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Les destins se croisent, les envies viennent et l'émotion jaillit - voilà ce que j'ai ressenti en 1992 à la Locomotive à Paris. Pearl Jam débarque en plein grunge ambiant avec
Ten, un des grands albums de l'histoire du rock. Cinq galettes studio plus loin, Pearl Jam vit toujours, et se bat contre une musique qui se regarde et s'emballe au moindre clin d'oeil d'une rotation outrancière (pas facile, les Smashing Pumpkins y ont laissé les dents).
Binaural de Pearl Jam recrute Matt Cameron (ex-Soundgarden) et invite Wendy Melvoin (ancien percus de Prince).
Binaural de Pearl Jam c'est "Evacuation", "Nothing As It Seems", "Insignificance", "Grievance", autant de titres qui nous obligent à entrer en résistance.
--Francis Zegut
Compact
Grungerie - La recette commence à être connue, passée et repassée, usée, délavée, transparente même parfois. Pearl Jam qui fait du Pearl Jam qui faisait du Pearl Jam, etc., les bons coups aussi ont une date limite de conservation et là, ça commence à sentir sérieusement le sapin ! Et quand bien même ça cogne fort, on sennuie à la limite du baillement frénétique ! Et la voix toujours aussi chaude -et parfois troublante- de Vedder ny peut rien. Le groupe se prend les pieds dans le tapis poussiéreux de son auto-suffisance, ne sachant pas faire la différence entre un morceau abouti (où ça ?) et un brouhaha en chantier ; plus personne ne semblant capable de faire le ménage entre mélodies accrocheuses (oui, il y en a, mais trop peu) et remplissage nauséeux (il y en a aussi, beaucoup trop). Au revoir, messieurs, la route en votre compagnie fut souvent bien agréable, mais on va vous laisser faire de lauto-stop maintenant, parce que quand yen a marre, yen a marre !...