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55 internautes sur 56 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Le film qui révèle à laFrance les ambiguités de l'Occupation, 10 janvier 2002
Ce chef-d'oeuvre refusé par la télévision française sous le général de Gaulle passera longtemps dans les salles. C'est une chronique, faite d'interviews croisées, de la ville de Clermont-Ferrand entre 1940 et 1944: de ses habitants comme de ses résidents de hasard (comme Pierre Mendès-France qui s'échappera de sa prison pour rejoindre la France Libre à Londres.) Nous découvrons les résistants, les collaborateurs, les attentistes, les héros modestes, une ancienne tondue, un jeune volontaire de la LVF, le comte de Chambrun, gendre de Pierre Laval... Au delà des anecdotes Ophuls, fils d'un grand cinéaste et grand homme de cinéma lui-même, sait donner un visage aux choix de l'histoire, et replacer dans son contexte national le destin de cette ville de province. (On n'oublie pas de sitôt le spectacle des artistes français partant pour un voyage "culturel" en Allemagne invités par le Dr Goebbels...) Un grand film en même temps qu'un grand document.
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19 internautes sur 19 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
INCONTOURNABLE ENCORE AUJOURD'HUI., 21 novembre 2007
Ce document essentiel remonte à 1971. Il a été la source d'inspiration de documentaires sûrement plus exacts ou plus complets, l'excellent « Eté 44 » de Rotman, par exemple.
Néanmoins, il possède le mérite d'avoir été un des premiers à rejeter les mythes nés à la Libération : la France résistante dans son ensemble, « libérée par elle-même », le mythe de l'unité nationale et de la France Libre...
Marcel OPHULS construit son récit en tant que « Chronique d'une ville française sous l'occupation ». De nombreuses interviews se succèdent, d'anonymes ou de personnalités connues. Certaines sont vibrantes d'intelligence et d'émotion ( Pierre Mendès-France, bouleversant !). D'autres prennent des teintes d'aveux : Christian de la Mazière, engagé dans la Division Charlemagne, explique les raisons d'un tel engagement. Son témoignage démontre une franchise que l'on ne trouvera pas chez le gendre de Pierre Laval.
On découvre une France frileuse, impliquée à des degrés divers dans la collaboration, passive ou active. En fait, une poignée de résistants de la première heure s'opposera à la même quantité de « collabos ».
Marcel OPHULS révèle la répression politique et l'antisémitisme instaurés par le régime de Vichy.
En montrant le quotidien des Français, OPHULS fait bien ressortir des ambiguïtés à l'égard de l'occupant, dérangeantes pour le pouvoir et l'idéologie en place. De ce fait, le film est interdit de télévision pendant une dizaine d'années au pays des Droits de l'Homme !!!
« Le Chagrin et la Pitié » reste encore aujourd'hui une référence incontournable à qui veut comprendre cette époque.
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1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5
Document essentiel et récit à voix multiples, ce film révéla ce que fut la France: noblesses, ignominies, petitesses, grandeurs., 6 novembre 2009
"Le Chagrin et la Pitié" est un film essentiel, et ce à double titre. D'abord pour ce qu'il nous apprend sur la période de l'occupation. Ensuite vis à vis de ce qu'il nous révèle de notre conscience de ces événements- après coup; de ce qui était refoulé, inconscient, ou seulement non-dit dans la France de l 'après-guerre.
Nous avons sans doute déjà vu des films s'étendant sur la 2e Guerre mondiale, mais la perspective est ici originale, qui se focalise sur des témoignages parallèles ou recoupés concernant une ville de province, Clermont-Ferrand, et la région alentour, l'Auvergne; c'était neuf quand le film fut tourné. Les films de télévision en ont pris exemple et relais, bien sûr, mais la qualité des interviewes et des récit; la qualité de ce qui se dit, des choix faits par le réalisateur, de son montage; l'époque, enfin, de ce film,1968/69, à la fois plus proche des événements que nous ne le sommes, mais aussi assez tardive si on considère ce qu'il a pu révéler, qui ne se disait, ni n'avait vraiment été dit encore; tout cela place ce film en un point focal de notre histoire et de l'idée que nous en faisons.
Et puis, on y raconte, on s'y raconte beaucoup, et ce sont des acteurs de l'Histoire qui le font, plus ou moins médiocres, ou bien importants et célèbres, mais donnant ensemble une vision cohérente de l'occupation, de la période, et en fait de la Guerre dans son ensemble. Récits d'aventures, sinistres ou héroïques, mélancoliques ou humoristiques là où on s'y attendait le moins: ce Waffen-SS français qui est parti pour le front russe, volontaire par anticommunisme, et aussi par tradition politique familiale, qui a pris des distances "respectueuse" avec son passé et l'assume sans jamais l'excuser; ce joyeux et truculent prisonnier, Mendès-France, qui s'évade et nous mène en pleine comédie. La gravité du réel qui sonne juste, celle du vécu de tous les jours, mais au coeur d'une histoire qui entraînait le monde entier: voici ce qui accroche, entraîne, et rapidement passionne le spectateur un peu averti des choses.
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