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En 1981, lorsque le premier album du Gun Club s'installe dans les bacs des disquaires, Los Angeles est le fief des garçons coiffeurs du hard rock instrumental. Le cataclysme punk semble même un souvenir mérovingien… Pourtant, Jeffrey Lee Pierce et son quartette de zombies nourris aux musiques essentielles (blues, rockabilly, country) est là pour veiller. Et dès cet abrasif premier opus, le Gun Club passe à tabac les saintes écritures du rock'n'roll pour accoucher d'une embardée, foncièrement punk dans les gènes.
Fire Of Love est ainsi l'ovni des années quatre-vingt, une suite bluesy bien cradingue qui prendrait sa source chez les Cramps pour mieux se perdre avec les fantômes de Robert Johnson, Jim Morrison, Son House ou John Fogerty. Et si Nick Cave, Henry Rollins, Blondie, les Red Hot Chilli Peppers, les Replacements, Cocteau Twins, Noir Désir et quelques autres virent en Jeffrey Lee Pierce un génial songwriter mésestimé, il n'est jamais trop tard pour découvrir et plonger dans ce
Feu de l'amour qui ne se consumera évidemment jamais.
--Marc Zisman
Compact
Rock. Il était grand temps de remasteriser et de ressortir cette giclée d'énergie froide et de rock coupant comme une lame de rasoir... Personne n'oubliera jamais Jeffrey Lee Pierce, mais peut-être bien que quelques fans nouveaux et mal informés ont omis de se procurer cet indispensable Fire Of Love, ou peut-être est-il devenu assez dur à dénicher ; en tout cas, un grand bravo des deux mains à Patrick Mathé (s'il pouvait faire la même chose avec les Primevals et les Sirens Of 7th Avenue...) de nous donner à nouveau l'occasion de nous gaver jusqu'à l'overdose de ces "Sex Beat", "Preachin' The Blues", "She's Like Heroïn To Me", "Good Bye Johnny", "Cool Drink Of Water" et autres "For The Love Of Ivy", encore merci ! À noter, pour la petite histoire, que les deux producteurs deviendront célèbres plus tard (enfin, c'est surtout valable pour le deuxième) en tant que leaders incontestés des Divine Horsemen pour Chris D. et des Cruzados-Tito & The Tarentulas pour Tito Larriva.