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Avec ce treizième album, REM se révèle être, son titre y invite, un groupe qui vieillit plutôt bien, comme un grand cru classé. Même s'il n'y a pas de surprise exceptionnelle à attendre de la formation et de ses réalisations bien que son leader, Michael Stipe, sache se montrer ouvert à l'avant-garde des productions électroniques du label Warp,
Reveal accroche, prolongeant le précédent
Up, usant de machines pour seconder l'acoustique d'un combo devenu trio après que le batteur Bill Berry l'eut quitté et dont les guitares de Peter Buck évoquent toujours avec la même ferveur Roger McGuin et les Byrds. Bien que tendu, l'ensemble s'avère plus apaisé que
Up, comme en quête d'une spiritualité nouvelle. L'absence du batteur originel n'est pas ressentie comme une blessure mais bien au contraire comme un nouveau tremplin propice à l'utilisation savante de samples de percussions dont certains ont été apportés par Joey Waronker que l'on connaît pour avoir accompagné Beck. Les trois premiers titres dont le superbe "She Just Wants To Be" sont du grand REM et l'architecture de l'album, puissamment charpentée, apparaît progressivement, au fil des écoutes.
Reveal est un classique de la trempe du
Kid A de Radiohead. Ni plus, ni moins. Et c'est déjà beaucoup.
--Hervé Comte
Compact
Top of the pop. Il y a deux ans, quand un certain Chris G. et R.E.M. sortaient chacun leur
Up respectif, l'accueil fut unanime : novateur, hors-norme, iconoclaste, politiquement incorrect, en un mot : génial. Deux ans plus tard, dans un format plus
compact (trois musiciens seulement d'un côté - comme sur
Up -, quelques pages en moins de l'autre), la créativité fébrile (et réciproquement) demeure. Si on vous le dit !
Après, en vrac, les aventures rock plus brut (
Monster) pop plus folk (
Automatic For The People) ou hi-fi plus low (
New Adventures In Hi-Fi), qu'allaient bien pouvoir atteindre les uniques athéniens afin de nous surprendre à nouveau ? Et bien des rivages plus easy listening (trafiqué) mâtinés de nostalgie plus 60s (finement digérées), figurez-vous ! Pas moins de 21 employés des cordes ont répondu présents à l'appel du trio, histoire d'assaisonner de pincées plus ou moins conséquentes les compositions hautement attachantes du groupe. Comment ne pas fondre immédiatement à l'écoute du sublime, comme par exemple les mélodies à tiroirs de "All The Way To Reno" ou "She Just Wants To Be" ? Stipe, sur ce disque, chante d'une voix qui semble (
) fragilisée, plus hésitante et, du même coup, plus émouvante. Voilà bien un album aérien au sens le plus poétique ou le plus dopé du terme. "Le soleil se reflétait au fond de mon regard/Ma tête s'est cognée contre le ciel" ("Beat A Drum"). Quant à "Imitation of Life", le premier single, c'est un "Shiny Happy People" déglingué, faussement cajoleur et infiniment triste. - 12 titres, 53m43s -