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Après la déroute des Rolling Stones au début des années 80 stigmatisée par la sortie du faible
Undercover, Mick Jagger décide voler de ses propres ailes. Entre 1985 et 1993, trois albums verront le jour (
She's The Boss,
Primitive Cool,
Wandering Spirit). Le panthéon du rock'n'roll n'en retiendra aucun, pas même au vu de la brochette de stars et de producteurs qui se bousculent à leur chevet. Sans parler de ratage, on dira que Jagger avait déjà beaucoup donné pour que l'on songe à lui reprocher cet essoufflement. Envieux du succès d'autres ancêtres du genre (Iggy Pop par exemple, à l'aise sur tous les terrains, du hardcore aux ballades de crooner), Jagger ne souhaite pas rester sur plusieurs échecs successifs. Boosté par une équipe de choc (comme sur
She's The Boss, on retrouve le guitariste des Who, Pete Townshend) où l'on remarquera particulièrement Bono, Lenny Kravitz et Wyclef Jean,
Goddess In The Doorway s'avère être un album éminemment respectable pour ne pas dire une réussite. Tout ce qui fait défaut aux Stones à l'aube du troisième millénaire est là, condensé en quelques morceaux qui rappellent la sensualité de maître Marvin Gaye. La voix, gorgée de soul, évoque les ballades typiques des Stones comme "Fool To Cry" qui illuminait
Black & Blue. Bien que cet album n'offre rien de révolutionnaire à se mettre sous la dent, on ne rechignera pas devant autant de plaisir à l'écoute. Impeccablement orchestré, l'ensemble dévoile plus que de beaux restes imprégnés de romantisme et gorgés de soul suave au fort potentiel érotique. Dans ce registre précis, le classieux et néanmoins sexy Mick Jagger peut encore en remontrer aux trublions du R&B.
--Hervé Comte
Compact
Soft rock. Alors, là, je suis sur le cul ! Jamais je naurais pensé que Mick Jagger (qui a quand même publié mes deux albums préférés des Stones Let It Bleed et surtout Beggars Banquet- juste avant ma naissance !) allait un jour men mettre plein la vue, ou plutôt plein les oreilles ! Et pourtant, aujourdhui, avec ce nouvel album solo, il exalte plénitude, attitude et rockitude. Lalbum est cohérent, pas très nerveux mais habilement amené, superbement chanté (avec bien plus de conviction que sur les derniers Stones en date) et constitue le pont parfait entre pontu et pointure, soit une rondelle à la hauteur de son géniteur, souvent pompeusement affublé du statut de seule star incontestée du rock. Car si lhomme nest plus en pole position depuis bien longtemps, il nen demeure pas moins actif, pour le coup aussi attractif et réintègre donc sans contestation possible les toutes premières lignes. Chapeau bas !