à couper le souffle, chaque scène innove : plan-séquences, saut dans le temps sans coupure, cadrages audacieux, jeux de lumières flamboyants, décors somptueux, il y a beaucoup à dire.
Mais le film n'est pas seulement une prouesse au plan technique, c'est aussi une magnifique histoire, celle d'un personnage aux multiples facettes, solitaire, détestable et attachant, incarné également par Orson Welles qui, en plus de dynamiter à la réalisation, est un formidable acteur doté d'une grande prestance dont le jeu évolue suivant les différents passages de la vie de Kane. Les autres acteurs ne sont pas en reste, d'autant plus qu'ils étaient peu connus à l'époque.
Une superbe histoire donc, mais également une véritable charge contre les aspects verreux du système américain, dénonçant le contrôle de l'opinion publique, la corruption et l'écran de fumée du rêve américain et des self-made men, toujours sur un ton ironique, toujours aussi actuel.
Orson Welles réalise l'exploit de faire un film fabuleux sur tous les plans, un film unique qui a marqué le cinéma à tout jamais.
Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
Avez-vous trouvé ce commentaire utile ?
|
|
|
|
|
|
5 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Le coin du spécialiste, 15 avril 2009
Henri Jeanson, Le Canard Enchaîné, 17 juillet 1946 :
"Voici le premier film d'Orson Welles et c'est un chef-d'oeuvre.
Le premier chef-d'oeuvre complet (Charlie Chaplin excepté) que nous ait donné le cinéma parlant. Le triomphe de l'individu sur l'équipe. M. Orson Welles a imaginé une histoire, il l'a écrite, il l'a mise en scène, il l'a jouée. "Il n'y a pas tant de perfection dans les ouvrages composés de plusieurs pièces et faits de la main de divers maîtres, qu'en ceux auxquels un seul a travaillé." Descartes avait raison ...
Jamais M. Orson Welles n'avait mis les pieds à Hollywood. Il a pénétré dans un studio en homme libre. Il apportait ses idées. Simplement. Et il entendait bien ne pas tenir compte des tics, traditions, préjugés, conventions et autres fruits confits de l'expérience. Il a fait tout ce qu'il a voulu, tout ce qui lui passait par la tête. Et d'abord, il ne s'est pas laissé épater par les stars. Il n'a engagé que des acteurs inconnus, mais comme il savait les diriger, il se trouve que ces acteurs inconnus jouent mieux que les vedettes les plus célèbres.
Depuis que le cinéma est cinéma, on construisait des décors sans plafond afin de les éclairer par en haut. Il paraît qu'on ne pouvait pas faire autrement. Alors Orson Welles a mis des plafonds à tous ses décors, et il a posé sa caméra par terre pour qu'on les voie bien, ses plafonds ... Cette innovation qui n'a l'air de rien change complètement l'atmosphère du film ... Que dire de l'enregistrement sonore ? Pour la première fois au cinéma le volume des voix est fonction de la grandeur des décors ...
[...]
M. Orson Welles nous retrace la vie de M. W. R. Hearts, le maître chanteur le plus respecté d'Amérique, le dictateur du trust des journaux, l'Hearst de la calomnie ...
[...]
Ah ! Le beau film ... Et quelle violence, quelle impétuosité, quel dialogue ! Quel ordre dans cet apparent désordre ! Rien qui ne soit concerté, prémédité, organisé ...
M. Hearst a, paraît-il, voulu interdire l'exploitation de ce pamphlet féroce, où l'humour et la cruauté se confondent. Pour la première fois, ce grand carnassier a trouvé en face de lui un monsieur qui lui résistait et qui se fichait complètement de ses menaces, cris, hurlements et autres moyens d'intimidation. M. Hearst a reculé ...
Oui, M. Orson Welles nous donne une triple leçon : une leçon de liberté, une leçon de cinéma et une leçon de courage ...
C'est tout pour aujourd'hui."
Cette citation est extraite du livre Jeanson par Jeanson.
Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
Avez-vous trouvé ce commentaire utile ?
|
|
|
|
|
|
Commentaires client les plus récents
|