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Ça commence avec ce petit vent frais qui vous caresse délicatement la joue. Une balade solitaire sur une plage inconnue avec pour seule musique le cri des mouettes. Au loin, quelques personnes assises en tailleur autour d'un feu de camp qui éclaire les visages. Puis les accords d'une guitare. En écho. Des chants montent "Li la le lo léo, la la na na…". Ça, c'est l'univers de Laurent Voulzy. Un univers rempli d'images qui défilent comme des courts métrages. Ici, il y a des jeunes filles en fleurs ("Slow Down"), des îles aux trésors ("Le Capitaine et le Matelot"), des vies ordinaires ("Une héroïne") magnifiées par la poésie d'un artiste qui se fait bien trop rare. Trente ans de carrière et quatre disques (le précédent datait de 1992 !), Laurent Voulzy ne fait jamais rien au hasard. Et c'est peut-être pour cela que chacun de ses albums est un événement. Le cinquième
Avril – dont la majorité des textes sont signés par l'ami Souchon – en est un assurément. On y retrouve la fraîcheur, la spontanéité d'une pop sucrée-salée et quelques hommages rendus aux sixties, et plus particulièrement aux Beatles ("Mary Quant") et à Bob Dylan ("I Want You"). On y devine également toute l'exigence et la rigueur de cet orfèvre des sons. Alors autant profiter de ce merveilleux disque. En attendant le prochain, sans doute prévu pour… 2010, écoutez bien la dernière plage jusqu'au bout… Chut, surprise…
--Valérie Dupouy
Platine
Neuf ans après son troisième album studio, Lolo en a enfin sorti un nouveau, mis en place à 150 000 copies (c'est vous dire si la maison de disques a joué l'événement). Ce dernier suit donc
Cur grenadine (1979),
Bopper en larmes (1983) et
Caché derrière (1992). Pas de quoi se perdre. En 30 ans de carrière, Voulzy croise au rythme d'un album tous les 7 ou 8 ans.
Il préparait ce dernier depuis trois ans, explorant toutes les possibilités d'arrangements pour chaque titre avant de trancher. Si
Caché derrière avait également été enregistré chez lui, mais dans un home-studio improvisé entre cuisine et salon,
Avril a été fabriqué dans un vrai studio pro, que le chanteur s'est fait construire pendant deux ans dans sa propriété. Ce lieu lui a d'ailleurs permis de tout faire seul, mix compris. Il a juste enregistré les cordes, et la rythmique d'une chanson, au studio Davout.
Côté marketing, Voulzy n'a pas vraiment formaté ses chansons pour qu'elles soient des singles. Le premier d'entre eux, "Une héroïne", dure à l'origine 5,05' (et celui qui clôture l'album, "I Want You", 20 minutes bien sonnées !) et n'est pas d'une immense efficacité. Les mélodies sont d'ailleurs loin d'être toutes très mémor(is)ables.
Malgré cela, l'album, très bien produit, se laisse écouter en boucle... Comme tous les chanteurs producteurs (Bruel, Cabrel, Goldman...), qui signent en licence dans une major (de plus, album par album) et qui ont la totale maîtrise artistique, Laurent Voulzy est libre de ses choix. Personne ne peut lui dicter sa conduite. Mais cet avantage peut devenir un inconvénient, car l'artiste travaille sans "garde-folie". Seul son pote et auteur, Souchon, semble avoir une influence et bien plus qu'au niveau des textes. Également son fidèle arrangeur Michel Curiot.
Cet album à peine terminé, le rockollectionneur parlait de redevenir producteur. On se souvient de l'expérience Véronique Jannot en 1984 avec "Désir, désir", un succès (en anglais) jusqu'en Allemagne. On attend la suite avec curiosité.