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En prévoyant d'enregistrer un album live pour un parterre de privilégiés le 11 septembre 2001, Sting ne pouvait imaginer la tragédie qui le prendrait de court ce jour-là. Et lorsque, dans le concert, vient le temps de chanter "A Thousand Years", avec l'évocation des Twin Towers ("Un escalier tournant interminable grimpe jusqu'à cette tour des âmes"), l'émotion est à son paroxysme. C'est donc en cette journée maudite que "l' Anglais de New York", comme il se chantait lui- même à la fin des années 80, a enregistré ce modèle de précision et de subtile grâce intitulé
All This Time. Un album qui rassemble pas moins de 13 musiciens parmi les amis de l'artiste – Manu Katché, Dominic Miller, Chris Botti, le gotha des sessions men... – et où la basse acoustique est entre les mains de Christian Mac Bride pour permettre à Sting de se concentrer sur la voix. Le menu passe en revue, avec de nouveaux arrangements encore plus classieux, une partie du répertoire de Sting. Il présente quelques titres de l'époque Police avec une version très jazz – le ton jazz domine une bonne partie du disque – de " Roxane" et s'achève sur un vibrant "Every Breath You Take". Mais on trouve aussi une bonne proportion de compositions solo où l'on mesure le grand art, vocal notamment, de ce chanteur de haut vol. Violoncelle, trompette, claviers et des choristes sublimes, épousent les contours diaphanes de ces chansons qui, pour beaucoup d'entre elles, sont des jalons des 20 années précédentes. Enregistrées en un terrible jour de septembre 2001. La beauté du disque aide un peu à faire oublier la tristesse de la date.
--José Ruiz
Compact
Il y a quelque temps, lors dune discussion avec Iggy Pop, tous deux assis sur le bord dune fenêtre dun grand hôtel parisien surplombant un cimetière, le drôle de petit lutin punk, voulant définitivement ne pas être mis dans le même panier que les stars de sa génération, me tint à peu près ce langage : Moi, tu sais, je ne suis pas Sting, je ne vis pas dans un château avec trois douzaines de larbins, je continue dêtre en contact avec la rue, cest ce qui nourrit ma musique
. Alors, bien sûr, impossible doublier ces mots au moment où sort ce live acoustico-jazzy de Sting, enregistré dans lune de ses propriétés, en Toscane. Mais, pour parler de musique uniquement, si le disque est éminemment aseptisé et totalement dépourvu de la moindre scorie, il nen demeure pas moins lumineux et totalement maîtrisé et on ne peut plus intéressant dans le traitement assez surprenant qui est fait aux classiques tels que Roxanne, Dont Stand So Close To Me et Every Breath you Take. Reste à savoir si lancien leader de Police pourrait encore se traîner par terre et lécher les pieds de notre MEK denvoyé spécial en Italie, en hurlant I wanna be your dog. Notre illustre rock-critic à barbichette rétractile étant par ailleurs gardien de zoo miniature à ses heures perdues, sûr quune telle éventualité va le faire fantasmer pendant quelques mois, lui qui déjà nous laisse une petite flaque souvenir lorsquil croise Chevalier & Laspales aux after-shows bowiens !