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2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
UNE ADAPTATION TRES REUSSIE DU ROMAN DE DICKENS, 21 novembre 2009
L'adaptation au cinéma du célèbre roman de Charles Dickens, Oliver Twist, est une grande réussite. Le film, qui est très fidèle au roman tout en le condensant et le simplifiant un peu, en présente les mêmes forces et les mêmes faiblesses.Une jeune femme célibataire enceinte (une honte dans l'Angleterre du 19è siècle) parcourt la lande en pleine nuit sous un orage menaçant: tel est le début du film, très bien rendu qui annonce toute la noirceur de l'intrigue qui va suivre. Elle trouve refuge dans un asile pour les pauvres où elle met au monde son enfant. Elle meurt d'épuisement peu après la naissance de son fils que le bedeau bedonnant de la paroisse nomme Oliver Twist. Une employée de l'asile qui l'a veillée s'empare du médaillon en or qui pourrait permettre d'identifier la famille de l'enfant. Oliver Twist doit endurer l'éducation spartiate de l'orphelinat, l'exploitation des enfants par les employés de l'orphelinat qui se gavent alors que les orphelins ne reçoivent qu'une maigre pitance, puis un dur apprentissage à l'âge de 9 ans chez un croque-mort. Maltraité injustement, il s'enfuit à Londres où il tombe sous la coupe de Fagin, le meneur d'une bande d'enfants voleurs exploités. Sa famille arrivera-t-elle à retrouver Oliver Twist?
Le film rend bien l'atmosphère noire du roman, la description des sentiments nobles ou sombres de l'âme humaine à travers les personnages (le bon Mr Browlow, Nancy qui incarne la rédemption) et la critique sociale de la société du 19è siècle caractérisée par l'exploitation des pauvres, la cupidité de certains notamment au sein des classes intermédiaires entre pauvres et riches qui font l'objet de la critique la plus sévère, le fonctionnement expéditif de la justice envers les plus démunis, etc.
Certains rebondissements de l'intrigue sont parfois un peu difficiles à admettre mais sont directement issus du roman qui est fondé sur des coïncidences parfois surprenantes, mais courantes dans les romans anglais de l'époque comme l'explique Laurent Bury, professeur de littérature anglaise à l'université de Lyon 2 dans un bonus du DVD. On a reproché au film de David Lean comme au roman de Dickens de présenter à travers le personnage de Fagin une vision caricaturale du juif. Le film a d'ailleurs dû être amputé de ce fait lors de sa sortie aux Etats-Unis. Dickens a tenté de se racheter en présentant dans l'un de ses derniers romans un personnage juif plus positif.
Le film de David Lean est remarquable par la perfection de l'adaptation du roman, le rendu très sensible des sentiments, l'usage habile du noir et blanc pour transposer la noirceur des évènements ou les quelques moments de bonheur d'Oliver ainsi que par le jeu formidable des acteurs, qu'il s'agisse notamment d'Alec Guiness pour Fagin ou John Howard Davies pour Oliver Twist. Les scènes les plus impressionnantes sont celles des mouvements de foule, à la poursuite d'Oliver au début du film ou à la poursuite de l'assassin Bill Sikes vers la fin. A noter également la très bonne adaptation par le même David Lean deux ans plus tôt de Great Expectations du même Dickens.
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4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5
DEUX DICKENS POUR LE PRIX D UN !!!!, 28 avril 2006
Deux adaptations des classics de dickens, et surement les meilleurs !!!
Olivers twist...le premier plan la lande battu par le vent ...une femme qui marche vers un vielle hospice...la beauté du noir et blanc !!!! tout le film est habité par l'excellent jeu des acteurs, les decors...la cruauté et la misère sont parfaitement rendue!!!vraiment LA MEILLEUR ADAPTATION qui soit !!!
LES GRANDES ESPERANCES...idem, toujours un alec guiness cameléon acteur fétiche de david lean...un tres bo film sur la volontée de se liberer du passé ( la tres puissante scene de la maison en feu) pour pouvoir repartir détachée et ouvert au present et à l'avenir !!!!
David lean est vraiment un metteur en scene à la fois élegant et sensible...sa mise en scene est toujours au service du propos du film...qulque soit le sujet qu il réalise....
En plus le prix est modic...!!!
A ne pas hésiter
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3 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
L'enfer a nom Londres, 10 juin 2006
Ce film de 1948 est probablement le meilleur car il associe Dickens et le noir et blanc avec un niveau suffisant de technique cinématographique pour rendre la densité de Dickens par l'intensité des ellipses. Dickens est là tout entier dans sa vision sinistre de la société. Il y a les pauvres qui sont surexploités dans les maisons de travail paroissiales, surexploités et maintenus pauvres pour être surexploités. Seuls les gens qui ont faim peuvent accepter d'être traités en bêtes. Il y a les riches, ou plutôt les bien portants, les bien pensants et les bien nourris. Ceux-là sont exécrables dans leur égoïsme à peine justifié d'un christianisme fantomatique. Et dans ce monde, uniquement du côté des pauvres d'ailleurs, il y a les pauvres parmi les pauvres à savoir les enfants, et donc Oliver Twist. Ces enfants sont inéduqués, au travail dès neuf ans, et même avant avec les tâches ménagères de la maison paroissiale où ils survivent, sous-nourris et malmenés, battus, humiliés. Il y a ensuite les rebelles, ceux qui échappent et se mettent en bandes sous les ordres de petits chefs adultes qui les exploitent en tant que voleurs. On mange mieux, on s'amuse pas mal, on a l'impression d'être libre, on a même un peu de chaleur humaine ou simplement un feu sous la soupe et dans la cheminée. Les mauvais sont donc partout, tant chez les pauvres que chez les riches. Les bons de même. C'est la rencontre d'un bon et d'une bonne, non pas une boniche mais une femme bonne, non pas une bonne femme mais un femme de bonté, qui scellera le sort d'Oliver Twist car le bien peut exister au delà de la grande division sociale : le bien est de l'ordre du destin et de la génétique. Oliver Twist est né bon et il devra retrouver son chemin. Dickens cependant fait du chef de la bande de voleurs, Fagin, un Juif. Le film n'a pas besoin de le dire, il le montre comme un nez crochu au milieu d'un visage bien sûr barbu. Cela n'est pas un accident, ni une fidélité à Dickens. Cela aurait pu être dit de façon beaucoup plus légère. Le trait est lourdement épaissi. En 1948 ce n'était certainement pas gratuit. Et puis nous avons le film, le noir et blanc qui est parfait pour une société coupée en deux, pour une ville sinistre et recouverte de la suie du charbon qui la rend noire comme personne ne peut le savoir qui n'a pas connu le temps de ce charbon avant son interdiction en 1962. Le décor est dantesque avec des escaliers et des échauffaudages partout, avec la misère, le froid, la pluie, la nuit, l'effroyable solitude, l'alcoolisme, la violence, la mort. Le noir et blanc permet de jouer sur le passage de l'ombre à la lumière, des bas-fonds à l'aisance financière, de la fosse d'aisance sociale au salon et à l'argenterie. Cette version de cet Oliver Twist est devenu un classique inimitable où David Lean insiste, à mon goût un tout petit peu trop, sur le caractère autobiographique de ce roman.
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