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10 internautes sur 10 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Un disque incroyablement sous-estimé, 9 juillet 2003
(...) Alors "The Great Escape", simple photocopie (en moins bien) de "Parklife" ? (...) Là ou "Parklife" était un album innocent, joyeux, insouciant et enthousiaste, "The Great Escape" n'est que noirceur et mélancolie. On a l'impression que le groupe a pris dix ans entre ces deux disques. Le poids du succès qui pèse sur les frêles épaules de Damon... La première moitié du disque est effectivement une suite logique de "Parklife", avec un son beaucoup plus riche. Mais à partir du 8e titre, les choses se corsent. Le groupe se libère de quelques tics de jeunesse et commence à explorer des pistes sonores et musicales qui le mèneront tout droit à son hallucinante trilogie actuelle "Blur / 13 / Think Tank" (série en cours) dont on parlera encore dans 20 ans (...). Production riche et originale, compositions étonnantes ("He Thought of Cars", "Mr Robinson's Quango", "Globe Alone"), vraie unité de style, fabuleuses parties instrumentales, c'est avec "The Great Escape" que Blur devient un grand groupe de rock.
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4 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5
Un bon album, sans plus, 27 décembre 2002
Cet album s'inscrit dans la lignée de "Parklife" sans en atteindre pour autant la perfection. Blur nous a concocté des morceaux honorables mais aussi des petites perles comme l'entraînant "Country House" ou le magnifique "The Universal". A écouter absolument : la reprise superbe de "To the end" en duo avec Françoise Hardy, réarrangée pour l'occasion. Bref, pas le meilleur album de Blur mais un bon album quand même.
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5.0 étoiles sur 5
la pop réinventée, 14 août 2009
Après un premier album brit-rock s'inscrivant dans la mouvance de l'époque et incorporant des éléments noisy et dance, mais sans grande originalité, Damon Albarn et son groupe Blur vont s'orienter en 1993 vers une pop nettement plus élaborée et personnelle, et produiront une remarquable trilogie dont "The Great Escape" sera le dernier volet, en forme de volée de bois vert à destination de la classe moyenne aisée anglaise, dont Albarn dénoncera les travers d'une vie selon lui ennuyeuse et sans but (mais n'est-ce pas le cas de toutes les classes moyennes du monde occidental ?).
Toujours est-il que cet album éblouissant, avec ses dix-sept morceaux (même si quinze seulement sont listés au dos de la pochette ou du CD; ces deux titres supplémentaires faisant d'ailleurs plus que bonne figure, terminant l'album avec énergie et brio), démontre une fois encore que ces Anglais sont dotés d'un talent qui confine au génie, en plus d'une rare intelligence.
Comme pour les deux albums précédents, "Modern Life..." et "Parklife", rien à voir ici avec la brit-pop tel qu'on l'entends généralement, car Blur est à vrai dire bien au-dessus des Oasis, Cast, The Verve, Suede ou encore Coldplay, groupes talentueux mais sans génie et surtout bien plus cloisonnés dans un style que D. Albarn et ses acolytes se feront un plaisir de renouveler et de revitaliser tout en l'enrichissant d'apports divers, sans pour autant oublier le passé.
Un sens (une science) remarquable de la mélodie et des arrangements (avec une instrumentation faisant intervenir aussi bien des cordes que de la trompette, de l'orgue ou du piano, sans dédaigner non plus les synthétiseurs), des guitares inventives, acérées, changeantes, virtuoses (Graham Coxon est d'ailleurs l'auteur de plusieurs albums en solo extrêmement intéressants), une voix arrogante juste ce qu'il faut et qui change souvent de registre pour partir dans des aigus irrésistibles, un esprit critique ravageur : ce sont tout ces éléments combinés qui donnent cet incroyable dynamisme, cet étourdissant festival de chansons pop haut de gamme.
Des chansons le plus souvent enlevées, spectaculaires tout en restant naturelles, parfois plus lentes et introspectives, toujours subtiles. Parmi elles, j'ai envie de citer une superbe "Fade Away" et son splendide refrain aux voix haut perchées, "The Universal" et ses cordes, sa trompette, ses choeurs féminins savamment mêlés, "Charmless Man" (une pique envers Morrissey ?), aux voix encore une fois splendides, "Stereotypes" qui démarre l'album de manière percutante, synthétiseurs et guitare électrique mélangés dans des timbres recherchés, "Globe Alone" et son rythme effréné, "Ernold Same", ses violons aigus entrelacés et son rythme de valse, et bien sûr "Country House" gouailleuse et entraînante, l'un des tubes les plus connus du groupe.
Bref, une collection de chansons fabuleuses, produites à la perfection, simples et élaborées à la fois, et un album (à l'instar des deux précédents) qui incarne à la fois une renaissance et une synthèse de la pop anglaise dans ce qu'elle a pu produire de meilleur, toutes époques confondues, et qui, bien plus qu'une fuite, est bien plutôt une libération et un véritable bain de jouvence dont les années 90 avaient bien besoin, et dont on peut penser, au même titre que "Parklife" et "Modern Life Is Rubbish", qu'il résistera sans problème à l'épreuve du temps.
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